À l'aube des ténèbres

gabin

Toile : Autoportrait à la mort violoniste par Arnold Boecklin
À l'aube des ténèbres,
Je m'éveille
Dans un monde pire que la veille.
À l'aube des ténèbres,
Je me lève
Dans un monde où la folie est modèle.


En quête d'une identité,
En quête d'une spiritualité,
Je m'initie aux plaisirs secrets
De croire en un nouveau courant
Dissonant de mon traditionnel Coran.
Je m'initie aux plaisirs cachés
Vantant les mérites et les bienfaits
Chez la femme de porter le voile.
Derrière un écran, sur la toile,
J'apprends à aimer le mal
Sur de dangereux forums
Au délicieux goût d'opium.
Je m'initie aux plaisirs inavoués
De certains voulant réformer
Le monde et ma religion
En y imposant leur propre vision.
On me dit qu'il faut partir,
Loin de mes amis ;
On me dit qu'il faut mourir,
Pour le bien de ma famille ;
On me dit tant de choses,
Que mon esprit croit en la cause.
Folie passagère
À l'ambition meurtrière ...


En quête de solutions,
En quête d'évasion,
Je m'évapore au petit matin
Sans me soucier de mes proches et leur chagrin.
Je parcoure les routes et les mers ;
Je traverse les montagnes et les déserts
Afin d'atteindre mon but,
Afin de démarrer la lutte.
Sur une terre de feu à l'histoire flamboyante,
Je rencontre d'autres paumés,
Esprits faciles à ensorceler.
On nous inculque une passion sanglante ;
On nous enseigne les armes
Et non la parole sacrée de l'Islam.
On nous dit qu'il faut tuer,
Tuer tous ces écervelés,
Tuer pour régner.
On nous dit qu'il faut mourir,
Mourir en martyre,
Mourir pour anéantir.
Radicales perspectives
D'une interprétation subjective ...


En quête de liberté,
En quête de pureté,
Je suis rapatrié comme si de rien n'était.
Apprivoisé et imbibé
D'une haine envers ces athées,
Je m'avance dans la gare bondée
Où une foule est idéalement massée.
Vêtu du dernier cri en matière de dynamite
Et armé de convictions sans limites,
Je suis prêt, moi le prosélyte.
Quand soudain des doutes m'habitent.
Comment d'innocents ôter la vie
Peut durablement fertiliser une idéologie ?
Pourquoi mes lâches instructeurs
Ne sont pas là si ce n'est par peur ?
Sans réponses, je me mets à genou ;
Non pas pour prier
Mais bien pour supplier.
Qu'importe qu'on me prenne pour un fou ;
Qu'importe qu'il soit l'heure d'agir ;
Je ne veux ni tuer ni mourir.
Mais pourtant il est temps d'en finir,
Alors, aux vaillants soldats,
Je ne crie pas Allah Akbar !
Mais, Arrêtez-moi !
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