A l'encre de nos maux - Chapitre 1

mywritings65

Chapitre retravaillé et complet, cette fois ;)

On dit que l'adolescence est une période difficile... Moi j'ai l'impression que ma vie est née compliquée !

Ça a commencé dès la maternelle. J'ai toujours été nul en bricolage. Et si mes profs ne me l'avaient jamais fait remarquer, je pense que j'aurais pu apprécier cette activité. Mais non, il a fallu qu'ils en rajoutent une couche ! En 3e maternelle, nous apprenions à découper. Mais la vie a décidé de faire en sorte que je ne puisse pas découper droit. Alors mon institutrice m'a arraché la feuille et les ciseaux de mes mains en s'écriant :

— Oh mais tu ne découpes pas droit, Ethan ! Je vous jure, je vais le tuer ce garçon.

Et toute la classe avait ri de moi. Avec le recul, je n'arrive même plus à savoir si c'est vraiment arrivé ou si j'en ai rêvé...

La 5e primaire a été la pire de toute ! L'école organisait un marché de Noël où nos bricolages seraient vendus, l'argent serait redistribué à une association ou un truc du genre, il me semble. Nous pouvions choisir un atelier parmi quelques-uns proposés par nos institutrices. Le seul qui m'intéressait, c'était la pâte à sel, même si cela ne consistait qu'en la création de la crèche du petit Jésus. Après avoir annoncé mon choix, mon institutrice m'avait dit :

— Tu es vraiment sûr de vouloir faire ça, Ethan ?

— Bah oui..., avais-je répondu sans comprendre la raison de sa question.

— Non mais c'est parce que c'est un travail très précis...

Je savais que j'étais nul mais fallait pas pousser non plus ! Ma mère avait prévu de l'acheter, ma crèche !

Mais le pire de toutes les humiliations durant cette année-là, ç'avait été pour la fête des mères. J'avais choisi de lui fabriquer une ardoise pour qu'elle puisse avoir un pense-bête comme elle a une petite mémoire. Et cette ardoise, nous devions la décorer, à la peinture. Dois-je vous préciser qu'à l'époque j'étais aussi un piètre peintre ?

On voyait tous mes coups de pinceaux, mais c'était ma marque de fabrique ! Je ne l'avais pas terminée lors du premier jour de bricolage donc je l'avais laissée sécher, mon nom était écrit au crayon à l'arrière. Nous avions eu droit à une 2e journée pour terminer notre cadeau, et quand mon institutrice m'avait donné mon ardoise, je ne l'avais pas reconnue.

En regardant le nom derrière, j'avais pu constater qu'elle m'appartenait bien. Puis j'ai compris : les institutrices avaient passé une 2e couche de peinture pour ne plus que l'on voie mes traces de pinceau... Je me suis senti humilié. Que cela donne mieux ou non, repasser sur mon travail, c'était encore me montrer que je n'étais pas doué.

Aux portes de l'adolescence, ce genre de choses continue, mais entre les élèves. Du moins, pour ma part. J'ai 15 ans, j'arbore le look de mon chanteur favori : Davey Havok, du groupe Afi. Je ne me maquille pas mais mes cheveux sont courts du côté droit et j'ai une longue mèche de l'autre côté, comme lui. Je m'habille normalement, je dirais, c'est juste cette coiffure qui me différencie... et qui me vaut des moqueries. On suppose que, vu cette coiffure « efféminée », je ne suis qu'un pédé, une tafiole, et j'en passe. C'est tellement facile de juger sur les apparences !

Mon groupe d'amis se compose principalement de filles. Ce qui me vaut des remarques du genre : « Ah ! Tu te tapes des filles pour changer d'orientation sexuelle ? ». Mais bon, disons que je le vis bien. Mes amies sont vraiment top, même si elles ne sont pas très bien dans leur tête !

— J'ai une super nouvelle à vous annoncer ! s'est écriée Jenny quand je suis monté dans le bus.

Généralement, quand elle est de bonne humeur comme ça, dès le matin, c'est qu'elle s'est mise en couple...

— Ça s'est arrangé avec Alan ! On ressort ensemble !

  Aux dernières nouvelles, elle était amoureuse d'un gars parce qu'il faisait partie d'un groupe de rock ! Bref, passons…

Vous aussi vous connaissez un couple qui fonctionne comme « Les feux de l'amour » ? Bah Jenny et Alan, c'est ça. Ils se sont mis ensemble à 14 ans (ils sont un an plus âgés que moi), en fin de 1e humanité. Alan est un salaud de première qui ne recherche qu'une chose, on a beau prévenir Jenny, qui n'est pas vraiment prête pour ça, elle n'en fait qu'à sa tête. Du coup, ils rompent toutes les deux semaines parce qu'Alan n'a pas ce qu'il veut, parfois il va même trop loin en lui demandant cash sur les temps de midi quand est-ce qu'elle lui ouvrira les portes de son musée ! Mais même ça, ça ne lui ouvre pas les yeux ! Des rumeurs avaient même circulé comme quoi Alan l'avait trompée avec une fille de sa classe lors du nouvel an.

Anna et moi nous sommes regardés d'un air dépité. Cela signifiait que Jenny resterait encore collée à lui h24, qu'on devra le supporter chaque fois qu'on voudra passer du temps avec elle, et que dans deux semaines on devra sécher ses larmes !

— Vous n'avez pas l'air enchantés, a constaté Jenny.

— Bah... c'est comme ça toutes les deux semaines..., a fait remarquer Anna.

— Oui mais cette fois, c'est la bonne ! Vous verrez !

On n'y croyait pas, forcément. Elle était trop aveugle pour s'en rendre compte...

Jenny est un phénomène à elle seule ! Quand elle a rencontré Alan, elle était encore normale, si on oublie ses t-shirts et jeans moulants... Tout a commencé lorsqu'Alan et ses amis s'étaient installés à notre table parce qu'il n'y avait plus de place dans le réfectoire. On avait passé le temps de midi ensemble et ça avait continué comme ça pendant une semaine. Puis Anna et Maëlle avaient été parler aux amis d'Alan pour les mettre ensemble.

Depuis qu'elle s'est mise en couple avec lui, Jenny est différente. D'abord par le look puisque, comme Alan est grunge, qu'il porte des t-shirts larges, Jenny a voulu faire pareil. Du coup elle est devenue grunge. Elle a teint ses cheveux en couleur acajou. Mais c'est assez comique parce qu'avant, elle avait des cheveux bruns avec quelques mèches blondes et ces dernières sont devenues orange fluo avec cette nouvelle coloration !

En revanche, elle n'a pas changé quand elle a ses règles, elle est toujours autant de mauvaise humeur et nous le fait bien sentir, même si elle ne nous prévient pas dès le matin qu'elle est dans sa période !

Jenny était toujours bien présente pour nous mais depuis qu'il y a Alan, elle ne peut plus se passer de lui. Elle l'invite partout où l'on va... Les moments entre amis, c'est quelque chose qu'elle ne connait plus. Et quand on le lui fait remarquer, elle juge que nous sommes simplement jaloux parce que nous ne sommes pas en couple.

J'ai mentionné Maëlle tout à l'heure. Je ne la connais pas très bien, elle est dans la classe d'Anna depuis le début de cette année. Elle est petite, blonde, assez sympa. Elle est fan de Rammstein donc elle a de bons goûts !

Enfin, il y a Anna. Je la considère comme ma petite sœur. Elle a une personnalité très sensible, elle est très douce, très présente dès que j'en ai besoin. Elle est très naïve et très prude, elle découvre un peu le sexe via nos conversations cochonnes aux récréations. Ça la fait rougir, elle est gênée mais ça la rend mignonne !

Par exemple, pour déjeuner, Anna mange des céréales, ce qui lui laisse parfois du lait séché près de sa bouche. Quand c'est le cas, Alan reste dans son élément en lui demandant dès le matin :

— Qu'est-ce que t'as fait cette nuit ?

— Bah rien…

— C'est quoi ce blanc près de ta bouche ?

— Du lait…

              Une fois seuls, Anna m'avait demandé :

— Je ne comprends pas ce qu'il veut dire quand il me demande ce que j'ai fait la nuit alors que j'ai juste bu du lait !

— Tu ne sais vraiment pas ? m'étais-je étonné.

— Bah non…

— Tes parents ne t'ont jamais rien dit ?

— Non…

— Eh bien, tu vois… Parfois la fille peut faire une pipe au garçon.

— Une pipe ? C'est quoi ça ?

J'ai dû le lui expliquer. Et je peux vous assurer qu'elle est tombée de haut en apprenant ça !

Malgré son acné et son physique mince, elle attire beaucoup les garçons. Ça doit être grâce à son charme naturel puisqu'elle ne se maquille pas, contrairement aux autres filles qui se mettent beaucoup trop de fond de teint ! Mais Anna n'a d'yeux que pour un garçon : Vincent.

Ce dernier est dans sa classe. C'est un gars assez mince, de taille moyenne. Il ressemble un peu à Jean-Baptiste Maunier,, d'après Anna (c'est son crush depuis qu'elle a écouté ses nouvelles chansons !). Vincent est sportif, il aime le foot principalement. Et c'est le petit comique de la classe. Leur amour est réciproque, ça saute aux yeux ! Mais ils sont trop couillons pour se l'avouer l'un à l'autre. Enfin, ce qui pose problème aussi, c'est qu'ils ne sont pas vraiment amis. Lui, il est… disons populaire dans sa classe alors qu'Anna est la petite paumée toute timide qui subit sa vie... Êtes-vous prêts à entendre une histoire d'amour tragique ? Alors allons-y !

D'après Anna, Vincent serait tombé amoureux d'elle vers le début de la 1e secondaire. C'était lui qui avait emprunté son livre préféré qu'elle avait présenté en classe. Elle pensait y trouver un mot, une fois ce dernier récupéré, mais ce ne fut pas le cas.

C'est en tombant amoureuse de lui, après l'avoir assimilé à l'acteur français, qu'Anna a pu remarquer que Vincent l'observait constamment : en classe, aux récréations, … Il s'assurait même qu'elle riait à ses blagues !

Anna s'est alors mise à collecter des preuves dans son journal intime, afin de s'assurer qu'elle ne rêvait pas et qu'il était bien amoureux d'elle. Parce qu'Anna se détestait, et il lui était impossible de croire que quelqu'un puisse l'aimer un jour…

Outre les regards récurrents, Anna avait trouvé un mot anonyme près de son banc en 2e secondaire :

Anna je t'aime et je voudrai sortir avec toi.

— Je suis presque sûre que c'est lui ! s'était-elle écriée en me montrant le mot.

— Presque ? avais-je relevé.

— Je crois que c'est son écriture… Et il a fait une faute, il n'est pas doué en frança !s Mais le truc c'est qu'il n'écrit jamais au stylo.

— Pourtant… ça a été écrit avec un stylo ! Et comment tu peux savoir ça ? Tu l'espionnes tant que ça durant les cours ?!

— Non ! avait-elle ri. Il l'a dit lui-même. Tu sais comment sont les profs, ils détestent qu'on écrive au Bic ! Etant gaucher, l'encre s'étale avec le stylo, alors il écrit avec un Bic parce que l'encre est moins capricieuse.

L'auteur de ce mot d'amour ne s'est jamais manifesté. Il aura provoqué un échec à une interro de math pour Anna… !

Lors d'une récréation, pendant que nous marchions, un ami de Vincent avait crié à mon amie, tout en pointant ce dernier du doigt :

— Hey ! Il veut sortir avec toi !

— C'est pas vrai ! avait répliqué Vincent.

Nous savions tous que ça l'était, évidemment ! Il ne voulait juste pas l'assumer. Au vu de cette réaction, Anna a fait semblant d'y croire et nous avions poursuivi notre chemin…

Jenny ne comprenait pas le raisonnement d'Anna. Malgré que ces deux-là soient meilleures amies, elles étaient très différentes l'une de l'autre !

Contrairement à Jenny, Anna n'a encore jamais eu de petit ami. Elle m'avait déjà confié qu'elle se sentait un peu étrangère à l'amour, bien qu'elle soit amoureuse.

La plupart des garçons qui lui demandaient de sortir avec elle, elle ne les connaissait même pas.

— Ça sert à quoi de demander à une fille que tu trouves juste jolie, sans même la connaître, pour sortir avec elle ? m'avait-elle demandé un jour.

— Pour faire genre, avoir l'air cool, avais-je supposé en haussant les épaules, ne comprenant pas moi-même cette mentalité.

— C'est stupide !

— Je trouve aussi.

Et ce qui l'exaspérait le plus, c'était quand Jenny disait :

— Mais sors avec si tu l'aimes !

Chaque fois qu'elle entendait cette phrase, Anna me faisait des longs discours quand nous nous retrouvions seuls :

— C'est pas parce que je l'aime que je vais lui demander de sortir avec moi quand même !

— Bah, généralement, quand on est amoureux, c'est ce qu'on essaye de faire…, avais-je fait remarquer.

— D'accord. Mais dans mon cas… je n'en ai pas envie. Ça ne me dit rien. Juste le voir, ça me suffit.

Ça vous parait bizarre ? Moi je la comprends. Et même si Anna n'arrivait pas trop à s'exprimer sur le sujet, je pense qu'au fond d'elle-même, elle a vaguement conscience du fait que ce qui la freine, c'est le fait que Vincent et elle ne soient pas amis, qu'ils ne se connaissent pas, et Vincent n'assume pas ses sentiments envers elle devant les autres.

De plus, Anna est super timide et, depuis qu'on se moque d'elle, elle se replie sur elle-même et… elle a peur du monde qui l'entoure. Sortir avec Vincent, ça lui fait peur parce que ce serait nouveau pour elle. Et elle serait bien trop effrayée de ce que les gens pourraient en dire… Bref, vous voyez le topo.

Vincent n'assume pas ses sentiments ? Vous avez déjà pu le constater quand il a nié être amoureux d'elle. Mais j'y viens !

La dernière preuve récoltée par Anna qui lui a vraiment confirmé que l'élu de son cœur l'aime vraiment, ça a été une crise de jalousie.

L'année dernière, lors de la marche parrainée, nous marchions derrière Vincent. A un moment, j'ai entouré les épaules d'Anna avec mon bras pour voir sa réaction. Et ça avait bien fonctionné !

Vincent se retournait vers nous toutes les deux minutes ! Une fois de retour à l'école, il s'est exclu à l'autre bout de la cour et il avait fixé Anna jusqu'à ce que l'on monte dans le bus pour rentrer chez nous !

Anna avait alors établi un plan, peu de temps après ça. A l'occasion de l'anniversaire de Vincent, elle lui demanderait de sortir avec lui. Et ce jour-là… Vincent avait gâché son cadeau tout seul en refusant sa demande !

Mon amie s'en était doutée. Ce refus l'avait à peine blessée tellement elle s'y était préparée. Et elle s'était un peu sentie obligée de le faire ; comme elle est amoureuse de lui, elle doit sortir avec lui… La seule chose qui l'effrayait, c'étaient les conséquences qui en découleraient…

Un jour, après les cours, je l'avais vue se précipiter hors de l'école. Pendant qu'elle marchait dans le couloir, une fille de sa classe avait crié « Mon amour ! » en saurant dans les bras de Vincent. Ce dernier regardait Anna partir, d'un air inquiet, en parlant bien fort pour qu'elle puisse entendre :

— Arrête, on ne sort même pas ensemble !

Quelque chose avait dû se passer pour qu'Anna fuie aussi vite l'école. La connaissant, elle rentrerait chez elle à pieds, évitant de nous croiser dans le bus.

Alarmé, j'avais alors couru pour la rattraper. J'avais agrippé son bras et, quand elle s'est retournée vers moi, mon cœur s'est littéralement arrêté de battre ! Elle avait pleuré mais son regard était tellement vide… D'habitude, elle aurait essayé de se débattre, de me fuir, mais ce jour-là, elle s'avouait déjà vaincue…

— Qu'est-ce qui se passe, mon Artichaut ?

Ce surnom était né d'une conversation SMS. Je me souviens lui avoir envoyé un message du genre :

— Salut Artichaut, comment ça va ?

Et elle m'avait répondu :

— Très bien, Haricot ! Et toi ?

Depuis, notre amitié est riche en vitamines !

Anna m'avait tendu deux feuilles de papier. Lorsque j'ai déplié le premier, j'ai pu voir un dessin représentant Vincent et sûrement Magali, ou « Girafe », telle que nous l'appelons. C'est cette fille qui avait retourné toute la classe contre Anna. Magali était bien trop grande pour son âge, c'est pourquoi nous lui avions trouvé ce surnom ! Anna était représentée en train de pleurer. En-dessous des personnages, il était écrit : « Anna pleure parce que Vincent est ami avec Magali et pas avec elle ».

La deuxième feuille ne contenait qu'un mot : « Anna se lave les cheveux avec du beurre tellement ils sont gras ! ».

— Ils sont juste gras aujourd'hui, j'ai pas eu le temps de prendre ma douche ce matin, je me suis réveillée en retard…, avait-elle expliqué d'une petite voix.

— N'y fais pas attention ! Ce sont que des trucs débiles, on va les jeter.

— Y'a pas que ça, Ethan. Ils se sont tous moqués ouvertement de moi avec le prof de math. Il riait avec eux ! Même Vincent faisait genre ! Et quand je m'en suis rendu compte en terminant mes calculs, le prof leur a dit d'arrêter…

— Quel connard !

Je ne savais pas trop quoi lui dire. Personnellement, quand on se moque de moi, j'ignore tout, je ne me prends pas la tête avec ça. Mais Anna fonctionne différemment. Elle était une éponge. Le moindre rire était gravé dans sa mémoire.

Je l'avais alors prise dans mes bras. Anna n'est pas du tout tactile, un peu comme si elle avait peur qu'on la touche. Mais avec moi, ça allait. Elle était habituée.

— J'ai le remède idéal pour toi, lui avais-je murmuré à l'oreille.

Anna n'avait pas relevé. J'avais séché ses larmes avec mes pouces, puis je l'avais emmenée au Ravel, près de la Rue de Septembre. Oh ! J'oubliais : nous allons en cours à l'institut Saint-Albert à Jodoigne (prononcez « Jodogne »), et nous vivons tous dans cette petite ville de la province bourge qu'est le Brabant Wallon.

Une fois sur le chemin du Ravel, Anna m'a regardé sans comprendre ce que nous faisions là.

— On va crier, lui avais-je expliqué.

— Mais on va nous entendre et… ça va peut-être alerter les gens…

— On s'en tape. On va crier, c'est tout.

— Pourquoi ?

— AAAAAAAH ! avais-je gueulé en guise de réponse.

Anna avait d'abord été surprise, puis elle s'était mise à rire, gênée par cette situation.

— Allez, fais-le avec moi ! l'avais-je invitée.

Et elle s'était prêtée au jeu. Ensemble, nous avions extériorisé nos démons. Et ça nous avait fait un bien fou !

Signaler ce texte