Ariane & Vladimir-Episode 27

menestrel75

« A quelle heure servent-ils le petit déjeuner ici ? J'ai une faim… On devrait dormir un peu…Il doit être vers 5 heures… »
« Je ne sais pas exactement… à partir de 7 heures je crois… hier, je suis descendue à 8 heures environ prendre un café et un yaourt. Moi aussi j'ai faim… Et encore faim de vous ! »
« Je déteste devoir m'habiller et descendre pour le petit-déjeuner ! Je te donnerai un p'tit déj digne de ce nom. »
« Je n'ai pas envie de dormir ! Mais, endormez-vous près de moi, j'aime l'idée de vous regarder dormir.
Prêtez-moi votre téléphone, j'ai envie de vous prendre en photo… le mien me semble compliqué, je ne sais pas m'en servir pour les photos. »
 
Je lui souris, attrape mon téléphone, l'allume, le mets en position appareil, lui montre où appuyer.
« Ne fais pas n'importe quoi… »
« N'importe quoi ? Je vous veux sous toutes les coutures…Et pour les regarder, je fais comment ? »
« Tu les regarderas avec moi… »
 
Je me tourne sur le côté, en chien de fusil, je ferme les yeux, me demandant comment je vais pouvoir m'endormir avec elle si près…
 
Combien de temps me suis-je assoupi ? C'est le tout petit bruit d'obturateur que fait mon téléphone qui me tire de ma somnolence.
Je me retrouve sur le ventre, cela m'arrive souvent dans mon sommeil, même si je sais que je bouge peu. Je prends garde de ne pas remuer, je la sens toujours à côté…
J'ouvre discrètement un œil, j'aperçois vaguement à la luminosité de la chambre que le jour ne va pas tarder à poindre. Je reste encore à faire semblant de dormir.
J'entends encore qu'elle prend deux ou trois photos.
Je me demande combien de photos elle a prises…
Je m'étire…
 
« Vous ne dormez plus ? C'est moi qui vous ai réveillé ? J'ai pourtant fait attention… »
Je me retourne… me frotte les yeux, m'ébouriffe les cheveux…
« Combien de temps ai-je dormi ? »
« Très peu, trop peu, à peine une demi-heure. »
« Qu'avez-vous fait ? Où êtes-vous allée ? »
« Je ne suis allée nulle part !!! Je suis toujours où j'étais quand vous vous êtes endormi…
J'ai pris des photos…de vous, de vous dans ma chambre, de vous sur mon lit, de vous qui êtes entré dans ma vie.
Mais je n'ai pas pu prendre toutes les photos que je voulais. Il m'en manque énormément… »
« Faîtes voir… je vous soupçonne d'avoir profité du moment… »
« J'aurais bien voulu… vous dormiez… mais je vais me rattraper…
Vous l'avez bien fait, vous, tout à l'heure… et je veux les voir… »
« Ne dîtes pas ‘'je veux ‘'… Je voudrais est mieux approprié… N'est-ce pas ? »
« Oui, Monsieur … »
Et elle éclate de rire !!!
Je regarde la galerie de photos ; elle en a pris une dizaine.
Très vite, je suppose, quand j'étais sur le côté, elle a trouvé toute seule comment zoomer, la maligne, au vu d'une photo sur mon ventre en gros plan… mais ce qu'elle cherchait à immortaliser était presque totalement caché…
Mon visage, de profil, le droit… Puis, ensuite, quand je me suis retourné, un cliché en plan large, un de mes épaules, deux ou trois de mes fesses,
un en très gros plan, on ne voit que la raie de mes fesses !!!
Elle a dû par moments se servir de la lampe de chevet, si j'en juge les ombres…
Je lui souris…
« Bon, ça peut aller, pas de quoi te gronder… »
« Faîtes-moi voir… Ce n'est pas très réussi… Et celles que vous avez prises de moi ? »
« Oh… vous avez osé…. vous exagérez quand même… vous aimez vraiment mes fesses ?
Vous êtes sincère ? »
 
« Oui, ma puce, d'abord, je ne suis pas flatteur. La flatterie est hypocrite.
Je ne suis pas plus de la catégorie des ces flagorneurs qui distribuent des opinions dithyrambiques… Oui, je suis simplement sincère, spontané ; je te l'ai dit : tes fesses me plaisent, elles sont rondes, non, elles sont rebondies, musclées, tes hanches sont évasées mais pas trop…bref, bref… si tu as mauvais goût, tant pis pour toi, peut-être arriverai-je à te les faire aimer… »
« Je n'avais jamais vu … mon petit trou… je le découvre… avec vous ! »
« Alors, là, tu fais erreur… je l'ai découvert avant toi ! »
« Vous aimez prendre vos maîtresses en photo ? Des photos aussi… indiscrètes ? »
« Ne t'occupe pas du passé, Ariane. Le passé est le poison du présent et ne sert à rien pour le futur.  Mets à profit le jour présent sans croire au lendemain
Hâte-toi de jouir du présent sans penser à demain, a dit Horace
Et ne te retourne pas sur le jour qui vient de s'enfuir ni sur les précédents
ils ne peuvent qu'entraver ta marche en avant. Cela s'appelle ‘'carpe diem'', petite amie, et c'est une philosophie que j'applique depuis des lustres…
Il faut toujours s'évertuer à n'être pas jaloux du passé… et je sais qu'on a tous, peu ou prou, cette faiblesse…
La jalousie est un sentiment humain, je ne le nie pas, mais lorsqu'on s'y laisse prendre, on ne peut qu'en souffrir car la jalousie a un effet pervers : on se retourne sur le temps passé et cela suffit à bloquer notre temps présent et celui à venir.
Je te le répète, la jalousie est un poison quotidien.
Oui, je suis d'accord, si ta bouche est jalouse de ce que j'offre à tes fesses,
oui, je comprends que ton sein gauche jalouse son voisin,
oui, je peux même comprendre que tu deviennes jalouse de ce que je fais ou ferai sans toi, mais garde toi d'être jalouse de ce que j'ai pu vivre avant toi.
Du peu que je connais de toi, de ta vie, mais de tout ce que je pressens de toi, tu as depuis longtemps, peut-être depuis toujours le cœur qui boite un peu et aussi toujours le rire à fleur de larmes.
Mais tu as au fond de toi la tendresse pas consumée ni consommée
Tu as aussi, à ton insu le regard et l'âme en attente du beau,
tu as passé ton temps à attendre, tu as le goût amer du temps qui fuit,
de l'espace qui s'évade trop vite, du mouvement de la vie à retenir.
Inconsciemment, tu essayais de jongler encore un peu avec les mille possibles de l'attente…
Tu ne sais pas comment jeter loin de toi cette boule que tu as au tréfonds de toi qui te tord la vie. »
 
« Comment pouvez-vous savoir tout cela de moi ? Je suis emplie d'émotion, c'est tellement vrai, c'est exactement ce que je ressens depuis … depuis trop d'années… cette boule qui fait si mal parfois, cette boule qui me bloque la gorge quand je veux pleurer et ne le peux pas…Vous m'avez fait pleurer, plusieurs fois aujourd'hui, non hier, si, aujourd'hui et hier… Là, j'ai envie de pleurer car vous me faîtes heureuse, vous me réconciliez avec moi, vous m'offrez votre regard sur la vie… Interdisez-moi dorénavant de la regarder autrement qu'au travers de votre prisme… Vous êtes Mon Sage… »
  • une véritable leçon de vie dans une ambiance de grande tendresse

    · Il y a 3 jours ·
    Veronikbouche

    Marlène Fr

  • Totalement sous le charme de cette aventure où tous les ingrédients se mélangent, sensualité, érotisme, cérébralité, tendresse, fantasmes, mais sont-ce des fantasmes? Cela m'inspire énormément et comme moi je ne suis pas sage..................................

    · Il y a 5 jours ·
    Creersavie

    anna_lise

  • Et philosophe en plus ! Attention, Vladimir, Ariane tombe en amour...

    · Il y a 5 jours ·
    Coquelicots

    Sy Lou

  • Quelle belle philosophie de vie, Vladimir est un vrai sage bien que ses propos soient loin d'être sages! Certainement la raison que je les aime beaucoup.

    · Il y a 5 jours ·
    Reveuse

    shalimar

  • Oui, se soucier du présent, le vivre pleinement, chasser les nuages qui peuvent obscurcir nos joies !!

    · Il y a 5 jours ·
    Louve blanche

    Louve

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