Ariane & Vladimir-Episode 29

menestrel75

Premier petit-déjeuner !
« Et maintenant, le petit déjeuner, je regarderai les photos plus tard ! »
Il est tout juste 7 heures. Je prends le téléphone, je commande du jus de pamplemousse, des yaourts nature, les viennoiseries habituelles, avec du miel et des toasts, des œufs-coque, tout cela pour deux et du café pour quatre avec un peu de lait froid.
 
« Mais je ne mange jamais autant le matin… »
« Dorénavant, tu mangeras ainsi le matin. Et il y a bien d'autres préceptes que tu devras suivre. »
« Tous les préceptes que vous voudrez m'apprendre… j'ai envie de tout apprendre de vous, j'ai envie d'être docile pour vous… moi qui suis de caractère rebelle… »
 
« Je vais ceindre chastement mes reins d'une serviette de bain… Va sur le lit, ma mie, tu auras ton petit déjeuner au lit. »
« Je ne peux même pas me rappeler la dernière fois où cela m'est arrivé… Vous êtes si prévenant, capable d'être si tendre…ça me chavire… J'ai tellement faim ! »
 
On frappe à la porte, que je vais ouvrir, une petite serveuse porte un énorme plateau, elle semble étonnée de me voir, devant savoir que la chambre était retenue pour une personne… Je lui prends le plateau des mains, repousse la porte du pied et vais le poser sur la table.
 
« Tant pis, ta réputation est faite… Tout Fécamp va savoir qu'une gourgandine a reçu un homme dans sa chambre ! »
« M'en fous, m'en contrefous de ma réputation, du moment que la gourgandine vous plaît ! »
 
« S'il vous plaît, je voudrais, moi, vous servir votre petit déjeuner… Ce serait un vrai plaisir… »
« Non, je l'ai dit le prem', nananère… Tu auras bien d'autres occasions de me servir… »
« Oh oui, je le désire infiniment… Mais alors, enlevez cette serviette, je vous aime tout nu… »
 
Je lui fais ce plaisir, prends le lourd plateau, me dirige vers le lit, elle bondit, pose un baiser sur ma verge toute petite, prend un air ravi et s'installe confortablement, le dos appuyé aux oreillers. Je suis assis face à elle, en tailleur, le plateau sur mes genoux.
Jus de fruit puis yaourt, sans sucre. Je décalotte maladroitement les deux œufs, découpe le bon pain frais pour en faire quelques mouillettes… je me ravise, plonge un doigt dans l'œuf, lui donne mon index à lécher, ce qu'elle fait avec une certaine provocation.
Nous continuons ce petit festin matinal… « J'avais une faim incroyable… » me dit-elle la bouche pleine du croissant que je lui ai tendu.
« Y-a-t-il du papier à lettres ici ? Ou une feuille de papier ? »
« Je ne sais pas mais j'ai un petit carnet dans mon sac à mains. Pourquoi ? »
« Tu vas m'écrire ton numéro de portable, ton nom, ta date de naissance, ton adresse.
As-tu une adresse électronique, un courriel ? »
« Oui, bien entendu, j'ai une adresse professionnelle, sur le réseau de mon laboratoire. »
« Mais tu as sûrement un courriel privé… Tu vas m'écrire ses paramètres, identifiant et mot de passe. »
« Mais… je ne m'en sers pas beaucoup, juste pour correspondre parfois avec mes amies… Quelques fois avec mon mari quand il est à l'étranger. Ou en ce moment avec mon fils. Si vous avez mon mot de passe, vous pourrez tout voir ? Et si j'ai des échanges intimes ? »
« Oui. Et alors ? Je ne veux pas te fliquer, je veux avoir accès à tout ce qui te concerne, à tout toi. »
« Et je veux aussi t'écrire certaines instructions… pour que tu n'oublies rien… que tu appliqueras, dès aujourd'hui. Et demain, et après-demain et les jours qui suivront…dès que je serai parti. »
Son regard interloqué m'amuse…
« Des instructions ? Vous pensez à quoi ? Dîtes-moi… »
 
TELEPHONE INATTENDU
Soudain, une petite sonnerie, c'est son téléphone, pas le mien, il est sur vibreur.
« Qui peut m'appeler à cette heure-ci ? »
« Ne pose pas la question, réponds donc, petite sotte, c'est peut-être important ! »
Elle saute gracieusement hors du lit, me bousculant au passage, ses petits seins ballottent…Elle farfouille dans son sac, le temps qu'elle trouve son téléphone, évidemment, elle a raté l'appel !
« Tant pis ! Ah, c'est Catherine, ma meilleure amie, je la rappellerai plus tard.  Je peux avoir encore du café ? Je n'ai jamais mangé autant à un petit déjeuner ! »
Elle revient sur le lit, s'assoit en face de moi, elle aussi en tailleur, nos genoux se touchent, ses yeux me sourient, elle ne se rend probablement pas compte de la belle indécence de sa position, me révélant son sexe… Son téléphone retentit une seconde fois…
« Allo ? Bonjour, ma Cath, comment vas-tu ? Tu es déjà réveillée ?
… … …
Elle me regarde, mi-gênée mi-amusée, je crois.
« Oui, je suis à Fécamp, je te l'avais dit.
… … …
« Oh non, je ne m'ennuie pas … si tu savais… »
… … …
« Hier, il a fait beau, même très beau, je suis tombée de cheval, mais ça va mieux. Et toi ?
… … …
« C'était bien ? Tu as passé une bonne soirée ? »
… … …
« Ah, dommage… Oh, moi, si tu savais, si tu savais…Je te raconterai plus tard… »
… … …
« Non, pas maintenant, c'est que… [ses yeux ne me quittent pas, elle rougit légèrement] je ne suis pas seule… »
… … …
« Mais non, tu ne me déranges pas, ma chérie, je prends le plus merveilleux petit déjeuner de ma vie ! »  [elle s'agite sur ses fesses, à droite, à gauche…je la vois soudain rougir]
… … …
« Non, je n'ai pas dormi… »
… … …
« Oh oui, je n'en reviens pas, je me sens sur un nuage »
… … …
« Curieuse, va ! Je ne peux pas, il est en face de moi, je te rappellerai, tu vas au labo ? »
… … …
« Oui, je suis heureuse, heureuse comme je ne peux te l'exprimer, j'ai commencé à revivre hier ! »
… … … …
… … …
« Je te le promets, je t'embrasse… Bon, d'accord, je te raconterai par mail.»
… … …
« Tu me fais rire, oui mais il ne va pas comprendre, promis, à plus tard. »
 
Elle repose son téléphone, elle me sourit d'un sourire… inexprimable, je ne dis rien, la laissant goûter sa joie. Elle se balance sur ses fesses, imperceptiblement.
« C'était Catherine, une amie depuis presque vingt ans, on a fait les mêmes études, nous sommes très proches. »
« Qu'est-ce que tu lui as promis ? Et que suis-je censé ne pas comprendre ? »
« Elle me disait qu'elle était heureuse de me sentir heureuse, qu'il lui semble que c'est grâce à vous et que je devais vous embrasser de sa part ! »
« Qu'est-ce que tu attends pour tenir ta promesse ? »
Toujours en tailleur, elle se penche par-dessus le plateau, s'accrochant à mes épaules, pose ses lèvres sur les miennes…
« Ton amie m'aurait embrassé sur la bouche ?!!! »
« Bien sûr que non, mais moi oui. Encore que je suis presque certaine que vous lui plairiez…. »
« A un moment, tu t'es détournée et tu as chuchoté quelque chose…Que lui as-tu dit à ce moment-là ?
« … que … qu'un homme avait trouvé mon cul superbe… Elle qui connaît mon complexe… Et qui m'a souvent dit qu'elle aurait aimé avoir un cul comme le mien !!! »
« Tu lui as dit que tu lui raconterais par mail. Primo, mail, c'est de l'anglais ; en français, on dit courriel ou message. Tu sais envoyer des courriels via ton téléphone ? Mais qu'est-ce que tu as à t'agiter comme çà ? »
« Heu… non, je n'ai pas pris le temps de régler mon téléphone, enfin je ne sais pas le faire mais j'ai un portable dans ma valise, je ne l'ai pas encore ouvert. »
« Parfait, tu me montreras ton matériel tout à l'heure. »
« Et vous, vous me le montrez maintenant, votre matériel ? »
En riant, elle prend le plateau, se penche pour le poser par terre…
« Votre sexe est tout petit maintenant… tout endormi… j'aime voir vos couilles… »
En disant cela, elle prend conscience de sa position à elle… Elle a un geste charmant de pudeur… posant une main sur son sexe…
« Pourquoi ? »
« Je ne sais pas, un réflexe… oui, je sais, vous avez le droit de tout voir tout le temps, partout… »
… … …
 
SUR LES TRACES DE FREUD
« Vous voulez une cigarette ? Il reste un peu de café je crois… J'ai envie d'une cigarette même si je fume très rarement si tôt… »  Elle attrape mon paquet sur la table de chevet, en pique deux entre ses lèvres, les allume…
« Tenez, mon amant, mon Maître d'amour… je reviens… »
 « Où vas-tu ? »
« Je… je vais chercher mon portable pour vous le donner, vous pourrez l'examiner pendant que…et mon petit carnet… vous voulez m'écrire des instructions, avez-vous dit…je n'en ai pas pour longtemps… »
« Pendant que quoi ? »
« Heu… enfin… s'il vous plaît…il faut vraiment…je ne suis pas obligée de tout vous dire quand même… »
« Tu es mignonne, Ariane, tu es touchante avec tes retenues… Crois-tu que je n'aie pas compris depuis quelques minutes ? Tu remuais sur ton cul… »
 
Elle prend une jolie couleur coquelicot…
« Ne dîtes rien… puisque vous savez… laissez-moi aller…je vous donne mon portable. »
« Je veux bien…Va donc… Mais quand tu auras fini, tu ne bouges pas, tu m'appelles… »
« C'est impossible, je vous en supplie… »
« Va… et obéis et prends soin de garder les cuisses ouvertes. »
Elle file en courant presque, allume au passage la télé, monte le son… va ouvrir sa valise, attrape son portable qu'elle me rapporte en trottinant et repart de même… et en me retournant, je l'aperçois s'asseoir précipitamment sur les toilettes.
Connais-tu quelques poèmes de l'admirable Prévert ? Encore un poète que je vénère, écoute :
 
" Je suis allé au marché aux fleurs
Et j'ai acheté des fleurs
Pour toi mon amour
Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j'ai acheté des oiseaux
Pour toi mon amour
Je suis allé au marché à la ferraille
Et j'ai acheté des chaînes
Pour toi mon amour
Et puis je suis allé au marché aux esclaves
Et je t'ai cherchée
Et je ne t'ai pas trouvée, mon amour "
 
« Mais comment connaissez-vous… je ne peux pas vous parler… pas comme çà, pas maintenant, mais j'admire tellement votre culture… parlez-moi mais ne me demandez rien…C'est trop… »
Je me suis approché du petit muret, m'accoudant entre deux plantes vertes et la regardant.
« Oh non… non, non, s'il vous plaît, retournez sur le lit, non, ne me regardez pas, j'ai suffisamment honte comme cela… s'il vous plaît… »
Elle a baissé les yeux après m'avoir aperçu accoudé à ce petit muret fort bien placé… J'ai remarqué qu'elle avait écarté ses cuisses, elle met son visage dans ses deux mains…
Mais je comprends sa gêne sans peine, imaginant ce que pourrait être la mienne ; aussi, je me détourne et m'éloigne gentiment.
Je m'assois dans le canapé : « Je voulais te demander tout à l'heure, plusieurs choses… quel est ton parfum de prédilection ? »
Elle ne répond pas… « Ariane… tu as entendu ? »
« C'est bien le moment de me parler de parfum ! Vous le faîtes exprès ? »
Je ne me suis pas rendu compte de l'incongruité de la question, compte tenu de ce qu'elle est en train de faire !!!
« Je suis désolé, ma puce, le moment est mal choisi, je le reconnais. »
J'ouvre son ordinateur, je l'allume.
« Il est un peu lent, ton ordi…comme toi…ah oui, tu as Vista. Il faut migrer vers Windows7, plus léger, plus rapide. »
« Je ne suis pas lente…Je suis bloquée, gênée, je me sens humiliée de devoir…d'être comme ça…alors que vous êtes à côté… »
Je ne dis rien, je suis conscient de ce qu'elle doit éprouver…
 
« Ariane … Épictète, fameux philosophe stoïcien a dit : « N'attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites. Décide de vouloir ce qui arrive... » et tu seras heureuse. Et aussi, à peu près textuellement, si ma mémoire est bonne : « Quand tu es sur le point d'entreprendre une chose, mets-toi bien dans l'esprit ce qu'est la chose que tu vas faire. Si tu vas te baigner, représente-toi ce qui se passe d'ordinaire dans les bains publics. Tu iras ensuite plus sûrement à ce que tu veux faire, si tu te dis auparavant que tu veux te baigner, mais que tu veux aussi conserver ta liberté et ton indépendance, véritable apanage de ta nature. »
 
« Je n'ai absolument pas décidé de vouloir ce qui m'arrive là ! »
 
Il est manifeste qu'elle s'est enfin libérée… J'entends le bruit de la chasse d'eau…
Je ne bouge pas, j'examine son ordinateur décidément très lent, il va lui falloir un bon nettoyage…
 
Je reste silencieux, j'attends qu'elle se calme, je sifflote, j'allume une autre cigarette.
« Vladimir… … … s'il vous plaît, répondez-moi… Vladimir… j'ai fini… »
 
Je décide de ne pas la laisser ainsi, dans sa gêne, sa timidité. Je me demande bien ce qui a pu me pousser à jouer ce jeu là… n'ayant jamais, de près ou de loin, abordé ce terrain pour le moins scabreux.
Mais, bon, elle ne le sait pas…
Je me lève, la cigarette entre les lèvres, contourne le muret et vais jusqu'à elle… toujours le visage dans les mains… Arrivé debout près d'elle, je caresse ses cheveux, sa joue contre ma cuisse, elle a gardé ses jambes écartées.
« Regarde-moi, ma mie, regarde comme je te souris… »
Il y a dans ses yeux de la colère, des suppliques, de l'incompréhension, des éclairs qui s'entrechoquent.
« Ma petite Ariane… »
« Je vous déteste…je vous déteste…vous me faîtes mettre… je suis dans la honte… »
« Je suis aussi étonné que toi, je te l'assure, je ne sais pas comment… l'enchaînement des situations…
une voix m'aurait dit hier que j'allais vouloir… je ne l'aurais pas cru un quart de seconde… mais, que veux-tu, tu es devenue ma muse, tu m'inspires…des folies… »
« Je vous déteste… mais je vous aime… Vladimir… ne me laissez pas comme çà…Vladimir… ohlala…  …    …      essuyez-moi les fesses… »
Son téléphone sonne… elle sursaute… Tout doucement, je la relève en la tenant par la taille…
« Ne bouge pas, ma jolie puce, reste penchée… » J'ai attrapé le rouleau de papier…
« Fermez les yeux, fermez les yeux, je ne veux pas que vous regardiez… »
Très doucement, j'essaie de faire de mon geste une caresse, je tamponne son anus une fois, je tire la chasse, la redresse, la prends dans mes bras, je la berce, serrée contre moi.
 
LE CALME APRES UNE TEMPETE
« N'aie pas honte, tu viens de me donner quelque chose d'unique, je viens de comprendre, grâce à toi, que l'amant et le médecin ont des similitudes… le médecin soigne le corps entier de son patient, sans exclusion, c'est son rôle… l'amant s'occupe aussi de tout le corps de son amante, sans interdit, avec délicatesse et tendresse, c'est son rôle autant que son plaisir…En tout cas, c'est ce que je ressens, Ariane, mon amante, mon rôle éblouissant, mon plaisir inconnu de t'essuyer, et tu me rends fier de t'être abandonnée. Toi aussi, tu me fais franchir des étapes…surprenantes.
 
Si tu deviens Ma Galatée et moi Ton Pygmalion,
Chaque moment de nos instants deviendra plaisir.
Si tu demeures Ma Muse et moi ton Maître d'amour,
Acceptons nos folies, même si elles nous jouent des tours,
Ne les empêchons pas de naître, goûtons les chaque jour
Acceptons de ne pas comprendre tous nos mystères
Laissons éclore en nous toutes les fleurs du désir
Jouissons du parfum enivrant flottant dans notre sillage
Réjouissons-nous de savoir n'être pas toujours sages.
Sentons nos âmes se mettre à vivre sans interdits
Bannissons à jamais de nos corps la honte et la pudeur
Pour n'être plus que deux amants sans peur.
Regardons nos fantasmes se faire des confidences
Et exalter nos êtres dans la plus belle indécence,
Inonder nos corps et nos creux et nos antres,
Décupler et assouvir la faim de nos ventres.
En s'unissant, nos lèvres deviendront un brasier
Nos cœurs n'en pourront plus de se griser,
D'ores et déjà, tu m'as donné un droit de passage
Puisque de ton sillon je suis devenu le mage
A toi maintenant, s'il t'aimante, de lisser mon plumage !
  • Vladimir avec sa douceur - mais aussi sa fermeté - a le don de briser toutes les barrières...

    · Il y a 4 mois ·
    Louve blanche

    Louve

    • trop "chou" ce petit déjeuner !

      · Il y a 4 mois ·
      Louve blanche

      Louve

  • je finis cet épisode, essoufflée, scotchée, rêveuse. La délicatesse de Vladimir est extraordinaire, il s'occupe d'elle au-delà de toute pudeur. J'adore, cela m'inspire je ne sais quoi, mais un coup de coeur assurément

    · Il y a 4 mois ·
    Veronikbouche

    Marlène Fr

  • Aucun amant ne m'a jamais récité un poème quand j'étais aux toilettes!!!!!!!!!!!et pourtant j'aime beaucoup la poésie, mais je n'ai jamais rencontré d'homme aussi délicat. J'ador cette nouvelle, je l'i déjà dit!

    · Il y a 4 mois ·
    Reveuse

    shalimar

  • Cet épisode est une bombe! Une bombe explose, parfois implose. Je ne sais pas les effets que ces mots produisent en moi. Etonnée, effarée, subjuguée, exaltée.

    · Il y a 4 mois ·
    Mauve

    marivaudelle

  • Je ne m'y vois pas et pourtant! il y a une telle tendresse latente, une telle complicité incroyable entre les amants que je comprends qu'il puisse l'entraîner jusqu'à un tel abandon, une telle impudeur. Un coup de coeur obligatoire.

    · Il y a 4 mois ·
    Creersavie

    anna_lise

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