Ariane & Vladimir-Episode 94

menestrel75

C'est à ce moment-là qu'on frappe à la porte…
« Filez sur le lit, les filles… »
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Autre dîner
Je vais ouvrir la porte… Je prends le grand plateau… « Vous êtes adorable… » Je porte le plateau bien lourd sur la table…  Elle me suit avec un second plateau, plus petit… Stylée, elle ne jette pas un regard aux filles qui ont remonté le drap sur elles…
« Voici, Monsieur, n'hésitez pas à m'appeler si vous avez besoin de quelque chose ; ou si ces dames ont des désirs particuliers… »
Je la raccompagne à la porte en lui redisant merci… Elle me regarde en souriant…
Je ferme la porte à clefs…
Elles se lèvent prestement du lit, viennent vers moi, ravies…

« Asseyez-vous un instant, je dois remettre les pendules à l'heure juste, l'heure de la vérité, l'heure de la tendresse. Ecoutez-moi attentivement. 
Je vais une fois encore vous répéter ce que je veux pour vous deux, ce qui peut se résumer schématiquement en peu de mots : vous faire grandir ! Non que je vous prenne pour des ados attardées…encore que…bref !
Pour des raisons diverses, je ne vais pas revenir là-dessus, vous ne vous aimez pas. Depuis trop d'années, vous vivez rabougries, étiolées, recroquevillées, et physiquement et mentalement.
Sauf dans votre occupation professionnelle où vous semblez à l'aise.
L'une voudrait les jambes de Karembeu, les seins de Sophie Marceau, l'autre voudrait être plus mince et avoir un cul d'enfer…
Si l'on excepte les baiseurs compulsifs, les obsédés du coup facile et vite fait, un homme normalement constitué regarde d'abord une femme attirante, séduisante.
 
Ni l'une ni l'autre n'est attirante et séduisante puisque vous ne vous aimez pas ; c'est automatique !
Si vous ne vous aimez pas, pourquoi vous aimerait-on ? Et comme vous ne vous aimez pas, vous ne faîtes aucun effort.
Physiquement d'abord : vous êtes dans le laisser-aller.
Mal habillées, ou n'importe comment.
Peu soignées… une femme se doit de raser ses jambes, n'est-ce pas, Catherine, et pas tous les deux mois… Elle prend soin d'avoir un pubis entretenu régulièrement, n'est-ce pas, Ariane. Et Catherine aussi, même si c'est moins…catastrophique.
Chaque matin, sous la douche, elle se rase les aisselles, n'est-ce pas, toutes les deux ?
Quand elle sort pour se rendre à son travail ou pour aller au cinéma ou n'importe où, elle se maquille, discrètement bien sûr, mais elle se pare de quelques couleurs. Sans oublier ses ongles.
Quand vous restez chez vous, n'ayant pas à sortir, le soir ou le week end, elle prend quand même soin d'elle, c'est justement parce qu'elle en a le temps qu'elle se doit de s'occuper d'elle et ne pas traîner dans un vieux survêtement informe ou un tee shirt qui ne vaut pas mieux.
Et aussi quand l'une rend visite à l'autre.
Mais aussi et surtout, elle entretient son mental. Elle ne se laisse pas, elle ne doit pas se laisser aller à se satisfaire de la médiocrité de sa vie sentimentale et même sexuelle.
Elle doit apprendre à réagir, à s'engueuler elle-même, à se remettre en question.
D'accord, ce n'est pas simple !
Vous avez toutes les deux tout ce qu'il faut, là où il faut pour être appréciées et aimées.
Mais vous ne mettez strictement rien en valeur. Tout le contraire.
Vous cachez, consciemment ou pas, votre sensibilité, votre fragilité.
Vous ne pensez qu'aux mauvaises expériences, qu'elles soient de la faute des autres ou la vôtre.
Vous êtes coincées, voire inhibées. Bon, il y a comme en chacun d'entre nous la part de l'éducation reçue, voire subie. Mais, chez vous deux, il y a cette phobie du sexe.
L'une ne supporte quasiment pas la vue ou le contact d'un phallus ; il y a des années qu'elle n'en a pas approché un de près…
L'autre s'est un peu vautrée dans des coucheries faciles…qui ne l'ont pas réconciliée avec le sexe.
Ni l'une ni l'autre ne connaît l'abc de la sexualité.
Et à 40 ans passés, c'est grave !
Je veux vous apprendre à séduire. Non pas à devenir de vulgaires allumeuses.
D'ailleurs, même ça, vous ne sauriez pas, embourbées que vous êtes dans le dénigrement de vous-même.
Séduire avec votre intelligence, avec votre sensibilité, avec votre cul, avec vos rêves, vos emballements. Je veux qu'on perçoive dans votre regard la flamme du désir de la vie.
Suis-je clair ? Allez-vous comprendre où je veux vous emmener ?
Où allez-vous rester cloîtrées dans votre médiocrité de femme coincée ? »
 
« Et vlan ! Tu es dur. Tu fais très mal. Tout ce que tu dis, en ce qui me concerne est vrai mais tu le dis sans ménagement. Tu me mets le nez en plein dedans. La grosse idiote se rend compte qu'elle n'est pas à la hauteur de ce que tu exiges qu'on devienne. »
 
« Oui, tu es très dur. Vladi, je sais que tu me veux, que tu nous veux du bien… Mais… dois-tu être aussi… Oui, comme dit Cath, tu ne nous ménages pas. Quand même, reconnais que… »
 
« Désolé ! Je ne suis pas homme à vous dorloter ni à faire semblant de penser que vous êtes super bien dans votre peau. Oui, Ariane, je sais que depuis trois jours, tu as changé, je t'ai fait un peu changer, tu te regardes différemment. Je suis bien placé pour m'être rendu compte que tu n'étais plus bloquée dans ta sexualité. Et alors ??? »
 
« Et moi ??? En 24 heures, tu ne m'as pas appris…certaines choses ??? »
 
« Je n'ai pas dit que vous étiez irrémédiablement bonnes à rien… J'ai précisé ce que je voulais pour vous, en partant des femmes que vous étiez avant. Avant que nous nous rencontrions. Et puis flûte, les nanas, si vous ne comprenez pas, contentez-vous d'obéir !»
« J'aime t'obéir… tu le sais…je te l'ai prouvé… J'ai commencé à prendre soin de moi, à travers toi. »
« J'ai un peu de retard, j'en conviens… mais je te promets…  j'ai envie de prendre soin de moi comme tu le dis, même si tu le dis durement… je vais me raser les jambes, les aisselles, arranger mes ongles…
Et même arranger ma toison comme tu le diras… Ariane… tu me diras, toi ? »
« Je ne vous ai pas engueulées, je vous ai secouées. Nuance importante… Et vous l'acceptez et vous m'en remerciez, sales petites garces…
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