Bavard et son buvard.

Louise Mc.

Ses mains parlent autant que sa bouche. On ne sait plus que suivre, et la pensée s'égare avec les yeux.

Une alternative pourrait être les fermer. Attendre, laisser chaque mot frapper à mes paupières, secouer mon être absorbé. Je suis criblée de phrases sans autre couture que l'inflexion de sa voix. Tout se suit, s'enchaîne, s'enfile, pas de césure, d'hémistiche ou de point.

Chaque idée est une épine que je saisis dans l'espoir qu'elle perce la surface de ma conscience, qu'elle s'ancre à ses abysses.

Un sourire continu déploie un fil derrière son discours ; un fil auquel je m'accroche avec la crainte sourde de le voir se rompre.

Et là, au moment où mon état hypnotique atteint le paroxysme de l'enchantement involontaire, on assène une claque à mes oreilles. La soudaineté de cette violence me réveille en sursaut. Il avait frappé ses mains dans un mouvement d'enthousiasme rhétorique.

J'émerge de ma distraction, glisse de la rêverie à la réalité de sa présence et retrouve le fil de son monologue,

là où j'avais laissé la bobine se dérouler à mon insu.

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