Cadavre exquis

plumedesang

Poème se déroulant dans l'univers du film les Noces funèbres, réalisé par Tim Burton. Voici le discours qu'aurait pu débiter Victor à ses parents si ces derniers avaient découvert l'existence d'Emily.

Permettez-moi de vous présenter

Mon exquise fiancée.

Ne soyez point outrés,

Par son état délabré.


Ce n'est pas moi qui ai choisi,

Cette douce compagne,

Aux effluves de moisi,

Qui, la putréfaction, accompagnent.


Voyez, j'errais dans la forêt,

Après m'être enfui,

D'une répétition de mariage ratée,

Lorsque tomba la nuit.


Alliance en main,

J'énonçais les sermons,

Que m'avait préparé le prêtre à l'air assassin,

A la perfection.


A la fin de mon beau discours,

Je passai la bague au doigt,

De ce que je croyais être une racine, et surgit mon amour.

Saisi d'effroi,


Je pris la fuite,

Mais ma belle me rattrapa

Et m'entraina à sa suite

Dans l'au-delà.


Ne soyez pas surpris!

Je m'y suit fait beaucoup d'amis.

Ils sont fort sympathiques au demeurant.

Quant à leur parfum fort écœurant,


On s'y habitue avec le temps.

Certains sont même si vieux,

Qu'ils sont maintenant des squelettes ambulants,

Ainsi, plutôt que de vos narines, c'est de vos yeux


Qu'ils captent l'attention.

Ne faites pas attention,

Malpolis que vous êtes!

Quelle drôle de tête vous faites,


A la vue de cet asticot,

Surgit du globe oculaire de ma tendre.

C'est là sa conscience, comprenez, elle n'a plus de cerveau.

Mais rendez-lui donc son œil, au lieu de rendre


Votre souper

Sur le parquet ciré.

Vous voyez bien que l'on est en train de se marier

Et nous sommes dans la maison du Seigneur, non-mais!

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