CALIFORNIA DREAMIN' - Chapitre 1

Philippe Esteban Starchild

Freeway est une émission qui est diffusée depuis sur septembre 2017 mensuellement sur www.radiometal.com. Voici la version écrite des textes lus à l'antenne par l'animateur : Starchild

Chapitre I –  California Dreaming


1. Autograph – Turn Up The Radio



La nuit décroissait inlassablement et Daniel était déjà réveillé depuis longtemps.

Les premières lueurs du jour éclairaient les murs de sa chambre, aux teintes chaudes en ambrées.

A l'horizon, l'aube rosissait le ciel et le soleil allait commencer à s'installer.

Bientôt il plomberait l'azur immaculé, pour ne laisser aucune place aux nuages.

Il était alors 6h00 sur Manhattan et Daniel était seul à regarder ce délicieux spectacle, enveloppé par le silence de la maisonnée endormie.

Le jour terminait enfin de se lever, et pour un court instant, il quitta son lit pour revenir s'allonger et fixer les rais poussiéreux qui se faufilaient derrière les stores en bambou, pour rester suspendus dans l'air et l'éternité.

Un peu plus tard, le bruit des premières voitures descendant sa rue commença à devenir plus dense, et mit un terme à ce rare instant de quiétude.

Mais aujourd'hui, c'était un jour spécial pour Daniel, car il allait quitter pour la première fois son cocon New new-yorkais rassurant pour partir découvrir, comme tant d'autres avant lui, la côte Ouest de son pays.

L'instant du départ approchait inexorablement, sans pour autant se matérialiser. Il retrouvait cette sensation d'énervement et d'agacement qui l'avait saisie la veille avant de se mettre au lit.

Pour se calmer ; il avait fait et refait ses bagages, vérifié plus que de raison que tout était en ordre, pour finalement tout mettre sens dessus-dessous.

Il avait d'abord trouvé ce petit jeu apaisant, mais il s'en était rapidement lassé.

Il arracha la pellicule plastique du paquet de cigarettes qu'il avait acheté la veille, et porta à sa bouche une Rothmans, qu'il alluma et fuma jusqu'au filtre, en tirant longuement sur chaque taffe.

En regardant une dernière fois autour de lui, il fit le tour de chaque pièce pour s'assurer que tout était en ordre. Il brancha le répondeur qui prendrait ses messages pendant son absence dans l'ouest, baissa les stores et plongea son appartement dans une obscurité réconfortante.

En soupirant, comme pour se donner du courage, il verrouilla la porte d'entrée et appela l'ascenseur. Une fois dans la rue, il se confronta au bourdonnement de plus en plus intense de la circulation en ce samedi d'août.

Assis sur la banquette arrière du taxi, il battait la mesure à contretemps, en se servant du siège du passager comme percussions.

Ni les soupirs, ni les regards lourds de sens du chauffeur portoricain qu'il devinait dans le rétroviseur, ne parvenaient à l'arrêter. Dans un soupir d'agacement, le jeune latino augmenta ostensiblement le volume de l'autoradio.



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