Chapitre I (2)

arthenics

Ils étaient plongés dans de grandes discussions sur la botanique, le jeune garçon se montrant aussi curieux que le vieil homme était disert, intarissable d'anecdotes qui amenaient Nicolas à l'assaillir de questions. Ils s'interrompirent lorsqu'ils virent une corneille se poser sur un piquet de bois rendu gris et râpé par les intempéries. Avec sa petite tache blanche sur le devant, elle était reconnaissable entre mille.
_Tiens, c'est Creuk.
_Oui, notre camarade doit avoir faim.
Nicolas réalisa tout à coup.
_Il est quelle heure?
Le vieil homme regarda sa montre.
_Bientôt midi. Ta tant doit commencer à s'inquiéter.
_Oui.
_Je vais te raccompagner, ça me donnera l'occasion de la saluer.
Aussitôt dit, aussitôt fait, le duo se mit en route en direction de la demeure. Une fois franchi un petit bois, le chemin rejoignait l'impasse. Emilie, debout sur le perron était appuyée sur le chambranle, observant le Nicolas dans les yeux, son regard légèrement agacé semblait poser une question. Le jeune garçon baissa les yeux, signifiant son sentiment de culpabilité.
_Nicolas, quand tu t'absentes comme ça, préviens-moi, je me fais un sang d'encre à chaque fois.
Comme pour enfoncer le clou, la corneille vint se poser à proximité et émit un croak sonore. La jeune femme se redressa et s'avança pour saluer le vieil ermite qui se tenait en retrait.
_Bonjour Grand-Père.
_Bonjour Emilie.
Il n'y avait en réalité aucun lien de parenté entre les deux, mais ils se connaissaient depuis fort longtemps ce qui leur autorisait une certaine familiarité.
_Ne soit pas trop dure avec lui. A son âge, il est mieux a courir dehors que rester enfermer. Du reste, Nicolas, ta tante a raison, tu devrais la prévenir.
Le patriarche donna une petite tape amicale sur la tête du gamin.
_Vous restez pour déjeuner?
_Désolé Emilie, mais j'ai quelques petites choses dont je dois m'occuper, mais merci.
_Ça sera pour une prochaine fois.
_Avec plaisir.
Le vieil ermite prit congé. Après lui avoir dit au revoir, la jeune femme et Nicolas rentrèrent dans la maison. Nicolas avait à peine franchi la porte qu'il se faisait alpaguer par la petite fille.
_Grand frère! Joue a cache-cache avec moi!
La jeune femme, qui venait de rentrer à son tour, n'eut autre choix que de décevoir la gamine.
_Désolé Ludivine, Nicolas doit mettre la table. Vous jouerez cette après-midi.
La petite fille n'était pas du tout contente. Elle attrapa son doudou qu'elle avait posé sur une chaise dans le couloir et alla s'asseoir sur la canapé. Ses pieds tapaient sur la traverse.
_Ludivine, plutôt que bouder, si tu allai te laver main, comme Nicolas? Ça serait bien. Je serai très fière de toi.
Pendant ce temps, le jeune garçon oeuvrait. Comme ils n'étaient que trois, il se contenta de mettre la table dans la cuisine, comme d'habitude.

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