Chapitre I (6)

arthenics

Nicolas pensait à une farce mais la réaction de sa tante n'était pas du tout celle à laquelle il s'attendait. Sans se départir de sa bienveillance naturelle, elle semblait tout à la fois sérieuse, inquiète et mélancolique. Pendant que Ludivine dormait, la jeune femme se livra à une courte explication.

Est-ce que la magie, la sorcellerie existent? Oui.

Elle était depuis toujours au courant. Les parents de Nicolas avaient aussi ce don.

Étaient-ils morts à cause de la magie? Sa tante n'en savait rien. Les parents du jeune garçon avaient disparu, mais rien ne permettait de savoir s'ils étaient morts ou encore en vie. La seule réalité connue, c'était que personne ne les avait revus depuis une dizaine d'années. Ils devaient s'absenter et ne pouvaient emmener le jeune garçon mais n'étaient jamais revenus. Leur destination étant inconnue, les recherches ne menant nulle part, elles avaient été abandonnées.

Sa tante avait-elle aussi ce don? Oui.

Pourquoi la sorcellerie était-elle tabou? C'était une question de sécurité, un choix fait par les sorciers il y a des siècles de cela.

Pourquoi le découvrait-il maintenant? Parce que son don, jusqu'à présent en sommeil, allait se réveiller. Dans un monde sans stimulation magique, le don ne se manifeste presque pas pendant l'enfance, mais à l'approche de l'adolescence, il peut devenir incontrôlable.  Il est donc nécessaire de rejoindre une école de sorcier où il va être possible d'apprendre à le maîtriser dans d'excellentes conditions.

Nicolas aurait voulu en apprendre beaucoup plus mais Ludivine se réveilla et sa tante ne pu que rajouter :

Ludivine ne doit rien savoir. Promets moi de ne rien dire tant qu'elle n'aura pas, elle aussi reçu sa lettre, quand elle sera en âge.

Tante Emilie était visiblement catégorique. En disant cela, elle semblait presque dure. Nicolas comprit que c'était un sujet grave. Il promit.

Pour le reste, tout ce que tu dois savoir, tu l'apprendras à l'école. Et… la magie a en quelque sorte une volonté propre, si tu dois découvrir des choses, elle te guidera.

La gamine surgissant dans la chambre, la conversation s'arrêta là. La jeune femme prit la petite fille dans ses bras et sortit. Sa tante revint le voir, le soir, une fois la petite fille couchée.
_Tu veux bien me confier la lettre? Ludivine ne doit pas la voir et il y a deux ou trois petites choses dont je vais devoir m'occuper.
Nicolas n'avait pas vraiment le choix et il faisait confiance à sa tante.

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