Convergence des luttes

Christian Lemoine

Sur le trottoir, fin de journée, la lumière déjà absoute s'ébauche sans dimension. A l'aplomb des murs, où se rencontrent les plans adversaires de l'angle droit, cette poussière mauve, débris piétinés de pétales fanés. Les glycines ont fini de disperser leur parfum sous l'auvent délicat de leur feuillages fraîchis. C'est donc que le printemps s'étire, qu'un peu aussi il s'étale, doucement il s'étiole. Ramures sans verdure. Il pousse au bord coupant des fenêtres des illusions pernicieuses, où les ombres fuligineuses obscurcies de fumées prédisent des paraboles qui ne savent pas la nécessité des pesanteurs telluriques. En ce coin d'adolescence frondeuse germent les sommations de l'utopie, mais trop disertes, trop peu aériennes, trop peu enracinées. Camarade ! La scansion des rumeurs, la fulmination des estomacs acides, la trépidation des foules, ne sailliront pas les épouvantes contenues pour en jouir, ni en élaborer les égéries de la régénération. Les démiurges s'abîment dans leur revendication univoque, laquelle ne féconde pas le multiple. Camarade ; et ton bras cherche en vain parmi les exhalaisons méphitiques l'étendard fédérateur.
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