Croissant de lune

menestrel75

Elle n'avait pas froid aux yeux cette muse, cette femme aux courbes célestes dont mille hommes avaient froissé son étoffe de soie pour pénétrer son sexe dodu comme un fruit et divin.
Mais qui était-elle vraiment? Venait-elle du ciel ou de la Terre?
Du paradis, de l'enfer?
Ou bien était-elle un succube mirage venu tourmenter les fils d'Adam?
Une chose était certaine. Ses lèvres charnues d'un rouge vermeil qui avaient honoré tant de phallus et ses seins fermes durcissant sous le joug de mains téméraires, s'ennuyaient de ses distractions humaines.
Et même la semence chaude de ses faibles ne se distinguait plus à ses yeux d'une quelconque eau croupie. 

La triste muse, lasse de ses bites qui se ressemblent, n'étant même plus capables de satisfaire ses désirs de femme divine, tomba au pied du ciel et fondit en larmes; larmes écrivant les versets de sa solitude sous le regard attristé du croissant de lune qui fut foudroyé par la beauté de cette créature.
Le croissant de lune, jaloux de tous ses hommes qui avaient culbuté d'amour cette déesse dans les blés, dans les cages dorées, ou les palais en cartons, voulait à son tour posséder cette femme au plus profond de sa chair.
Il chassa le nuage qui cachait sa lumière d'un vent de poussière pour illuminer la peau dorée de cette femme.
Cette dernière les yeux remplis de trop de larmes pour remarquer sa présence, le croissant de lune pervers bien qu'amoureux, usa d'un stratagème peu loyal et séduit cette femme au recours d'une sorcellerie lunaire.
Après tout dit-il: «  en amour tous les coups sont permis ».

L'objet de son désir sous son charme, il lui lança une échelle imaginaire, impatient d'assouvir son désir amoureux au gré de la passion des amants pour le moins incongrus.
Les prémices de cette union commencèrent par des caresses sensorielles.
Les mains de la muse sondaient chaque recoin du corps glacé du croissant de lune qui bandait de ces deux sexes à chacun de ses extrémités.
Ils étaient bien plus imposants que ceux de tous ces hommes réunis, qui avaient baisé cette pute céleste.
Pourtant elle ne semblait pas le moins du monde effrayée de ses deux membres lunaires qui se lubrifiaient à profusion sous ses doigts experts.
Et même son sexe à elle, semblait assez gourmand pour accueillir un des deux monstres lunaires.
Le dilemme restait le suivant: par lequel commencer à se faire culbuter?
Le croissant de lune, n'étant pas enclin à la réflexion en pareil moment d'extase, désactiva sa gravitation légère, et de fait, pénétra violemment l'objet de son désir.
Les va-et-vient s'exécutaient au rythme des bercements du croissant de lune tout en tournoyant sur lui-même, sous le regard envieux des astres qui voulaient eux aussi participer au festin.
Elle ne pouvait pas hurler de plaisir, puisque sa délicieuse bouche était trop occupée à lécher avec délectation l'autre sexe, dans une étreinte sexuellement lunaire.

Le coït dura toute une nuit et aux premiers rayons de soleil, le croissant de lune éjacula de ses deux sexes des litres de sperme lunaire en la déesse qui explosa d'un orgasme mémorable et mourut dans les cieux en mille morceaux de poussière d'étoiles.
Ce fut la plus belle pluie d'étoiles filantes qu'on eut jamais vue.
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