De la magie des choses

Laurent Cacciatore

Pour que la magie fonctionne, il suffit d'y croire.

Après la publication de Réflexions égarées, en 2010, j'écrivis une note dans laquelle je présentai cette œuvre en ces termes :

« Quand je l'ai écrite en 2010, j'avais commencé par publier, sans projet ni prétention, deux ou trois textes sur Facebook, avant d'être encouragé à me lancer dans un projet plus vaste. Mon but était d'écrire ce livre pour transmettre à ma fille un témoignage de mes valeurs les plus profondes. Je me suis beaucoup amusé à l'écrire! Je l'ai conçu comme une pièce de théâtre : il est fait pour être lu à voix haute, j'ai énormément travaillé sur la ponctuation, de telle façon qu'en le lisant à voix haute, c'est ma voix qui soit entendue. J'ai voulu que les textes soient très courts pour ne pas décourager un jeune lecteur. Je n'ai pas voulu imposer une seule, ma vision des choses, pour ne pas donner l'image d'un père autoritaire. Mais ce livre est à ce point truffé de métaphores, de références, de second degré, que les textes eux-mêmes sont davantage un code secret dont le décryptage aboutirait à une formule magique capable d'invoquer ma propre existence ! » 

Non, c'est vrai, je ne suis rien ni personne et je n'ai rien accompli. On a pourtant dit de moi que « je connais les mots ». Je ne fais pas de brouillon et je ne reprends jamais un texte. Quoi que vous lisiez de moi, vous avez la garantie d'accéder à une instantanéité de ma pensée. Ce sont les mots qui me choisissent, je ne fais que les retranscrire.

Il m'est arrivé, durant la rédaction du Champ des possibles, de m'interrompre au milieu d'une phrase, presqu'effrayé par mon propre lyrisme, de sortir fumer une cigarette sur le trottoir, en me disant : « tu peux pas écrire un truc pareil », et de remonter finir cette phrase comme si c'était ce qui devait être écrit. Jamais je n'ai regretté un seul mot. 

Mes textes parlent de la douceur de vivre, de l'humanisme, de la fantaisie…

Mes textes se veulent poétiques ou philosophiques…

Mais un seul thème les relie : la Magie.

N'insultez pas mon intelligence. Je ne parle ni d'un ésotérisme bourgeois, ni d'un mysticisme hippie. Je vous parle - mon Dieu, que sais-je? – de la force à l'origine de l'expansion de l'univers, ou de l'influx électrique qu'on définit comme la vie, de ce lien de causalité à une échelle si grande ou si petite qu'elle échappe à l'entendement.

Oui, je sais que je me heurte à la théorie du chaos. Ses partisans n'aborderont jamais mes textes, je peux donc poursuivre!

C'est à vous que je m'adresse. Aux artistes à l'origines Des aventures du baron de Münchhausen, du Secret des sélénites, Du Vol des dragons, de Gigi, de Monstres et merveilles, Du Monde de demain, de Ça, de Miracle sur la 34e rue, vous qui êtes à l'origine de tant d'œuvres qui promeuvent et légitiment la Magie. À ma famille, à mes proches, à mes amants qui m'avez aimé. À mes patrons, à mes collègues, à mes professeurs qui avez cru en moi. À mes détracteurs, mes thérapeutes, mes lecteurs qui vous êtes confrontés à mon système de pensée.

Croyez-vous en la Magie ? Croyez-vous en ce qui reste de la Vie quand on en retire le besoin de la comprendre et la peur de s'y confronter? Croyez-vous dans ce qui relie chacun d'entre nous à tous les autres hommes, femmes et enfants de l'humanité, à travers le temps et l'espace, quand on se sent libre d'offrir notre propre vulnérabilité et de recevoir la leur en toute confiance? Croyez-vous en ce qui se dégage de vous lorsqu'à une occasion fugace ne reste de vous que vous, libre de tout enjeu et de toute apparence? Croyez-vous en la respiration de la Terre? Croyez-vous en cet équilibre qui résulte du Bien et du Mal, de la Création et de la Destruction? Croyez-vous en ce si court laps de temps quand des nouveau-nés, tout sexe et origine confondus sont capables spontanément de communiquer et de se réconforter? Croyez-vous en ce qu'on peut ressentir à prononcer des phrases comme « Il était une fois », « Abracadabra », « Je t'aime ». Croyez-vous en ce sentiment d'être exactement la bonne personne au bon endroit, au bon moment, à faire la bonne chose?

Si vous avez répondu par l'affirmative à au moins une de ces questions, alors vous reconnaissez de fait que le malade, ce n'est pas moi mais la société.

Si vous vous êtes cru obligé de les récuser scrupuleusement, demandez-vous en quoi vous vous sentez si menacé par elles.

Si vous avez répondu par la négative, alors vous avez ma sympathie profonde.

La fiction n'a-t-elle pas d'existence, dès lors qu'on a pu la concevoir? Ces divertissements n'ont-ils trouvé nul écho dans votre âme ou votre cœur? Ils nous exhortent à faire notre part, sans céder à la facilité.

  • J'y crois !

    · Ago 6 months ·
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    sophiea

  • Je vous rejoins sur l'écriture automatique, c'est la seule qui vaille à mes yeux. Qu'elle soit appréciée ou non est secondaire. Faut-il sans cesse se préoccuper de ce qu'autrui pense, autrui aux cochons et la baraque sur l'chien. Créer c'est avant tout se faire plaisir et se dire qu'il y a autre chose, voir Souchon, le grand philosophe.
    Si tout le monde aspirait à créer, chacun à sa façon, on vivrait mieux sans doute.

    · Ago 6 months ·
    Lwlavatar

    Christophe Hulé

  • le livre de la future magie

    · Ago 8 months ·
    Tulip  avr  21  03

    rechab

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