Débâcle

marivaudelle

Il m'arrive de me surprendre à imaginer que, dans le fond, son but recherché est de pénétrer dans ma plus profonde intimité, dans ce lieu fermé et hermétique, cet espace où il y règne le meilleur et le pire, l'ange et le démon, la haine et l'amour, ce lieu où tout est permis, sans limite, dans une liberté totale, dans une beauté fatale, dans un amour inconditionnel.

Est-ce mon imagination qui m'égare ? Suis-je sous influence ?
Sous l'influence de ma propre faiblesse nostalgique ?
Ce croisement où se retrouvent tous les sens, là où l'infiniment grand et l'infiniment petit se transforment en un point de conjonction.
Conjonction des mots, des sens, des sentiments. C'est dans ce milieu que tous les univers se retrouvent.
C'est dans ce milieu que la naissance et la mort sont réunies, c'est là que l'ombre cède sa place à la lumière, irradiante, vivante, c'est là que se cache la seule partie de l'Être qui nous définit, qui me définit et qui m'appartient.

Je suis consciente qu'il s'en approche dangereusement, mais je suis certaine qu'il ne s'en rend pas compte.
Aussi ne peut-il savoir combien j'espérais lui offrir cette intimité, m'ouvrir à lui, m'incliner à ses exigences, que j'en vienne à les prier à genoux, nue et offerte, dans un mouvement de corps, dans un mélange d'essence, d'ivresse, de tourbillon, une ouverture à la virilité féminine, à la féminité masculine qui de la soumise devient conquérante, qui du dominateur devient conquis.
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