Déclaration bien trop niaise

Neptune

 Il y avait des chrysanthèmes autour de moi. Des tas de fleurs fanées, aussi. Le ciel était toujours morose, je divaguais sur des airs qui remplissaient mes poches lacrymales. J'étais encore une petite fille du haut de ma majorité bien avancée. J'étais alors perdue dans un univers dont je ne comprenais pas le sens.

Avant toi.

Les heures étaient interminables, le vent se levait tous les matins et caressait mes frêles épaules. J'avais le souvenir amer d'une enfance qui n'avait jamais débuté. J'étais bornée et triste à longueur de journée. J'étais imprévisible et agressive. J'étais une prématurée jetée dans une vie en pleine crise. J'ai tout fait, tout touché, trop tôt. Je doutais de ma propre existence, je doutais de tout.

Avant toi.

J'accumulais ce que l'on appelle communément les « coups d'un soir ». Hommes ou femmes, cela m'était égal. Je ne recherchais pas le plaisir, j'essayais seulement de me (re)trouver. C'était stupide et puéril. Oui, j'ai beaucoup plus d'expériences que toi ; amoureuses, sexuelles, même sur la vie elle-même. Mais, tu sais, j'aurais tout donné pour avoir ta vie. Sans embûches, saine.

      Je t'ai rencontré dans une drôle de période de ma vie. Je venais de m'enfuir des bras de mon ex petit ami qui était violent, aussi bien physiquement que verbalement. T'as déboulé dans ma vie sans que je ne m'y attende vraiment.

Le hasard fait parfois vraiment bien les choses.

Tu ne comprenais pas le premier compliment que je t'ai fais, toi, qui complexe tant sur ton physique.

«  Tu as un regard tellement doux.. »

Je n'ai jamais fais ce « compliment » à qui que ce soit. Tu sais, il voulait dire tellement de choses…

Personne ne m'a jamais regardé comme tu me regardes. Personne n'a jamais fais aussi attention à moi que toi. Personne ne m'a jamais écouté comme toi.

Je pourrais faire une énumération de ce que tu fais, et de ce que les autres n'ont jamais fait pour moi…

Après plus d'une année à nous aimer, nous vivons ensemble, depuis quelques mois. Malgré mes crises de colère, mes larmes parfois inattendues, mes éclats de rires inappropriés, mes coups de gueule récurrents, tu es là. Honnêtement, je ne sais pas comment tu fais pour m'aimer autant que je t'aime, pour rester alors que mon instabilité mentale nous fait parfois dévier.

Tu restes calme. Tu m'écoutes crier, tu parles doucement, tu me rassures.

Je t'aime, je veux faire ma vie avec toi.

Je t'aime, parce que  lorsque je te vois, lorsque l'on fait l'amour, lorsque tu souris, lorsque tu fais ton rire (même celui que je trouve bizarre), tu es beau et cela même quand t'as l'air stupide, même quand «  tu me gonfles », même quand tu veux payer alors que je ne veux pas, même quand tu ronfles, même quand tu lèves les yeux au ciel, même quand tu geek, même quand tu fais des choses bizarres, même quand tu manges pour quatre et que tu ne prends pas un gramme, même quand tu ne comprends pas mes messages subliminaux, même quand tu me marches sur le pied quand on danse, même quand t'oublies de fermer la porte à clé, même quand tu finis la vodka, même quand tu me colles la nuit alors qu'il fait quarante degrés…

Et, je veux que tu continues de faire tout ça, non pas parce que oui, tu es beau, mais parce que tu le fais à ta façon. Et ça, c'est beau.

                                                 Maxime, je t'aime.

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