Des gris et des noirs

Marcus Volk

De gris et de noirs, échappés de la noirceur de l’âme humaine

On m'a offert ce livre dont je tairai le nom, à vous de le découvrir, à l'époque, avec comme invitation « il te plaira » ou était-ce une invitation à y jouer ?

Je ne l'ai même pas ouvert, le battage médiatique à cette époque me donnait la nausée. Je n'aime pas lire ce que tout le monde lit, mon côté élitiste certainement.

Je ne l'ai pas retrouvé je pense que j'ai du le foutre à la benne.

Et puis au détour d'une conversation qui a titillé mes sens. J'ai eu, comment dire, comment expliquer ? à une époque où je me suis perdu… quelques expériences qui à l'époque ont fait parti de ma déchéance.

25' de film plus tard. C'est comment dire ? A chier. Mais.

Mais.

N'est ce pas en fait une pâle réalité de la réalité ?

Voici un vieux texte/souvenir de cette expérience ; j'ai pris maintenant le réflexe d'écrire sur tout ce que je vis, rencontre, une façon pour moi de confiner le sort si ma mémoire flanchait.

Le carton d'invitation disait 21H. « Tenue de soirée » écrit à la plume avec la mention « discrétion souhaitée » ; j'avais été coopté. On m'avait enjoint d'apporter un accessoire sans lequel je ne serai pas rentré.

J'avais choisi un costume de couleur sombre, une chemise blanche de très belle facture, une cravate en soie signée Chanel, les boutons de manchette à l'effigie de nos armoiries offerts par mon père le jour de mes 14 ans, des chaussures italiennes en cuir souple et rajouté (ma coquetterie) le badge de mon unité : une ancre que traversait un glaive protégé par un bouclier ; juste la voiture n'était pas à la hauteur - mais bon c'est tout ce que j'avais sous la main à l'époque.

Je connaissais cette résidence aux portes de la ville, de jour elle paraissait juste imposante, un jardin à l'anglaise, on ne voyait jamais personne dans les allées ; la nuit tombée elle semblait inhabitée.

40'07 minute de film, ha… là j'aime ce moment :

Lui : Que faisiez vous pendant tout ce temps ?
Elle : Je vous attendais

Rhaaaa que c'est beau, que c'est divin !

Détail important pour des questions d'anonymat (le fameux accessoire), nous portions tous un loup plus ou moins couvrant… très couvrant pour les femmes, moins pour les hommes je pensais que ça ne suffisait pas à empêcher de se reconnaître, et bien si, les lumières tamisées intelligemment, il m'a semblé reconnaitre une démarche, une voix mais sans plus.

Cette résidence aux allures surannées d'un autre temps, mazette ! les tapisseries, les chandeliers qui me donnaient des envies de rires aux éclats « mais qu'est-ce que je fous là ? » Bref j'ai continué mon cheminement dans ce brouhaha d'étoffes qui se frôlaient, de conversations à voix basses, de regards interrogateurs, enjôleurs parfois…

Je suis allé prendre l'air sur la terrasse à l'arrière de la Maison, fumer une Camel, tu sais celle dans les paquets souples ?

Une femme, porte-cigarette aux lèvres, tapie dans l'ombre me fit cette confidence : « c'est la première fois pour vous, un dépucelage alors, cela vous plaira ou pas. Vous deviendrez addict ou vous fuirez à tout jamais ». Ce à quoi je lui ai répondu « pour l'instant je n'ai rien vu », sa réponse « il est tôt, l'alcool ne nous a pas encore désinhibé, attendez vers le coup d'1h, tout le monde enverra ses frusques aux orties mais gardera son masque ».

A force de déambuler j'avais remarqué plusieurs salons plus ou moins décorés, avec force accessoires, ou pas, l'étage était barré d'une corde je supposais que l'accès y était interdit.

43' du film… quoi ? l'arnaque ! 20 secondes de préliminaire ? Tout va si vite au cinéma…

47'11 : ah ces tiroirs sans poignées apparentes, j'adore.
Quelle belle métaphore.

1h du matin et des poussières, à cette heure la nuit devient fraiche, ça me rappelle les gardes interminables que je faisais à Lorient, je commence à frissonner dans ma pauvre chemise, et étonné en rentrant dans le grand salon de n'y trouver que quelques couples épars qui discutent le verre à moitié vide ou plein selon l'humeur, j'entends par dessus l'ambiance musicale de drôles de sons. Des sons qui je le saurais plus tard sont inimitables.

Bruit de cuir fouetté, succions, ahanements et petits cris de musaraignes.

Cette femme nue entravée, au milieu de ce petit salon, le sexe imberbe exposé à la vue de tous, fouettée en cadence et à tours de rôle non pas par des hommes, qui eux restent de marbre assis ou debouts mais par d'autres femmes, avec divers instruments : martinet, fouet court, serviette mouillée, foulard de soie, à tour de rôle mais en cadence. Dur, mal, doux.

Dans cette autre salon, des marins sûrement, les noeuds sont extrêmement bien faits mais j'en reconnais certains ils paraissent de prime abord, impossible à défaire alors qu'en fait il suffit de tirer brusquement pour défaire les liens, la fille est nue elle aussi, les pointes de ses seins étirées à l'extreme, un homme vêtu seulement de sa chemise s'ingénie à faire couler goutte à goutte la cire échappée d'une bougie.

48” Maman arrive ! Mais c'est quoi ce film ? je commençais à apprécier le coup de la cravate, moins la vision de la fille avec le pubis à peine épilée… Bref je m'égare.

Je ne connais pas le nom de la plupart des accessoires, au plus me font-ils penser à des harnachements d'équitation, au mieux à certaines gravures que l'on voit par exemple à San Gimignano, ou au Musée de Madame Tussaud.

Décidément il y a parité, dans ces petits jeux de coquins… Cet homme, attaché comme un vulgaire manant, à genou, le cou et les poignets pris dans un carcan en bois qui souffre le martyr alors que cette grosse dame, harnaché de l'attribut masculin l'enfourne comme le vulgaire !

J'ai appris plus tard que certains hommes de pouvoir aiment se faire violenter tandis que d'autres, esclaves à tout jamais dans leur job se plaisent en purs sadiques...

51”14
« Si tu acceptes d'être ma soumise je te promets de me consacrer
à toi ; c'est ça mon désir et je veux l'assouvir avec toi »

Que c'est beau. J'en bande d'envie (sic).

52”05 :
« c'est laquelle la tienne ? » (en parlant de la voiture)
« Toutes »

Blaireau.

Je suis resté spectateur d'un monde que je ne connaissais pas ; je n'ai pas participé. Je n'étais pas le seul.

Je ne suis jamais revenu. Je n'ai pas été ré-invité, mon coopteur ne m'en a jamais reparlé, il attendait certainement que je fasse le pas.

Et le film ? il est extrêmement gentillet. Je comprends que les Vrais, les purs s'en sont gaussés ! c'est tellement plus hard et plus raffiné aussi.

En fait c'est le partage que je ne supporte pas.

Je suis exclusif.



  • https://youtu.be/xhV-4658syE

    · Il y a environ un mois ·
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    enzogrimaldi7

    • C'est d'un lugubre ton film... Tom Cuise y a joué ? !?

      · Il y a environ un mois ·
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      Marcus Volk

    • Hélas. Mais sous les ordres de Kubrick il a serré les fesses. Ça passe. Pas vu?

      · Il y a environ un mois ·
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      enzogrimaldi7

    • Franchement ? Crois pas. Ma mémoire est une mosaïque doublée d'une passoire.

      · Il y a environ un mois ·
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      Marcus Volk

    • Réessaye. Chef d'oeuvre.

      · Il y a environ un mois ·
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      enzogrimaldi7

    • L'extrait ne donne pas envie.

      · Il y a environ un mois ·
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      Marcus Volk

  • Ton texte est pas mal, mais ce livre dont je tairai aussi le titre , je n'ai pas réussi à le lire tellement je me suis trouvé confrontée à la médiocrité. Je n'ai pas osé le rendre, ni le donner. Je me suis contentée de l'abandonner en catimini dans un train, espérant qu'il trouverait un-e lect-eur-rice, c'est moche…

    · Il y a 3 mois ·
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    nyckie-alause

    • C'est très moche. Faute avouée à moitié pardonnée ? Après il parait qu'il était mal traduit... Connaissant la pudibonderie maladive de certains américains... j'ose à peine le croire.

      · Il y a 3 mois ·
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      Marcus Volk

  • Je vois de quel film et/ou livre tu parles. Tu as vécu là une expérience particulière, mais qui t'a marqué puisque tu la décris avec beaucoup de précision. Les émotions ressenties ont marqué ta mémoire.

    · Il y a 3 mois ·
    Coquelicots

    Sy Lou

    • J'aime certains jeux... raffinés. Mais pas ceux que j'ai vu. Je déteste la violence. Je hais l'humiliation ; la vulgarité.

      · Il y a 3 mois ·
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      Marcus Volk

    • Je comprends ce que tu veux dire. Et partage ton point de vue.

      · Il y a 3 mois ·
      Coquelicots

      Sy Lou

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