Échappée blanche

James Px.

L'adret est dans le soleil du jour

Tout le jour il peint le jour


Je marche seul à travers bois

Sur une neige porteuse d'or

Et déjà cachées dans un reflet

Sous le voile d'une brisure

Semblables à des filaments de lune

Ondulent deux chevelures brunes

Mes enfants encore dégourdis

Dégagent des odeurs oubliées

D'humus et d'épicéa

Qui brûlent l'air gris

De nos pauvres visages

Et réveillent la nature

Qui nous décerne

D'eau claire en eau sombre

Ma langue plonge

Cueillir l'eau vive

Apprend-leur à vivre

Et pour moi à mourir

Avec ce qui vit à côté de nous


Je marche contre la folie

Dans l'empreinte familière

Sous une mèche de lumière

Toujours aussi vivante

Je lis dans les cristaux de neige

Entre les traces de mes loups

Sauvages et solitaires

Contre le vent

Avec leurs crocs

Qui s'incrustent

Sans haines ni violences

Dans mes pensées

Je laisse ces apparitions

Aller et venir

Comme un pendule

Où le langage n'a pas d'âge

Sous l'effet papillon

De l'imaginaire des pierres

Et du silence qui nous berce


L'ubac est dans le bleu de la nuit

Toute la nuit il peint la nuit


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