Eclats Suspendus - le bonheur

rena-circa-le-blanc

Atelier Ecriture du 26 janvier 2016. Faire la decription d'un bonheur, petit ou grand. Quel est-il, comment est-il ressenti ? J'ai choisi Brid pour en parler...
Avant, je me posais la question, comme tout un chacun. Je me demandais « c'est quoi le bonheur ? » en regardant les nuages comme s'ils allaient me répondre. Je ne savais pas ce que cela signifiait réellement. Petite, je me demandais comment j'allais le trouver. Adolescente, j'étais certaine de le connaître déjà. Pendant longtemps, je l'ai fui, craignant qu'il ne me blesse. Pendant longtemps je me suis contentée de ce que j'avais, persuadée que je n'en méritais pas d'autre. J'ai même fini par croire qu'il n'y avait pas plus heureuse que moi, avec ma petite vie bien rangée, bien ordonnée, bien cadencée. Il a frappé quand je m'y attendais le moins. Et il a pris ton apparence. Je ne suis pas une romantique, et pourtant, tu hantes mon esprit lorsqu'il me demande « c'est quoi, ton plus grand bonheur ? »

je voudrais lui dire, mais par où commencer ? Il y a les réactions physiques : Le chaud, le froid, les fourmis dans les doigts parce que mon cœur bat si fort entre mes côtes, la tête qui tourne quand je me souviens de ton regard si indescriptible… et puis cette boule au ventre, cet étau qui m'enserre, qui m'emprisonne comme un oiseau dans un filet.
Il y a les sensations : le sol qui tremble sous mes pieds, les ailes qui poussent dans mon dos, la lumière dans mes ténèbres, cette légèreté, cette grandeur soudaine, cette force herculéenne qui me ferait soulever un immeuble tout ça parce que j'ai pensé à toi, j'ai entendu tes mots, j'ai revu ton visage souriant l'espace d'un instant fébrile... Et puis le besoin de te garder près de moi, de t'entendre encore parler, de revoir ton sourire, ton regard magnifique, pour ressentir encore tout ça. Comme une drogue.
Il y a les sentiments qui me traversent alors comme autant de flèches : l'envie de hurler, de chanter, de danser, de montrer que rien ne m'atteint, que rien ne me touche, que je suis la plus puissante créature sur cette Terre, et que rien ne peut nous faire de mal, ni à toi ni à moi… Et puis le désespoir, la terreur de te perdre, la haine de ce qui peut te toucher, de ce qui peut te changer, de ce qui peut nous séparer.

Cette douleur dans mon cœur, tant physique que mentale, comme si j'étais à la fois déchirée et libérée, je crois que je meurs et pourtant je n'ai jamais été plus en vie qu'à cet instant précis. La peur, la force… Je le ressens pour lui aussi, mais d'une manière différente. Parce qu'à travers mes yeux il a ton regard, parce qu'à travers mes manières il a tes gestes, parce qu'à travers mes mots il a tes intentions. Celui d'une femme est différent de celui d'une mère.
Je n'arrive jamais à lui dire. Mais il sait, il me connaît si bien, comme si nos rôles étaient inversés… Et souvent, il reprend d'un « non en fait j'ai rien dis » et retourne dans sa chambre, avant que j'ai le temps de lui dire, le bonheur pour moi, c'est l'amour.

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