Elle jubile devant le désespoir

chachalou

Cette femme-là, redoutablement mauvaise.

 

Je pourrai bien me laisser aller à la connerie et la méchanceté pour tomber à ce petit niveau-là qu'elle a atteint. A dire vrai, c'était son plus grand objectif, sa seule envie, unique attrait et seule passion. Faire de moi la mauvaise fille dont elle voyait le reflet chaque matin, dans son miroir. Tenter de massacrer mes liens, mes relations, mon être, ma dignité, jubilant au passage de pouvoir, sur ses cuissardes et toute vêtue de noire, encore paraître intouchable.

Le fait étant que malgré tout, c'était cette nana qui passait savamment entre les gouttes, l'air de rien, mine de rien, souriant aux plus offrants, délaissant les plus pauvres et usant de sa petite voix mielleuse pour faire marcher son plus grand trésor, sur la tête. Son trésor, au passage, c'est aussi le mien. Le mien, bien plus que ce qu'elle croit. Bien plus que ce qu'elle peut s'imaginer. Mon Or à moi, il s'appelle Papa de substitution, papa crétin sans marmots d'ailleurs et un peu con, déconne facile et intelligence émotionnelle développée. Bref, le genre de gars, que tu ne prends pas pour un Con. 

Alors la minette est encore passée entre les orages, les averses, les deux pieds dans ses bottes, franchement bien habillée, se croyant toujours aussi fraîche, toujours aussi pure et constamment haut dessus des autres. De mon côté, je riais bien de voir son masque tomber un peu plus chaque jour, sa carapace se briser et les remords l'envahirent. Parce qu'au final, ce Miroir-là ne pouvait que lui renvoyer en face, la Garce et la Vermine qu'elle était. Langue de vipère, fait des emmerdes pour rien, continue de sourire aux devants des scènes spectaculairement célèbres, de ces Champions hors normes de qualités que l'on voit, un peu chaque jours, un peu chaque année, un peu tout le temps, monter sur des podiums, larmes de joie terrées au fond de leur petit coeur tout excités. 

Un jour pourtant, le calme revenu et la tempête passée, le temps aidant sûrement et l'amour fraternel jouant plus que de raison, elle a vue sans même le voir son grand prodige sortir les dents et montrer clairement ses pensées et ses intentions. Franchement, honnêtement, en toute pudeur, toute amitié et toute sincérité, la situation ne pouvait pas durer. Il s'était tant de fois mis d'accord avec Elle. Il avait tant de fois écouté ses lamentations et ses encouragements incessants. Il avait fait des efforts considérables pour ne pas voir et ne pas reconnaître l'oeuvre machiavélique de cette femme. 

Courageux, loyal, dévoué, il pardonnait chaque heure ces longs discours où, pour seuls attraits, elle n'avait qu'à coeur de juger et critiquer, parler de ses dernières fringues et des derniers contrats. Bonne poire, mec trop sympa, il avait en son âme un truc qui me disait quelque part "t'inquiètes, à toi, je ne t'en veux pas". C'était dans ses bras musclés, dans ses bras chauds, dans son regard froid derrière son casque de moto. Je voyais tout cela. Je savais qui il était réellement. 

Et il avait désormais connaissance de la Véracité de chacun de mes mots, me saluant parfois en son âme et conscience, au passage, sur une photo détournée où pour se faire, il aurait pensé à moi et désiré se faire pardonner. Il m'adressait de beaux mots d'amour et de tendresses, quelques aveux par ci par là, un élan de froideur et de tristesse, quand dans ses mains, le vide le happait parfois. C'était le frère, c'était l'ami, c'était le confident. C'était celui qui prenait ma main même dans l'absence et constamment. C'était mon Tout, mon Univers et bien plus, dirait-il, "qu'une cruche bornée, au delà des frontières". 

Talent des mots, talent des maux et des émotions, analyses poussées et savamment éclaircies, je lève le voile sur son apparence et les non-dits. Cet homme, c'est toute ma vie. Ce n'est pas négociable. Ce n'est pas brisé, ni cassable. C'est un don de la nature, un cadeau d'amour empaqueté de tendresse, c'est un courage sans noms, c'est un Sage emmitouflé de Conneries pour ne pas avoir l'air d'être Bien. 

Alors, je sais, c'est bête mais le dire fait du bien. A toi, femme cruche et idiote qui désira un jour me séparer de lui, imprime bien dans ton crâne qu'au plus profond de moi, il a lui même inscrit les lettres de son nom, de son prénom et même, des fragments de sa vie. Comprends-bien ce qui, lui et moi, nous unis. Sache que derrière les apparences, les non-dits et cette solitude qui se voit et pèse lourd sur mes épaules parfois, Mon frère n'a jamais été méchant, comme toi. Mon frère n'a jamais tenu ce rôle-là. Et mon frère, chaque matin, je me réveille dans ses bras. 


Parce que l'amour passera toujours avant la haine. 

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