Ère glaciaire

Julien Darowski

Quand tu t'effondreras comme sous l'avalanche,
Que ton corps englouti par les tourments glacés,
Sera fait prisonnier de cette poudre blanche,
Quand le gouffre t'aura lâchement asphyxiée,


Laisse couler tes pleurs dans mon grand entonnoir,
Laisse les ruisseler sur tes joues vaporeuses
Qui scintillent alors comme les nébuleuses,
Et que meurent ces flots, que je puisse les boire.


Qu'ils dévalent le long des béants orifices
De mon cerveau malade aux mille cicatrices,
Qu'ils perlent doucement de l'immonde grisaille,
Et recouvrent ma peau aux profondes entailles,


Que je sois avec toi dans ce tombeau arctique,
Où je pourrais frôler tes douces ecchymoses,
Et sombrer à ton cou au parfum hypnotique,
Avant que tout soit noir sous la lune morose.

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