Être juif et antisémite (en même temps)

pianitza

Crise d'Ego [Chapitre 6]

J'étais en phase terminale quand soudain dieu s'est manifesté sur son traîneau Made in China. Je vous avais dit, dans le chapitre 1 – en fait appelons ça une élucubration numéro 1, plutôt, chapitre étant un mot démodé – qu'un temps j'avais été à l'envers de l'inconscience. Qu'un temps j'avais été chrétien.
On ne peut être religieux que peu de jours lorsqu'on utilise son cerveau à plus de 10 % (Notez que je suis le seul sur cette terre à savoir l'utiliser à plus de 10%). L'être sa vie entière, c'est faire preuve d'inhumanité. C'est prendre plaisir à l'exercice du constant démêlement, se sentir chauve pour de bon, l'assumer, et en plus se proclamer comestible. Se placer sous une dent géante (Dieu), et dire : « Oui, on me broie, et alors ? ».
Ils sont sadomasochistes, eux. Les juifs surtout. Ils se laissent broyer par l'Éternel très volontairement. L'Éternel étant Moïse, la pointe du sommet du haut du peuple élu. Peuple de cellule. Qui est l'essence des hautes cellules. Mais passons… Ils ont perdu leur second degré dans les cendres (Possible que j'ai un procès, là).
Contentons-nous plutôt de regrouper, ingratement, au grattement, tous ces Best-sellers très précieux qui ornent les commodes des synagogues, des mosquées et des réglisses.
Je crée le panier.
Ce que j'appelle le panier à surprises.
Lecteur, qui vous sentez mal à l'aise, trouillard anonyme que vous êtes, ne faîtes pas le timide… Tendez-donc votre main païenne dans cet anonyme qu'est ce panier rond et profond. Tendez vos doigts couverts de bactéries et agrippez les pages !

VOUS – La bible ?
MOI (l'air bête) – Ah ouais. Elle est drôle, elle. Drôle. J'arrête pas de rire quand je l'ouvre.
VOUS – Ça parle de quoi ?
MOI – De pourquoi et comment l'homme. Et de l'homme en comment et en pourquoi. C'est des histoires de cul avec dieu, un truc de ouf. Les gars qui ont écrit ça ils étaient chan-mé. A fond de Cocaïne. Ah ah. Des caïds.
VOUS – Ah wué ? Lol !

Je n'en dirais pas plus. Ce n'est pas le meilleur roman que j'ai lu. Drôle, comme je disais, mais médiocre dans son style. Moins bon que le mien (En même temps c'est difficile de faire mieux que moi). Ça se voit que les apôtres avaient une érection quand ils écrivaient, ils ne savaient pas se modérer. Des sanguins... Toujours à faire dans le folklorique, le fabuleux, le tragique! Et Jésus, j'sais pas… Ça se sent qu'il escaladait d'abord par souci d'ego. Comme moi. Vous. Devant. Leader.
Ponce Pilate ?
Il est cool, lui. (bah oui.)
J'ai un poster du Monsieur dans ma chambre.
Il a agi comme David face à Goliath (petite référence Grecque retournée, ici). Il a rusé face au naturel par les clous et la croix. Il a fait des générations suivantes le centre de sa fronde : Un tas de cadavres qui pleurnichent au centre des nefs, les poings liés, dans l'espérance d'une résurrection. Il a créé la miséricorde par la sagesse ! L'inactivité ! Et ça a fait du bien à plein de monde ! Plein de monde est rassuré, grâce à lui !
Ci-mer Ponce !

MOI – Bon, maintenant que je viens d'écrire une horreur qui va choquer les associations, piochez autre chose.
VOUS (ahuri, en train de piocher) – Ah, euh. Hm. Eh eh. Uh uh. Le Talmud.
MOI – Ah non, pas celui-là ! Non !
VOUS – Bah pourquoi ?
MOI – Je vais devoir baisser les yeux, pour en parler. Et me sentir Nazillon. Faudrait changer de pays pour exprimer son avis sur ces choses-là… Voir changer de monde.
VOUS (aillant le sens de l'humour malgré vous) – On a qu'à aller en Allemagne ?
MOI (riant très fort et réveillant les rabbins de la chambre d'à côté) – Poser notre cul contre les stèles ?

Le mémorial de Berlin ? On dirait une multitude de puces grises plantées dans la cage thoracique des Allemands. Pour qu'ils gardent le poids, quoi. Qu'ils n'oublient pas (Bah oui). C'est drôle, ce désir de mémoire, ce regard oblique en direction du passé. En direction du trou. Le passé, c'est toutes ces escarres partout sur votre cerveau, lecteur, qui transpirez d'escarbilles coupables. Collantes… Toutes ces esquilles qui vous rendent compatissant.
C'est important, de passer une vie au passé, pour ne pas oublier. C'est important, d'être élu et dire aux autres de rester, là, en bas. Dans le passé. Ça fait du présent un amalgame décharné, mais sentimental. Sentimental à la façon d'un oiseau qui vole vers le bleu, trop loin contre les vagues blanches, qu'on ne peut toucher. Sinon en se prosternant sous les coupoles (le gris et les murs). Le feuj, c'est un émotionnel du futur, un messager ancré par chance dans notre faible présent. Pour nous rappeler le passé. Le passé. Passé la Kippa à l'envers.
Quelle chance, pour les races inférieures que nous sommes ! Que nous serons !

VOUS – Je savais que t'allais te lâcher !
MOI – Je suis un animal.
VOUS (à voix basse) – Tu vas vexer BHL… Heureusement que tu as ta liberté d'expression, hein.
MOI – La liberté des pressions, tu dis ?
VOUS – Ah ah. Uh uh uh.
MOI – Allez, pioche-en un autre, lecteur !
VOUS (piochant sans broncher) – Le Coran ?
MOI – Ah ouais, lui c'est OK. On peut en parler.
VOUS (con) – Ah wué ?
MOI – C'est à la mode.
VOUS (raisonné) – J'aime pas la mode…
MOI (taquin) – Alors brûlez le livre. Faites comme ils font avec leurs femmes.
VOUS  (piochant un autre livre après avoir tout cramé) – TF1 ?
MOI – Ah ouais, une religion moribonde, elle. Elle est rigolote.

TF1, ça, au moins, c'est une religion qu'elle s'assume. Le journal TV, c'est le petit sachet d'humour du soir. Alors eux, leurs versets, c'est du montage vidéo, de l'imagination et des balbutiements. Du porno sous forme costard. Pernaut, c'est le lucide pornographe. Sa bite est énorme. Un adorable connard équilibré entre les ballons. Un distributeur d'antidépresseurs. Il fait des blagues, tout le temps. Entre les paragraphes, on le surnomme le clown de l'irrépressible. Sa mission de bureau, elle consiste à faire dans le soubresaut comique. Et les adhérents sont nombreux ! Y'a plein de yeux en proie à la cyprine très photogénique de Pernaut, heureux de se cambrer sous les éclaboussures rassurantes du foyer quand au bout des caméras le monde tombe en poussière.
Un génie, Pernaut. Un élève de Ponce Pilate. Très fort, très très doué. J'ai cinq posters de lui dans ma chambre (avec des cœurs et des zizis dessinés autour).
Leur religion, à eux, elle s'est tissée sur l'irrégularité. Peut-être la plus noble façon de faire après tout. La plus sincère en tout cas. Tourner et retourner sa veste, faire dans la gesticulation habile du crabe. Avec vue sur mère, notre mère à tous, la caméra. Et grimacer façon Automne tranquille, pour que la vie coule et roucoule entre les panneaux de signalisation, les lignes et les horaires, soutenus par l'information, les actualités, les rebondissements. Gesticuler sur les vagues qui déferlent et se brisent sans bruit contre les calendriers. Fermenter les frémissements clébards. C'est de l'art irrégulier ! C'est magnifiquement religieux !
Pernaut, il tourne et tourne manège, détourne les gestes, Islamiques comme Chrétiens (Et pas Judaïques).

VOUS – Tu es très provocateur.
MOI – D'où le titre de ce chapitre. Oui.
VOUS (fouillant encore, bêtement) – Ce livre, il s'appelle  « Toi » ?
MOI – Ah wué. « Toi », c'est moi  qui l'ai écrit. Un roman de qualité.
VOUS – Et ça parle de quoi ?
MOI – De rien.
VOUS (con) – Mais c'est nul, alors.
MOI – Pas ma faute si je suis le seul vrai grand religieux de tous les temps (toutes époques comprises).

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