Fascination du mal

Jean Claude Blanc

L'Homme est un loup pour l'Homme, se bat pour un bout de territoire , guerres sans fin, d'où mon soutien à l'Ukraine aux prises avec Poutine ce charognard, mise à part la Russie son peuple qui subit

      Fascination du mal

 

Notre obsédante lucarne, fait le siège au salon

On nous en montre de belles, à la télévision

Des séries sanguinaires, importées des ricains

Aux mœurs si diverses qu'ils innovent sans fin

 

Pour nous faire frissonner, les films sont corsés

Pour faire de l'audience, il faut en rajouter

Des seaux d'hémoglobine, d'images saturées

Les voyeurs se terrent, juste pour se rassasier

 

Notre esprit est hanté, de criminelles violences

On se croit insensibles, à ces scènes d'outrance

Mais qu'on va au lit, toute la nuit on y pense

Ça travaille le cerveau, on n'en a pas conscience

 

C'est la réalité, écrite en italique   

Des histoires tordues, trop fantasmagoriques

Des pulsions non compatibles, avec notre quotidien

N'empêche que les fêlés, assouvissent leur faim

 

Fiction vite oubliée ou plaisir frustré

Ne voudrais pas parier, sur le dos des distraits

Car le passage à l'acte, ça peut encourager

C'est dans la déraison, que se cachent les timbrés

 

Notre nature humaine, ne peut y échapper

L'instinct de l'animal, en nous est aux aguets

A différence près, que les bêtes sont douées

Pour assurer survie, faut sans arrêt chasser

 

Fascination du mal, obscurité de l'âme

Le vicelard qui est en nous, un jour, peut s'éveiller

A force de taquiner nos neurones égarés

Le sauvage qui sommeille, va dégainer son arme

 

« L'Homme est un loup pour l'Homme », philosophique formule

A force de s'en convaincre, l'humanité recule

Tout est banalisé, le crime, l'indécence

Faut pas être devin, est foutue notre engeance

 

On nous parle tous les jours, de l'insécurité

Nos rues sont incertaines, et nos forêts hantées

On ne peut plus se fier, même à son propre voisin

En regardant sa gueule, à l'air d'un assassin

 

Une forme de paranoïa, de nous s'est emparée

Les studios de télé, en ont fait leur marché

Vous voulez de la haine, l'envers de société

Z'allez être servis, on va vous en gaver

Déjà climat social, en a un coup dans le nez

Pourquoi en rajouter, venir nous inquiéter

Notre esprit torturé, pas qu'au sens figuré

Transmet à notre cœur, ses blessures imagées

 

Pour justifier ses films, aux horreurs sans nom

Le réalisateur, nous ment, prend pour des cons

Pour expurger pulsions, qu'en nous sont enfermées

Séries sont là pour ça, pour tout démystifier

 

On se met dans la peau, du méchant tavelé

Pour mieux le débusquer, son rôle on doit jouer

Ces belles métaphores, les psys en sont avides

Qu'est-ce qu'on ne ferait pas, pour excuser l'horrible

 

« En regardant l'abysse, l'abysse voit en vous »

J'ai emprunté à Nietzsche, l'inquiétante pensée

Traduis à ma façon, à force d'être fasciné

On est hypnotisé, on devient fou à lier

 

« Lumière ne peut briller, que dans l'obscurité »

Une autre définition, inspirée de Bacon

C'est vrai, que désigner, les sauvages furibonds

Ça sert à définir, l'humaine dignité

 

Fascination du mal, secrète intimité

Sur notre corde raide, on avance apeurés

Si dérape ton pied, y'a pas de rémission

Tu plonges dans le vide, t'écrases pour de bon

 

Il ne faut pas grand-chose, pour perdre la raison

On est téléguidé par notre inconscient

Si tu perds patience, dans la file d'attente

Tu te surprends honteux, à proférer jurons

 

Je prends tout au sérieux, je suis un vieux barbon

Mais aux contes de fée, je n'y crois plus vraiment

On manipule sans cesse, la publique opinion

Brassée notre cervelle, finis les sentiments

 

Bien sûr, je l'ai compris, y'a le blanc et le noir

Moi, j'ai choisi le gris, pour couleur d'espoir

Me fais pas d'illusions, mais souvent ça m'embête

Qu'on vienne chagriner, nos tendres blondes têtes

 

Parents bien obligés, à nous de décrypter

Le progrès va trop vite, les enfants nous dépassent

On tente d'expliquer, tellement ça nous tracasse

Eux, nous en apprendraient, rayon virtualité…

 

JC Blanc       septembre 2022 (l'Homme est un loup pour l'Homme, bien que les loups eux vivent en bandent, et ne chassent que pour bouffer)

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