Fête du boulot

Jean Claude Blanc

hélas pas de pot tombe un dimanche, mais m'en bats le beurre....

         Fête du boulot (pas de pot tombe un dimanche)

C'est un moment qu'on attendait

Pour le fêter notre boulot

Un jour de plus de chômé

Tombe un dimanche, manque de pot

 

Jadis on glorifiait le mai

Les conscrits venaient le chanter

Sous les fenêtres de personnes âgées

Pour leur offrir brins de muguet

 

Est devenue institution

Une mini révolution

Chacun défile sous son fanion

Un jour par an, c'est maigrichon

 

Chacun fait le compte de ses alliés

Pour la police quelques milliers

Pour les meneurs, des millions

La vérité, vaste question

 

Est de retour la fête champêtre

Verte saison, bien arrosée

J'arpente les rues, trainant les pieds

En ressassant pourquoi en être

 

Pour les médias, faut faire du nombre

Car dès demain dans le journal

On nous taillera la coupe sombre

Si on ne gagne pas la lutte finale

 

On se retrouve toujours les mêmes

Les vieux, les jeunes, les âmes en peine

C'est un réflexe conditionné

Tous plus ou moins des indignés

 

Y'en a qui viennent pour faire semblant

Pour fuir les jupes de leur maman

Boire des canons, passer le temps

On manifeste, chacun son camp

 

Ne faut pas cracher dans la soupe

Les convaincus, sans aucun doute

De leurs idées, font un commerce

Slogans usés, chansons de gestes

 

Le 1er mai, bouquet précaire

Pour ranimer flonflons guinguettes

Petites fleurs, pleines de clochettes

Rien dans tout çà de révolutionnaire…

Les syndicats hissent leurs bannières

Même s'ils piquent leur colère

Les croyez pas, c'est qu'un symbole

Au nom de Lénine à bonne école

La CGT connait son rôle

 

Y'a des formules bien gratinées

Dont les slogans sont amplifiés

On répète tout, sans réfléchir

Comme des bêtes, s'agit d'haïr

N'importe qui, juste pour rire

N' suis pas de la race des moutons

Qui marchent au son du clairon

Car j'ai choisi mon diapason

Préfère un air d'accordéon

 

Le 1er mai, c'est l'occasion

De s'éblouir d'illusions

De rébellion à trublions

Mais pas franchir le Rubicon

 

En quelques heures, fane le muguet

Les plus belles fleurs ne durent qu'un instant

Les forts en gueule sont bien armés

Pour persister au fil des ans

 

Ne suffit plus de défiler

Entre copains, en rangs serrés

C'est un symbole, rien de plus

Car s'en tamponnent les plus illustres

 

La France s'offre ses fariboles

Pour nos impôts, on tend l'obole

On fête tout, même les grands-mères

Nostalgique retour en arrière

 

Chaque heure qui passe, vite oubliée

Faut se hâter de profiter

Ne pas attendre les cloches, sonner

Anticiper sur les années

 

Mon défilé, muet comme une carpe

Pas de pancarte, ni de cartes

Car j'ai le sens d'orientation

Me basant pas sur l'opinion

 

Me délestant des habitudes

En référence aux servitudes

Marre de me battre pour des acquis

Car c'est reconnaitre, qu'on est soumis

 

Fête gâchée, interrompue

Bouc émissaire, ce temps bourru

Tout près d'ici, on prie Jeanne d'Arc

Se mobilisent les réacs

A croire qu'elle va faire des miracles

 

N'appartiens à aucune boutique

Sinon tu risques d'être engagé

Même malgré toi, taper les flics

Alors qu'ils ne t'ont rien fait

 

Coups de matraques, pour les marchands  

Qui le méritent, vendeurs de serments

Quand les dealers, vite s'empressent  

De bastonner les CRS

 

Mon mois de mai, me le concocte

Avec ma jolie petite cocotte

Car on a bien changé d'époque

Que ces agités, que l'on, moque

Aillent se faire cuire œuf à la coque

 

Le carnaval se poursuit

Aussi dans toutes les capitales

(Ne l'emploierai plus ce terme maudit)

Qui fait penser au fric ce mal

De ces ouvriers qu'on oublie

Souffrant chaque jour de la fringale

 

Ne répondrai pas à l'appel

De ces organisations rebellent

Un jour d'accord, demain fâchées

Servent la soupe à l'Elysée

N'est plus question, se dire camarades

Alors que c'est qu'une parade

Bien loin le temps des barricades

Comme les blaireaux, ces fous du stade

Désormais vastes sérénades

Entre l'Etat et ses roturiers

Ces bons pour panier à salade

 

Un jeu de cirque pour faire marrer

Pour sans-emplois et retraités

Qu'en seront pas à ce concert

Ont d'autres chèvres à garder

Les syndicats pour faire signer

Non pas des révolutionnaires

Leur parlez plus de ce Robespierre

Pour moi pas de crainte, ne suis pas en guerre

Ça me suffit être libertaire

Ce 1er  mai serai chez ma bergère

Ma chère et tendre, dont suis très fier  JC Blanc 1er mai 2022 (du1er mai, je m'en bats le beurre)

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