fièvres d'orage

Louise Mc.

La foudre s'embourbe dans ses propres éclats
Jaillissements ténus tenus pour sinistres auspices
Dans l'œil d'une nuit blanche qui dérape et glisse
Sur les courbes de l'orage sépia
Les lignes brisées, bientôt adoucies
Par le sommeil inattendu de la pluie.

Constellation de sujets consternés
Egarés dans les méandres
D'images floues tremblées
C'est une perle d'ivresse suspendue
Où abolir le temps est une chimère
Minutes contractées, perdues
En un battement de paupières.

Résister à la poésie à s'en écorcher les lèvres
Efforts du cœur multipliés puis feu de fièvre
L'âme cristallisée d'angoisse électrique bleue
Celle qui fait bouillir les yeux les plus audacieux
Les abysses marines, les illusions, les mains de cire
Bouche scellée d'un mot étranglé : l'ombre d'un rire.

Report this text