Glacier

Christian Lemoine

La nuit qui nous enclôt est chaude, dont nous devinons qu’elle va durer sans même l’irruption des orages. Par quoi la rafraîchir ? nos mémoires sont trop vieilles, nos corps sont abîmés. De surcroît, la tentation des heures opiacées. Nous y flottons en algues mortes, insensibles à l’épaisseur. Pourtant, ça se précise, les doutes se dissipent, mais dans de telles moiteurs insondables, nous préférons la lâcheté des paupières closes, à peine nos oreilles frémissent-elles à cette ligne de basse raclant les fonds des abysses. Ne pas nous laisser cueillir par la flagrance de nos fautes. La nuit est chaude et nous étouffe ? Allons ! Rêvons des banquises !
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