Guérison

marivaudelle

J'ai décidé de me guérir de ma timidité, une sorte d'auto-médication

Heureuse et plus encore, je ne sais trouver le mot.

Les voluptés infinies de la nuit se sont succédées à un rythme lent, mais soutenu ou plutôt insoutenable.

Comblée comme jamais. Comblée comme on ne peut pas même imaginer en rêve…

Comment si étourdie de ces désirs, pourrais-je rester si timide ?

Si je couche sur le papier ces lignes qu'il ne verra jamais, c'est pour me donner la force et le courage de ne plus jamais être la même.

Plus jamais je ne m'abandonnerai passive, aux plaisirs extrêmes qu'il pourrait me faire connaître.

Plus jamais je ne laisserai courir sur moi ses caresses sans bondir pour l'en couvrir aussitôt.

Mieux, je prendrai toujours l'initiative.

Un plaisir cérébral, mais physique aussi.

La joie de donner, de renouveler ces plaisirs par la patience des baisers, des caresses affreusement intimes, de son sexe et de ses doigts qui me feront couler comme une fontaine.

Ses mains sur mes fesses, sa langue chatouillant ma bouche, sa langue frottant ma peau bouillante et moite, mes muqueuses, partout, absolument partout.

Sa voix grave et sensuelle me disant combien je suis désirable, combien mes seins plaisent à son regard et ses mains insatiables.

Ses mains qui, muettes pourtant, diront à mes fesses combien elles aiment être là.

C'est fini ! Je ne suis plus timide ! Je le prendrai dans ma bouche.

Chacune de mes papilles sera l'instrument de son plaisir montant.

Je le ferai durcir. Je ferai luire de perles de salive le bout de son sexe.

Je tournerai ma langue mille fois sur lui avant d'emprisonner dans mes lèvres sa chaleur.

Je passerai des heures à glisser de haut en bas, devant derrière.

La langue, la bouche, les lèvres, la liqueur.

Je boirai. Encore. C'est moi qui me servirai.

Je ferai glisser mes doigts sur chaque cellule de sa peau, jusqu'à ce qu'elle soit brûlante.

Je ferai frémir chacun de ses poils.

Je pétrirai ses fesses comme les boulangers pétrissaient la pâte.

Je frotterai mon sexe sur ses fesses, pour qu'il sente mon émoi.

J'approcherai mon visage tout près de ses reins, mes cheveux excitant sa peau.

Le chatouillement de mes cheveux sera intolérable.

Je le calmerai d'un lent massage, puis d'un doigt guéri de toute timidité je goûterai ses réactions profondes et le frémissement de ses nerfs…

Chacun de mes doigts, tour à tour, jouera sa musique.

La longue musique du majeur, la sérénité du pouce, sûr de sa différence.

Comme celui d'une pianiste nue effleurant l'ivoire pour ordonner la vibration de la corde,

mon doigt transmettra les mouvements de sa prison à mes sens en émoi.

Si j'osais vraiment… s'il était là… et moi aussi.

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