Hommage prosaïque à Notre-Dame de Paris

Théo S.

Un petit hommage sans prétention à une grande dame de l'histoire de France.

Oh ! Notre-Dame, nous t'avons aimé tout feu tout flammes et le Destin nous a pris au mot. Tu nous quittes, le baiser du Diable t'emporte sans attendre son reste ; et avec toi s'envolent la beauté de tes vitraux divinement colorés, la somptueuse architecture de ton corps, l'odeur du vieux bois d'une charpente millénaire à l'unicité exemplaire ; s'enfuient la sueur des bâtisseurs, la réjouissance des rois, les prières des pieux et des fidèles, l'extase des passionnés de tes arts et de ton histoire... Oh ! tragédie irréelle... Oh ! cauchemar si cruel... L'Histoire, meurtrie en son cœur. En cette affreuse soirée d'un printemps absent, larmoie cette tendre fille, si vieille déjà, le visage caché, fatiguée et mourante de tristesse. Et nos âmes blessées et affaiblies s'effondrent avec elle. Le Temps, que notre dame à tous, chevalière indomptable, a combattu tant de siècles, ramène tout à la poussière. Malheureux nous sommes, héritiers de nos ancêtres, sévère est-il, ce sablier maléfique ; la poussière de ce soir n'est faite que de cendres et de larmes.

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