Jackson Pollock

daniel-m

La création artistique, même induite par des drogues ou l’alcool, est toujours un acte douloureux et sincère qui coute à son auteur.


Oscar du meilleur acteur, Ed Harris pour son rôle de composition du peintre contemporain « Jackson Pollock ». Oscar du meilleur second rôle féminin, Marcia Gay Harden, « Lee Krasner », la compagne et muse du peintre. Ed Harris est également le réalisateur de ce portrait, criant de vérité, de sincérité mais surtout de désespoir. Désespoir d'un artiste torturé par lui-même, par un don exacerbé pour la peinture qu'il réinvente pour son siècle. Rongé par l'alcool, les crises de delirium. Ecorché vif !

 

 

J'avais l'habitude de voir l'acteur Ed Harris dans des rôles de militaires bourrus, sauveurs de la planète en Marcel et gros bras, mitrailleuse à la main. Dans son rôle de J. Pollock, il m'a littéralement bluffé et le mot est faible. Marcia Gay Harden, « Lee Krasner », dans la scène où elle refuse de faire un enfant à son compagnon ...  « je ne mettrai pas au monde un enfant dans ce désastre » .... « tu prends trop d'espace dans ma vie, je n'ai pas de place pour un enfant... », m'a littéralement remué les tripes.

 

 

Jackson Pollock (28 janvier 1912 – 11 août 1956)

 

Peintre né à Coddy aux états unis. Il découvre à l'age de 11 ans, en visitant une réserve d'Indiens, les extraordinaires motifs abstraits de l'art primitif des Indiens d'Amériques. Durant l'été 1927, il montre les premiers signes d'alcoolisme. L'art devient pour lui une soupape de décompression, une décharge d'émotions qui lui permet d'exprimer son univers intérieur, de libérer ses angoisses. Pollock se passionne pour l'art primitif qu'il exprime à travers sa peinture en la transcrivant à sa propre époque d'une manière très intuitive, voir instinctive.

 

Sa technique de peinture, qui lui est propre consiste à travailler à l'horizontale, la toile souvent de grand format posée à même le sol. Son pinceau ne touche pas la surface, la peinture s'égoutte sur la toile. Cette technique particulière lui valut le surnom de « Jack the Dripper » (Jack l'égoutteur), référence humoristique à « Jack the Ripper » (Jack l'éventreur).

 

[... je ne...enfin...avec l'expérience...il me semble possible de contrôler la coulée de peinture, dans une large mesure, et je ne l'utilise pas ... je n'utilise pas l'accident ... parce que je nie l'accident...] (Extrait d'une interview radiophonique 1951).

 

Jackson Pollock a vécu la majeure partie de sa vie dans une grande précarité. Entre périodes créatives et cures de désintoxication alcoolique, il ne produit plus durant les dernières années de sa vie et sombre dans la dépression. Comprenant mais trop tard, combien sa compagne, qu'il a délaissée, était importante pour lui. Il décède ivre, au volant de sa voiture dans un accident, en 1956.

 

Jackson Pollock a produit plus de 700 œuvres. Sa toile n° 5 peinte en 1948 s'est vendue pour la somme de 140 millions de dollars en 2006 et est de ce fait l'œuvre la plus chère de tous les temps !

 

Son mouvement artistique est « l'expressionnisme abstrait ».

 

Pour des informations plus détaillées sur l'artiste et sur son œuvre, consultez le site Wikipédia.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jackson_Pollock

 

 

En ce qui concerne ce film sorti en 2000, si vous voulez rire, allez en voir un autre ! C'est clair. La vie de Jackson Pollock était un drame psychologique, ce film qui retrace une partie de sa vie l'est tout autant. Si vous êtes sensible à la « souffrance » de l'acte artistique quel qu'il soit, à la douleur de la « création », vous ne sortirez pas indemne de ce film. Pour un film américain, de surcroît, l'atmosphère et le scénario y sont carrément étonnants. S'il n'y avait quasi constamment une musique de jazz de l'époque, en toile de fond, si je puis dire, j'avais parfois l'impression de regarder une œuvre du torturé et regretté Maurice Pialat. Entre Van Gogh et Pollock, la limite est contigüe.

 

Quelques longueurs inévitables, s'effacent dans la beauté des images. L'acte de peindre mis à l'écran. Ed Harris, également réalisateur s'est immensément investit, on le sent, le film transpire la passion. La ressemblance physique de l'acteur et du peintre est étonnante. C'est d'ailleurs ce fait qui a poussé Ed Harris, passionné par le personnage, à le faire revivre. Les différentes physionomies à travers le temps (pertes et prises de poids) sont impressionnantes. L'actrice Marcia Gay Harden, est terriblement authentique dans son rôle de Lee Krasner (également peintre et sculpteur) qui s'est donnée et sacrifiée corps et âme, pour promouvoir la peinture de son compagnon et surtout, soutenir l'artiste lorsqu'il était dans les abîmes de l'alcool et de la dépression. Il n'y a guère que Val Kilmer dans le rôle de Willem De Kooning (autre peintre contemporain de renom) avec sa gueule de dandy charmeur qui m'est apparut comme légèrement anachronique.

 

Le film sorti dans les salles en 2000 est édité par Columbia sur ce support DVD, qui propose, en plus du film, les commentaires audio d'Ed Harris, quelques scènes inédites, le making of, une interview d'Ed Harris, des bandes annonces cinéma ainsi que la filmographie des acteurs et de l'équipe de tournage. Le son 5.1 (Français, Anglais, Allemand) est particulièrement travaillé et donne à ce film de 122 mn un fond sonore de qualité.

 

Un témoignage émouvant et authentique, une fresque magistrale qui nous raconte avec beaucoup de sensibilité, l'histoire de celui qui est encore aujourd'hui considéré comme le plus grand peintre américain du vingtième siècle par certains et comme un immense imposteur pour d'autres. Personnellement je ne crois pas à l'imposture dans le domaine de l'art, mais à ce que peut véhiculer une œuvre artistique (quelle qu'elle soit) à travers le temps.

 

La création artistique, même induite par des drogues ou l'alcool, est toujours un acte douloureux et sincère qui coute à son auteur. Rien que cela mérite le respect. Ce que les autres en font ou en feront, est une toute autre histoire…

 

Distribution :

 

-          Ed Harris : Jackson Pollock

-          Marcia Gay Harden : Lee Krasner

-          Tom Bower : Dan Miller

-          Jennifer Connelly : Ruth Kligman

-          Bud Cort : Howard Putzel

-          John Heard : Tony Smith

-          Val Kilmer : Willem De Kooning

-          Robert Knott : Sande Pollock

-          David Leary : Charles Pollock

-          Amy Madigan : Peggy Guggenheim

-          Sally Murphy : Edith Metzger

-          Molly Regan : Arloie Pollock

 

 

Ce DVD qui déjà se fait rare, est distribué par Sony Pictures.

  • Excellent commentaire sur Pollock que je m'en vais découvrir de plus près grâce à vous, merci

    · Il y a 11 jours ·
    Image de femme baroque

    anna-c

    • Merci à vous !

      · Il y a 9 jours ·
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      daniel-m

  • J'aime beaucoup ces acteurs et apprécie ce film. Terrible !

    · Il y a 24 jours ·
    Coquelicots

    Sy Lou

  • Ça donne envie de voir ça.
    Merci pour cette chronique.

    · Il y a 25 jours ·
    Black

    le-droit-dhauteur

    • Merci de l'avoir lu ! :o)

      · Il y a 24 jours ·
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      daniel-m

  • La distribution est plutôt bonne avec Harris et surtout Connelly à 30 piges. Casting assez similaire à un autre film plus ou moins de la même ambiance sorti un an après: l'un homme d'exception''. Peut être un peu meilleur en tout cas il ya quelques scènes d'anthologie.

    · Il y a 25 jours ·
    Img 20170623 234225

    enzogrimaldi7

    • A côté de "Pollock" d'Ed Harris, "Un homme d'exception" de Ron Howard (excellent biopic au demeurant) est un bon Disney :o) Merci de ta lecture !

      · Il y a 24 jours ·
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      daniel-m

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