Je préfère la marche à pied

rechab

( vaguement inspiré par un texte de Philippe Soupault )


Etrange voyageur sans bagages,
j'emprunte les semelles du vent
dans mon vagabondage.
Les locomotives ont tout le temps
de se donner rendez-vous
au bout de la terre.


Que tu visites Moscou
ou des terres inhospitalières
à travers les cartes postales,
tu fais du sur-place
dans des rêves de voyage.


Tu préfères ton impasse
et le double-vitrage,
la proximité immédiate
du supermarché
aux pays moites
sous les tropiques, en été.


Des avions tissent dans l'azur
des fils télégraphiques ;
mais voyager à toute allure
ne m'est pas très sympathique :


je préfère prendre mon temps
sans excès de vitesse :

la rose des vents
ne tient pas les promesses
de la publicité :


          le Brésil n'est pas pour demain
et des cascades de café
ne m'attirent pas ,      comme pèlerin :

c'est peut-être idiot,


mais je me contente d'un petit noir
que je vais prendre au bar
          plutôt qu'à Rio.


C'est sans doute très joli
de changer de décor ;
de débarquer en Laponie,
( tout un folklore ),

sans parler des îles,
des Antilles aux Açores,
et des grandes villes
dont on voit d'abord l'aéroport.

Voyageur sans bagage
il faut que je vous dise
qu'il est sans doute dommage
que je n'aie pas de valises :

les chauffeurs de taxi
ne m'ont jamais cru....
d'ailleurs, par ici
ils ne sont jamais venus :

jamais je ne les invite
car je quitte rarement mon quartier
( donc pas de délit de fuite ) :
de toute façon, je préfère la marche à pied.

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