Jusqu'à l'aurore

James Px.

Pour que la libellule m'écoute

Je dois préserver le silence

Enlever mes chaussures

Laisser l'ineffable s'enfuir

Abandonner mes peines à terre

Pour franchir l'éther

D'un pas silencieux


Se murmure un fluide volatil

Sur un mouvement de balançoire

Je parviens au tableau noir

En pleine nuit une part d'elle

Tourne les pages du varia

Ma lumière lui éclaire les sens

Jusqu'à ses amours disparus

Avant qu'elle me relâche

Une naïveté géniale

Enveloppe ses poussières animées

Et encore plus légère  

S'envole les rejoindre


J'aimerais la retenir par la taille

Et m'écorcher les lèvres

À l'épine dorsale de ses reins

Sans transcendance

La beauté se meurt

La souffrance parfois est telle

Qu'on s'oblige de l'achever

Sans le moindre compromis

Personne ne la reverra plus

Déchue pourtant elle sera encore

Au centre du monde qui m'appartient


Sous la coupole du lustre bleu ciel

Le temps s'enchaîne à ma chair

La nef rose m'ensorcelle

Une prière a concevoir

Les cloches sonnent minuit

Je viens de m'endormir

Sacré contre la pierre bénite

J'ai interprété son dernier rêve

Me poursuivra-t-il encore

Jusqu'à l'aurore


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