Katarina Strauss : La Traque ( Tome I )

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• Chapitre III •

Katarina et Vitali ont passé la matinée à étudier les nouveaux contrats. Irina a fait de nombreux allers-retours dans le bureau de la PDG pour apporter du café et la nouvelle version des actes à signer, suite aux annotations de Katarina. Quant aux accords que sa supérieure avait à parapher, ils ont été envoyés aux clients. Entre-temps, Irina a dû gérer le téléphone, passer des appels pour sa patronne, s'occuper de l'assurance et recevoir le vitrier pour le remplacement de la baie vitrée. Elle a également accueilli le technicien de la société audiovisuelle pour l'écran géant de la première salle de réunion, tout en faisant valider les devis par Katarina avant de les transmettre à l'assurance. Vadim s'est chargé de renforcer la sécurité au sein de l'entreprise, avec Sergei et le chef de ce dernier. Il a également contacté ses supérieurs pour augmenter la garde rapprochée de Katarina. Autant dire que la matinée a servi à régler les problèmes survenus plus tôt, sans modifier le rythme quotidien de cet empire.


À midi et demi, les employés sont allés déjeuner. Certains mangent dans les locaux et d'autres à l'extérieur. Vitali et Katarina ont travaillé jusqu'à midi quarante, avant de se séparer. La PDG a quitté son entreprise pour se rendre au rendez-vous qu'elle a avec sa fille. Ces moments de partage entre les deux femmes sont devenus rares, étant donné qu'elles sont toutes les deux indépendantes et que leur activité professionnelle leur prend du temps. Katarina parce qu'elle est la PDG de Strauss Industries et Saskia parce qu'elle est avocate et qu'elle a ouvert son propre cabinet, il y a quelques mois. Cependant, il n'y a pas une journée où elles ne s'appellent pas. Leur relation est fusionnelle et complice, malgré le fait que Katarina a eu sa fille très jeune.


Le téléphone de Saskia sonne et elle s'arrête sur le bas bas-côté pour décrocher. Elle regarde le prénom qu'il s'affiche à l'écran qui n'est autre que celui de son ex-fiancé, Brian. Elle soupire et répond.


— Oui, Brian ?


— Je suis désolé de te déranger, mais j'aurais aimé savoir si tu pouvais ramener Layka plus tôt . J'ai rendez-vous d'affaires dans une demi-heure et je ne serais pas présent l'accueillir.


— Navré mais cela ne va pas être possible. J'ai rendez-vous pour déjeuner avec ma mère. Je ne l'ai pas vu depuis un moment. Et ton top-modèle de femme, elle ne peut pas s'en charger ?— Tu sais bien qu'elle n'aime pas les animaux.


— C'est vrai, j'avais oublié. Elle préfère les porter en fourrure, c'est tellement plus chic et classe que de s'en occuper.


— Saskia, s'il te plaît ... Ne commence pas.


— Je ne fais que dire la vérité. Je ne comprendrais jamais ce que tu as pu lui trouver ... Elle est tellement superficielle et vénale que s'en est affligeant. Vous n'avez rien en commun de surcroit. À part l'appât du gain et la perfection.


— Arrête... Tu sais bien que je n'ai pas eu le choix. Si j'avais eu une autre alternative, les choses ne se seraient pas déroulées de cette façon.


— C'est faux. Ton infidélité ne se serait pas arrêtée. Tu aurais continué à me tromper avec toutes les femmes que tu aurais croisées et qui était à ton goût. Je n'aurais pas pu continuer, à fermer les yeux indéfiniment. Nos fiançailles auraient été rompues de toute façon. Le seul qui a perdu au change, c'est toi. Épouser la belle-fille de Ruslan Strauss, t'aurait assuré une place de choix et offert des opportunités à foison. Si ton père t'a proposé ce mariage sûr de convenance, c'est parce qu'il savait qu'il ne pourrait pas manipuler ma mère ni faire le poids contre elle, lorsque Ruslan lui aurait légué « Strauss Industries » et son poste de PDG.


— Tu te trompes. Ta mère n'est pas celle que tu crois, Saskia... Mon père a simplement protégé sa famille d'elle. Un jour ou l'autre, tu comprendras qui elle est et ce sera certainement à tes dépens. Sincèrement je ne l'espère pas, car tu ne le mérites pas. Tu es différente d'elle et tu vaux mille fois mieux, je peux te l'assurer.


— C'est ça ton excuse ? T'attaquer à ma mère et la diffamer parce que tu n'assumes pas ? ... Tu sais quoi, je suis bien contente de ne pas mettre marier avec toi parce que tu es encore plus minable que ce que je pensais. Au revoir Brian. Je te ramènerais Layka, à l'heure convenue.


Ceci dit, elle raccroche. Elle caresse la tête de leur chienne Thaï Ridgeback pour trouver du réconfort. Lakya remue la queue et lèche la joue de sa maîtresse. La jeune avocate glousse de rire. Sa chienne est sa fidèle compagne, bien qu'elle soit obligée de partager sa garde avec son ex. Puis, elle redémarre pour aller retrouver sa mère.


○●○


Le déjeuner entre les deux femmes se passe à merveille. La mère et la fille discutent et rient. Leur complicité visible est palpable pour elles et ceux qui les entourent. Les deux rousses respirent l'amour, le respect, l'intérêt et la chaleur humaine. Leur physique atypique ne passe pas inaperçu. Les hommes, accompagnés ou non, ont les yeux rivés sur elles. Habituées, elles ne s'en préoccupent pas et poursuivent leur conversation.


— Le Conseil d'Administration est composé de membres conservateurs et phallocrates, Maman. Tu ne devrais pas faire attention à leurs médisances. Te remplacer à la tête des Industries Strauss reviendrait à les condamner, et ils le savent.


— Tu as raison. Cependant et contrairement à moi, ils ont le pouvoir de me limoger de mon poste de PDG. Si l'envie leur prenait, ils pourraient le faire.


— Probablement, mais ils ne le feront pas. Ils savent qu'ils ne gagneront pas face à toi et renoncer à leurs dividendes n'est pas envisageable pour eux. Tu le sais aussi bien que moi, alors arrête de t'inquiéter, Maman.


— Et toi, commence ça se passe avec ton associé, ma chérie ?


— Très bien. Vincenzo est ambitieux et ses affaires sont rondement menées. Il ne laisse rien au hasard et il est impressionnant dans ses plaidoiries. Honnêtement, l'engager était une excellente idée. En plus, Vincenzo a un atout de taille, il est charismatique, voire bluffant. Le respect s'impose à lui naturellement. Lorsqu'un client entre dans son bureau, il ressort convaincu et est bien moins réticent face au manque d'expérience de Vincenzo.


— Autant de compliments, d'admiration et de respect, c'est plutôt rare chez toi. Vincenzo doit être vraiment exceptionnel pour que tu en parles de cette manière.


— Il l'est, crois-moi.


— J'ai l'impression qu'il te plaît beaucoup aussi, je me trompe ?


Les joues de la jeune avocate rosissent rapidement et elle fuit le regard de sa mère en se mordant la lèvre. Sa réaction fait sourire la PDG. Elle s'attendrit devant l'expression de sa fille, la personne la plus importante de sa vie et de son existence.


— Je suis heureuse pour toi, trésor, lui fait-elle part en posant sa main sur la sienne. Cependant, fais attention et ne te jette pas à corps perdu dans cette relation sans te préserver un minimum d'accord ? Et je souhaiterais le rencontrer avant.


— D'accord ! acquiesce et se réjouit Saskia.


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