Katarina Strauss : La Traque ( Tome I )

kayla_dreams

● Chapitre VI ●

Vincenzo perturbé par la question de Saskia, la dévisage décontenancé. Demander de l'aide ou un service n'est pas dans les habitudes de la rousse, qui est indépendante et féministe. Ce sont les seuls points communs qu'elle partage avec sa mère. Un blanc s'installe entre eux et l'avocat la fixe encore quelques instants avant de se ressaisir.


— Ce n'est pas dans tes habitudes de demander un service. Je présume que cela doit être important ?


— Oui. J'ai besoin de réponse et je sais que je ne pourrais pas les avoirs ans ton aide.


Prise d'une soudaine envie de bouger, la jolie rousse se lève et fais quelques pas dans la pièce. Sa nervosité interpelle Vincenzo, qui s'interroge de plus en plus.


— Qu'est-ce ce qui passe Saskia ? Tu n'as pas l'air d'aller bien.Est-ce que tu es encore menacée ?


— Non. Sinon, je te l'aurais dit.


Il y a quelques mois, Saskia a été victime d'un corbeau qui menacer sa vie, la harceler et l'effrayer en lui envoyant des colis macabres. Elle dormait et mangeait presque plus. Lorsque Vincenzo s'en est aperçu, il lui a offert son aide, son soutien et il a été présent pour elle. Jusqu'à ce que l'homme, qui avait fait de sa vie un enfer disparaisse soudainement et cesse de la harceler. Après cette histoire, les deux avocats se sont revus plusieurs fois et c'est ainsi que leur relation a commencé.


— D'ailleurs, je n'ai toujours pas eu l'occasion de vous remercier comme il se doit ton père et toi pour ce que vous avez fait pour moi avec ce corbeau.


— Tu n'as pas à le faire, je te l'ai déjà dit. Mais si ça te tient vraiment à cœur, accompagne-moi au brunch familial, samedi ?Mon père sera présent et sera ravi de te revoir.


— Je... Je ne sais pas. Je ... Je vais y réfléchir, hésite-t-elle,prise au dépourvu.


Elle fait encore quelques pas et s'arrête devant la baie vitrée pour regarder la ville.Vincenzo ne tarde pas à se lever et il va la rejoindre. Il l'enlace sa taille et dépose un baiser dans ses cheveux.


— Ce n'est pas une demande en mariage ni d'officialisation de notre relation, Saskia ... Je te l'ai dit, je ne te brusquerais pas.Nous irons à ton rythme d'accord ?


Bien que la jeune avocate se soit relevée de sa relation avec Brian, elle n'est pas encore prête à s'engager corps et âme dans son histoire avec Vincenzo.Elle a choisi d'avancer en douceur pour éviter une nouvelle déception. La rousse acquiesce d'un signe de tête et son associé embrasse sa tempe. Les joues de Saskia s'empourprent légèrement et le duvet de sa nuque frisonne.


— Alors, quel service as-tu besoin que je te rends ?, s'enquiert-il en changeant de sujet.


— J'aimerais que ton père trouve des informations sur Vadim Yaroslav, C'est le garde du corps personnel de ma mère.


— Pour quelle raison ?  Tu as peur pour la sécurité de ta mère ?


— Parce que c'est Brian qui m'a donné son prénom, afin que je puisse trouver un début de réponse concernant le passé de ma mère.


— Je croyais que tu souhaitais attendre qu'elle t'en parle elle-même ?


— Je sais ... Mais j'en ai assez qu'on me dise que ma mère n'est pas celle que je crois et que je ne connais pas son vrai visage. Aux yeux de tous, c'est l'ennemie publique n°1. Celle qu'il faut abattre et j'en ai assez d'entendre ça sans en connaître les raisons.


— Katarina Strauss est une femme d'affaires redoutable, qui a une main de fer dans un gant de velours. Elle s'est imposé dans un monde de requins, typiquement masculin et ils ne peuvent pas la concurrencer. C'est la seule raison pour laquelle elle est considérée comme tel. Tu n'as pas besoin de chercher plus loin.


— Ce n'est aussi simple, Vincenzo ... D'après Brian, son père connaît ma mère depuis des années et s'il a voulu qu'on rompe nos fiançailles, c'est pour protéger son fils et sa famille de ma mère.


— Lorsqu'on a parlé de ton passé avec Brian, tu m'as dit que son père ne t'avais  jamais aimé et qu'il avait été odieux avec toi. Donc explique-moi pourquoi tu portes autant d'importance à ses dires aujourd'hui ?


— Parce que j'ai dû insister pour que Brian me réponde. Si son objectif était uniquement de me blesser, il n'aurait pas tourné autour du pot. Il m'aurait donné les informations aussitôt. Hors ça n'a pas été le cas.


— Et tu penses sincèrement que le garde du corps de ta mère est lié à son passé ?


— Je l'ignore. C'est pour cette raison que j'ai besoin de ton père.Cependant, je ne peux pas exclure cette possibilité. En plus d'être son associé, Vitali est un ami de longue date de ma mère. Il était présent à ma naissance et c'est le premier référent masculin que j'ai eu. Il m'a élevé, aimer, choyer et chérit comme sa propre fille et je le considère comme un père.


— Dans ce cas, renseigne-toi auprès de lui. Peut-être qu'il te donnera des réponses au sujet de ta mère.


— J'ai déjà essayé de les questionner plus jeune et il se contentait de changer de sujet ou de me divertir pour que j'oublie. Ton père est sans doute le seul, qu'il puisse m'aider... Tu voudras bien lui demander, s'il te plaît ?


— D'accord, je lui demanderais.


 — Merci.


Vincenzo embrasse la joue de Saskia et la rousse resserre l'étreinte de ses doigts sur les siens. Un silence empli de tendresse s'installe entre les deux avocats, mais celui-ci est rapidement brisé par Natasha. L'assistante frappe à la porte et entre, le café de deux associés en main.


— Je suis désolé de vous déranger.


— Net'inquiète pas, nous avions terminé, la rassure Vincenzo en délaissant Saskia.


Il s'approche de Natasha, la remercie et il récupère son café. Avant de quitter le bureau et refermer derrière lui.


— Tu es certaine que je ne vous ai pas interrompu ?


— Non, rassure-toi.

Saskia retourne s'asseoir à son bureau et la brune la rejoint. Elle dépose son café devant elle et les derniers messages.


— Monsieur Leninskaïa a appelé pour savoir où tu en étais pour la défense de son fils, cette après-midi et Monsieur Leggio est arrivé.


— Merci, Natasha.


Saskia boit une gorgée de son café et prend le dossier du client avec qui, elle a rendez-vous.


— Invite Monsieur Leggio à entrer, je vais le recevoir.


L'assistante acquiesce d'un signe de tête et elle quitte le bureau pour inviter le client de l'avocate à la rejoindre.


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