La Demoiselle à la plume verte (4.3)

Théo Seguin

La dame se mit alors à appeler les personnes une par une, en cochant la case « Présent » sur une fiche, tout en faisant attention de leur donner le numéro de la chambre et sa clé.

Les deux amis se retrouvaient au deuxième étage. La pièce était assez spacieuse. On trouvait un unique lit à deux places. Raoul se mit à glousser à sa vue.

 — Oh ! mon pauvre Henri ! Tu vas être obligé de dormir avec moi !

Henri, qui avait retrouvé entre-temps son aspect mélancolique, posa sa valise et s'avança.

 — Ne me prends pas pour un prude. Je sais dormir avec autre chose que ma solitude.

 — Ah ! Tu ne sais pas ce que c'est de dormir avec moi ! Demandes à ma femme, elle te dira que c'est un calvaire épouvantable.

Ça tombe bien je ne suis pas ta femme, répondit-il avec sarcasme.

Henri donnait une impression que Raoul l'énervait, ce qui n'était pas le cas. Henri n'arrivait juste pas à mettre son humour au ton qu'il convenait. Raoul garda son sang-froid et continua.

 — Cela va te faire tout drôle ! Toi qui n'as jamais dormi avec une femme, te voilà dans le lit d'un homme !

Henri le mitrailla d'un sincère regard noir. Raoul arrêta de rire.

 — Excuse ma taquinerie Henri. Je veux juste qu'on passe un bon moment. Entre deux amis. Comme au bon vieux temps. Tu comprends ?

 — Ne t'inquiètes pas Raoul, je suis sûr que nous allons passer de bons moments ici, dit-il en se remémorant les rues de Compiègne.

Ils se sourirent mutuellement, avant qu'Henri ne débute l'ouverture et le vidage de son bagage. Raoul le suivit dans son action.

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