La fin d'un pire

minuitxv

Il est mort ce soir.

Il arrive que la vie prenne l'allure d'un livre de Zola, d'un film de Loach.

Le malheur est en route vers son paroxysme et son ascension, à l'image de son imagination, est sans fin.

Ayez pitié de ceux qui croisent son chemin !

Mais s'il est un sentiment plus douloureux encore, c'est bien la culpabilité.

Comme un feu éteint qui continuerait de se consummer sous la braise, elle ronge l'âme aussi sûrement que le temps passe, sans faire de bruit, cette étrangère qui n'a pas de langue.

Beaucoup sont tentés de suivre la lueur de quelque paradis artificiel pour ne pas braver leur nuit.

Tu les connais bien, tu en es revenu mais tu vas y retourner parce que ta douleur est trop dure à supporter.

Depuis la rive je te regarderai t'éloigner.

Le soleil ici va bientôt se lever.

Tu dois apprendre à te lever avec elle, à la croiser dans ton miroir, à la rêver la nuit, à accepter qu'elle te suive comme ton ombre parce qu'elle ne te quitteras plus jamais. Non ce n'est pas un mauvais sort, c'est ta réalité.

Le pire n'est jamais sûr tant qu'on en revient. Et j'ai peur que la fin de son pire soit le début du tien. 

Pardonne-moi de te le dire.

J'espère me tromper.

Je serai sur l'autre rive si tu rebrousses chemin, avec un petit bout de soleil à partager.



  • Lorsque l'on perd quelqu'un, oui, la culpabilité s'accroche à nous, à tort ou à raison, mais il ne faut surtout pas suivre la lueur de quelque paradis artificiel, Oui, il faut avancer et s'en accommoder !
    Une belle et douce dernière phrase.
    Merci pour ce texte si lucide.

    · Ago 7 days ·
    Louve blanche

    Louve

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