La fumée gronde

James Px.

Mes mains gribouillent l'air

Depuis combien de temps

Sous l'étoile grisâtre

Qui chante nuit et jour

Une chanson de mort

Où l'amour n'est que ruine


Mourir n'est pas permis

Sans avoir peint les seins

Brillants de la Joconde

Enjambé l'Everest

Sans masque à oxygène

Dormi avec l'ours blanc

Sous l'aurore polaire

Franchi nu l'arc-en-ciel

Des chutes Victoria

Sous les yeux malicieux

Séduits d'une gazelle

Compté toutes les pierres

Qui me séparent d'elle

Des dieux du cimetière

Quitté l'hexasyllabe


Du noir et blanc à la couleur

Tous mes cartons sont obèses

La boîte à souvenirs est pleine d'heures

De monts et merveilles

De descentes aux flambeaux

De montées en flèches


Je sais que je dois mourir bientôt

Avec mon petit doigt

Qui m'a gratté l'oreille

Pour avancer tu dois oublier l'avant

Te laisser entraîner

Observe la solitude des nuages

Qui exprime le bonheur du soleil

Et tu déshabilleras en douceur

La noix de sa coquille

Sous l'aile poivre et sel

D'un jour bleu essentiel

Loin des salades

Des huiles

Qui te tâchent la peau

Proche des ocres

Des sédiments

Qui te laissent des empreintes

Indélébiles

D'une sueur mérité

Retient ton souffle

Pour ne pas respirer

Attend vibre renifle

C'est parce que t'aime l'odeur

Enivrante de cette fleur

Que tu viens à l'aimer


Irrésistiblement

La fumée gronde

Sur le prélude de Bach


Mes pieds marchent sur terre

Depuis combien de temps

Sur la colline verte

Qui chante nuit et jour

Une chanson si douce

Que j'ai perdu le nord

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