L'Amoureux

menestrel75

Il n'existe aucun remède
Je suis l'amoureux fou.
Je suis prisonnier de la Femme.
Je suis le refuge du beau sexe,
le souffle des coeurs en attente,
le feu des sens en éveil,
l'asile des folles amantes,
l'espoir des âmes languissantes.
J'apporte la flamme de l'amour.
J'élis les Vénus, je célèbre les Aphrodite, j'aime les Ève.
Je suis le chantre des femmes, de toutes les femmes,
des charnelles, des éthérées, des timides,
des égarées, des chastes, des glorieuses,
enfin de toutes ces enfants stellaires dignes de mon éclat,
de ces créatures éligibles au trône de la beauté.
Je suis l'étoile fidèle, l'épée loyale, la prière inextinguible.
Je règne dans le coeur des héroïnes d'alcôve.
Je suis l'Amant des hétaïres, le magicien des balcons,
l'amateur des jolies causes,
le conquérant des hymens,
le collectionneur de lauriers impies,
l'onirique séducteur agenouillé au chevet des rêveuses.

Toutefois, Mademoiselle, Madame,
Demeurez quiète puisque je vous promets de ne point accéder à votre hymen à l'heure où j'accéderai à votre huis.
Je ne déchirerai point le voile hyménéal de votre appareil génital qui sépare le vice de la vertu.
Vos tissus épidermiques les plus sacrés demeureront intacts,
puisque mon système uro-génital ne sera pas stimulé par les mâles effluves hormonaux saintement contenus dans ma glande hypophyse.
Dans mon réseau sanguin fluera un sang pur.
Ni depuis les capillaires, ni depuis le système veineux secondaire
les flots de globules blancs et rouges ne seront déviés vers mon système phallique afin de l'engager à déposer sur quelques-uns de vos ovules sa féconde vitalité.
Je vous le jure, Mademoiselle, Madame, je ne souillerai pas votre système salpingien avec mes séminipares débordements,
ni la couche supérieure de votre épiderme avec mes dépôts sudoraux.
Je me permettrai juste de mettre en contact la partie la plus sensible de mon réseau nerveux labial contre les terminaisons névralgiques de vos tissus pré-digitaux.
Avec mes compliments émus, agréez, Mademoiselle, Madame…
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