Le disque

Myc Martin

La secte du monastère

"La mort d'Hyacinthe"


Tableau (1801), par Jean Broc,

né à Montignac (Dordogne), 1771 - mort à Lopatyn (Ukraine), 1850          79 ans


Un peintre méconnu. Un sujet mythologique, identitaire dans l'art contemporain.


Hyacinthe est le plus jeune fils du roi d'Amyclées (bourgade de Laconie, sud Grèce), Amyclas -ou du roi de Sparte (Péloponnèse), Œbale. D'une exceptionnelle beauté, il est aimé d'Apollon et de Zéphyr -ou de Borée.

Alors qu'Apollon lui apprend à lancer le disque, Hyacinthe est accidentellement frappé à la tempe par le disque, et meurt.

Ou Zéphyr -l'un des huit vents de la mythologie grecque. Vent d'ouest, signe du printemps-, jaloux de leur amour, dévie la course du disque, pour tuer Hyacinthe.


Tableau, de format figure -presque carré.

Apollon et Hyacinthe sont nus. Corps pâles, lisses, glabres. Lumière latérale venant de la gauche, soleil couchant ? Apollon, reconnaissable à sa cape rouge qui flotte au vent, porte sa lyre en bandoulière. Il tient dans ses bras, Hyacinthe -sang à la tempe- agonisant.

À ses pieds le disque fatal, taché de sang.

Le vent Zéphyr agite la cape d'Apollon.

Au premier plan, des fleurs éparses, dont une jacinthe rouge ; en arrière-plan, des arbres et des buissons, une étendue d'eau -lac ou rivière-, une montagne.


Apollon -le dieu de la guérison- change le sang de Hyacinthe en fleur -la jacinthe, d'après le nom de la pierre précieuse le rubis, par analogie de couleur, ou d'après le nom d'une ancienne divinité


Exposition à New York, les gardiens du musée ont surnommé le tableau, " Fatal Frisbee".


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Mythologie. Apollon :

« Tu seras immortel par moi. Tu deviendras une fleur nouvelle. On lira sur tes feuilles le cri de ma douleur. »


Apollon fait naître du sang du jeune homme, une fleur rouge vif, la jacinthe -"jeune adolescent". Ses pétales sont gravés des plaintes d'Apollon : elles portent l'initiale du jeune homme -Y- ou le mot AI, cri de lamentation d'Apollon.


Le tombeau et le culte de Hyacinthe sont situés à Amyclées, près de Sparte. Au mois de juillet de chaque année sont organisées les fêtes des Hyacinthes -Hyacinthies-, pour commémorer ces amours.


Le mythe est une métaphore classique de la mort et du renouvellement de la nature, voir le mythe d'Adonis : Adonis est un jeune mortel aimé par la déesse Aphrodite ; il est blessé à la chasse par un sanglier, perd son sang et meurt. Aphrodite versa une larme sur le sang qui s'écoule et donne naissance à l'adonis goutte-de-sang.


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Apollon et Hyacinthe, ce thème est traité par de nombreux artistes   ...


1636 - Pierre Paul Rubens 1677-1740

Madrid, musée du Prado. Hyacinthe à terre, tête ensanglantée, bouche ouverte. Apollon accroupi à son chevet.


1752-1753 - Giambattista Tiepolo 1752-1753

La Mort de Hyacinthe - Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. Hyacinthe mourant, tête tournée vers Apollon derrière lui. Groupe de spectateurs, soldat avec hallebardes. Dominé par une statue, un faune bedonnant, sans bras, moqueur. Au-dessus, un perroquet est perché.


Antoine Boizot 1702-1782

salon de 1745, n° 133.


1771 - peintre américain Benjamin West 1738-1820

Composition ressemblante (Apollon soutient Hyacinthe frappé à la tempe). Ce tableau fut exposé à Paris entre 1794 et 1801, Broc l'a certainement vu.


1801 - après Jean Broc   ...

1801 - Alexandre Kisseliov 1838-1911

La Mort d'Hyacinthe, musée national de Varsovie - Hyacinthe à terre, Apollon lui soutient la tête et lui tient le bras par le poignet.


Merry-Joseph Blondel 1781-1853

La Mort d'Hyacinthe, sans date, Gray (Haute-Saône), Musée Baron Martin. Apollon -main sur le front- soutient Hyacinthe, tête renversée.


Anne-Louis Girodet 1767-1824

(attribué à), Angoulême, musée des Beaux-arts.


Charles Antoine Callamard 1769-1815

sculpture, salon de 1812 et 1814.


1817 - François-Joseph Bosio 1768-1845

sculpture "Hyacinthe blessé". Hyacinthe enfant allongé au sol, appuyé sur ses avant-bras, tête levée. Main droite sur le disque fatal. Salon de 1817. Paris, musée du Louvre.


1833 - Antoine Etex 1808-1888

sculpture, "La Mort d'Hyacinthe" - Hyacinthe debout seul, appuyé sur un rocher, main sur le front. Il se meurt, il va basculer en arrière. le disque au sol.


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Jean Broc né le 16 décembre 1771 à Montignac (Dordogne) et mort en 1850 à Lopatyn (Ukraine - nord-est Lviv), est un peintre français. Artiste de l'école néoclassique, l'un des membres du groupe des Barbus -les Penseurs, les Primitifs, les Médiateurs de l'antique, les Illuminés-


1801, néo-classicisme

1750-1810   Le néo-classicisme est un mouvement artistique et une période stylistique. Il émerge vers 1750 dans l'Europe des Lumières, contemporain et consécutif de la vogue du Grand Tour : tout Anglais de bonne souche effectue ce voyage jusqu'en Italie, pour parfaire son éducation, découvrir l'Europe, voir l'éclat de la Renaissance à Rome et Florence.

Son apogée se situe vers 1780 jusqu'à 1800. Le déclin de son influence s'amorce vers 1810, avec la concurrence du romantisme.


Né à Montignac, en Dordogne, Jean Broc est enrôlé par les armées révolutionnaires en 1793 et participe à la guerre de Vendée.

Il devient l'élève de Jacques-Louis David dès fin 1797.

Jacques-Louis David 1748-1825 est un peintre et conventionnel français né le 30 août 1748 à Paris et mort le 29 décembre 1825 à Bruxelles. Chef de file du mouvement néo-classique, dont il représente le style pictural.


Révolutionnaire actif et régicide, David réside au Louvre. Il aménage un atelier pour l'enseignement.

L'école de David transmet le néoclassicisme selon le dogme davidien -ou davidisme.

Il revendique l'héritage du classicisme de Nicolas Poussin 1594-1665 et des idéaux esthétiques grecs et romains. Il cherche, à

« régénérer les arts en développant une peinture que les classiques grecs et romains auraient sans hésiter pu prendre pour la leur ».

Entre 1781 et 1821, de ses ateliers, sortent environ quatre-cents élèves, peintres, sculpteurs, ou graveurs, qui représentent le néoclassicisme, mais aussi le style empire et le style troubadour -atmosphère idéalisée du Moyen Âge et de la Renaissance.

(Rareté à l'époque) David forme des femmes artistes ; une vingtaine d'élèves féminines reçoivent les leçons du maître.


Des dissidences. Maurice Quay fonde avec des condisciples la secte des Barbus ou Primitifs, qui revendique une conception radicale du néoclassicisme et ne prend modèle que sur l'art grec. D'autres élèves -Anne-Louis Girodet 1767-1824  - Antoine-Jean Gros 1771-1835 - Jean-Auguste-Dominique Ingres 1780-1867- s'éloignent aussi du style de leur maître.


En 1815, après son exil à Bruxelles (retour des Bourbons), son atelier est confié à son ancien élève Antoine Gros, qui poursuit son enseignement à Paris. David continue à enseigner à Bruxelles.

Obligé de quitter la France au retour des Bourbons, David s'exile à Bruxelles où il continue à pratiquer un style néo-classique exacerbé, alors que la mode tourne ailleurs au Romantisme.


David devient membre de l'Institut et se prend d'admiration pour Napoléon Bonaparte. Il se met à son service quand celui-ci accède au pouvoir impérial (1804). Il réalise pour lui sa plus composition "Le Sacre de Napoléon" 1805-1807.


Dans l'atelier de David, Jean Broc fait partie du groupe des « Barbus » -Penseurs, Primitifs, Médiateurs :

Les Barbus souhaitent retrouver la pureté de la ligne, de l'art grec. Ils privilégient la ligne et les couleurs posées à plat, plutôt que le modelé. Césure avec le classicisme de David. Le groupe se voit légitime, pas dissident.


David (53 ans) critique Broc (30 ans) : coloriste, il n'accorde pas assez d'importance au dessin. Jean Broc quitte l'atelier de David avant 1801.


Il présente au Salon de 1800 L'École d'Apelle (Paris, musée du Louvre - 375 X 480 cm), œuvre qui devient le manifeste du groupe des Barbus.

Apelle  370-306 avant J.-C., le peintre le plus talentueux d'Alexandre le Grand, montre un dessin à ses élèves : un peintre, jaloux du talent de son rival, l'accuse de trahison. Pour se défendre, ce dernier exécute un tableau dans lequel un innocent est traîné par la Calomnie, l'Envie et le Repentir.

Alors que ses contemporains utilisent des couleurs chaudes, Broc recherche la fraîcheur des teintes antiques, des fresques du XVIe siècle.

Les personnages sont isolés ou en groupe. Chacun est une étude en soi.

Apelle montre un dessin de Raphaël  1483-1520 ; anachronisme volontaire, tableau dans le tableau, mise en abyme. Le tableau n'est pas compris par la critique.

Personnage calomnié, allusion à la nouveauté de la situation politique, Bonaparte et son pouvoir contestable, autoritaire ?


Au Salon de 1802, il expose La Mort d'Hyacinthe, autre manifeste esthétique des Primitifs.


Il reçoit par la suite des commandes officielles, dont un Portrait du maréchal Soult en 1805, pour le salon des Maréchaux du palais des Tuileries.


Il donne des cours de dessin en 1814

Entre 1820 et 1823, il donne des dessins sur le thème de Paul et Virginie pour des papiers peints gravés par les fabricants Mader, imprimés par la maison Dufour, sous le nom de tableaux-tentures.

Paul et Virginie est un roman de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, publié en 1788. Exemple du roman de la fin du XVIIIᵉ siècle, il connaît un immense succès qui dépasse les frontières. Lyrisme descriptif, premier des romans maritimes et exotiques.

L'idylle entre deux jeunes gens élevés ensemble depuis leur plus jeune âge, au sein d'une nature paradisiaque -l'île Maurice- qui les a rendus beaux, bons, vertueux. Soudain le malheur frappe : Virginie se noie au cours d'un naufrage.


Il expose jusqu'au Salon de 1833.


Sa fille Aline épouse le général polonais Józef Dwernicki    Varsovie, 1799 - Lopatyn (Ukraine), 1857

Józef Dwernicki, en français Joseph Dwernicki, né le 19 mars 1779 à Varsovie et mort le 22 septembre 1857 à Łopatyn (actuelle Ukraine), est un général polonais. Il joue un rôle important durant l'insurrection de 1830-1831 contre la domination russe sur le royaume de Pologne. Puis au sein de la Grande Émigration en France, où il épouse en secondes noces Marie-Louise Aline Broc, fille du peintre Jean Broc.


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La « secte des Barbus », des « Illuminés », sous le Consulat

Le Consulat est compris

entre le coup d'État de Brumaire an VIII (novembre 1799), qui met fin au Directoire et à la Révolution française,

et l'établissement du Premier Empire, en mai 1804.


Le Premier Consul Napoléon Bonaparte établit son pouvoir personnel autoritaire. L'art sert à légitimer un pouvoir qu'il a pris de force.

Bonaparte au pont d'Arcole (1796) - Antoine-Jean Gros 1771-1835

Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard (1801) - Jacques-Louis David 1748-1825

Le Sacre de Napoléon (1805-1807) - 6,21 X 9,79 m - Jacques-Louis David 1748-1825


David prend des élèves à partir de 1780. Esprit de clan, "école de David" mais diversité des idées, des pratiques picturales des élèves.

1800-1803. La secte des Barbus -les « Primitifs », les « Méditateurs » ou les « Penseurs »- est le surnom donné à un groupe de peintres, élèves de Jacques-Louis David,

groupés autour de leur chef Pierre-Maurice Quay -surnommé « Agamemnon », roi légendaire de Mycènes et d'Argos, chef des Grecs qui assiégèrent Troie.

Échevelé, décharné, mal rasé, col ouvert, revêche.

Pierre-Maurice Quay, né à Paris le 27 janvier 1777 et mort à Saint-Leu-la-Forêt le 5 septembre 1803, des suites d'une maladie pulmonaire, est un peintre français, lié au mouvement néoclassique, à qui l'on attribue la création du terme « Rococo ».


Actifs au début des années 1800.

Ils entrent en dissidence contre les enseignements du maître, radicalisent le style néoclassique alors en vogue dans la peinture française du début du XIXe siècle.

Le groupe se dissout après la mort prématurée de Quay (24 ans), à partir de 1803.


les Barbus poussent l'idée du néoclassicisme à son extrême, réclament un retour à une peinture fondée sur les motifs linéaires purs des vases grecs ou sur les compositions simples du début de la Renaissance italienne. Ils choisissent leurs sujets dans l'Ancien Testament, l'Iliade et l'Odyssée d'Homère, les poèmes d'Ossian.  

Les Chants d'Ossian sont une importante œuvre pré-romantique. En 1761, le jeune poète écossais James MacPherson  1736-1796  publie Fingal, une épopée qui, selon lui, a été composée par Ossian, barde écossais du IIIe siècle de notre ère.


Ils étendent leur pensée au-delà de la peinture pour l'appliquer à la vie elle-même. Ils se constituent en secte. Ils choisissent un style de vie hors normes, s'habillent de vêtements grecs antiques, sous les quolibets de la foule dans les rues.

David les chasse de son atelier en octobre 1799, pour leur insolence, après les critiques ouvertes proférées lors de l'exposition payante de son tableau "L'Intervention des Sabines" (1799) : le style des Sabines ne rompt pas suffisamment avec la manière française.

Les Sabines, tableau peint par Jacques-Louis David entre 1796 et 1799. Peinture d'histoire qui appartient au courant néoclassique, elle marque une évolution dans le style de David après la Révolution, qualifié par lui-même de « grec pur ».


Les Barbus se regroupent dans un monastère abandonné ; les vestiges du monastère des Visitandines au flanc de la colline de Chaillot, sur les hauteurs de la rive droite de Paris. Ils produisent un faible nombre de toiles.


Les Primitifs, végétariens, vivent en harmonie avec la nature. Morale stricte, créer un monde pacifique et respectueux. La perfection de l'art, but absolu. Dépasser l'enseignement de David. Perspective restreinte, technique proche de la détrempe ou de la fresque. L'art étrusque et les Primitifs du Moyen Âge.  


Jean-Auguste-Dominique Ingres 1780-1867. Même s'il ne fait pas partie de leur groupe, Ingres est influencé lors de son éducation à l'atelier de David, par leur obsession de la ligne pure, sinon par leur recherche de couleurs. Primauté du dessin sur la couleur. Il fait subir à ses nus, des déformations expressives.


François Gérard 1770-1837. Gérard est un peintre d'histoire, portraitiste et illustrateur néo-classique français. Élève de Jacques-Louis David, l'un des principaux peintres du premier Empire 1804-1814 et de la Restauration 1814-1830. Surnommé « le peintre des rois, le roi des peintres », il est le portraitiste des familles souveraines européennes.


Machinisme, modernisme, révolution industrielle. Déshumanisation. Recherche du primitif, de l'authentique, du spirituel. A rapprocher     ...


des Nazaréens allemands - 1809

Courant à part du préromantisme allemand. Mouvement artistique formé au début du XXe siècle par un groupe d'artistes peintres originaires des pays germaniques. Les Nazaréens souhaitent refonder, revitaliser l'art par la religion chrétienne, en ses valeurs spirituelles et morales.

Nazaréens, dénomination donnée de l'extérieur, dans un sens péjoratif : les peintres s'habillent et se coiffent à la manière des personnages bibliques représentés depuis la fin du Moyen Âge, notamment par les primitifs italiens.

Ils souhaitent un renouveau de la peinture allemande, qui vit sous l'influence du néoclassicisme et du mouvement Sturm und Drang -Tempête et Passion, préromantisme. L'époque est agitée : impact des idées révolutionnaires françaises, influence de l'Aufklärung (« Les Lumières ». 1720 – 1730 aux années 1775 – 1785).

Les Nazaréens ne cherchent pas la Rome de l'Antiquité, mais la Rome du christianisme et du Moyen Âge.


des Préraphaélites anglais - 1848

La référence est la peinture des maîtres italiens du XVe siècle, prédécesseurs de Raphaël. L'art anglais est sclérosé par le conformisme académique.

Retrouver les tonalités claires, vives des maîtres d'autrefois. Rendre à l'art un but fonctionnel et édifiant. S'adresser à toutes les facultés de l'Homme. Agir sur les mœurs d'une société qui a perdu tout sens moral, depuis la révolution industrielle 1760-1840.


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Jean-Charles-Emmanuel Nodier 1780-1844

Nodier, écrivain, romancier et académicien français. Joue un rôle important dans la naissance du mouvement romantique.

Nodier aime ce qui est populaire et primitif. Ami du lutin, de la sorcière, de la fée. Monde des rêves, des cauchemars, des " phénomènes du sommeil ". Douceur consolante de la déraison, ils rendent supportable, la vie.


Il est l'auteur de "la Fée aux miettes" (1832)

Au Mont-Saint-Michel, le charpentier Michel sauve une vieille mendiante surnommée la « Fée aux miettes ». Il lui promet de l'épouser.

Michel s'embarquer sur la Reine de Saba pour une destination inconnue. Le bateau fait naufrage. Michel arrive sur une île et découvre que la Fée aux miettes l'a suivi, cachée dans son sac. Elle lui offre un portrait d'elle jeune, un portrait de la reine de Saba. Michel tombe amoureux.

Un jour, le bateau de la reine de Saba accoste, Michel veut partir avec lui.

Michel épouse la Fée aux miettes, la reine de Saba le visite la nuit en rêve. Mais pour que ce bonheur dure, il doit trouver la mandragore qui chante et qui rit.     ...


Nodier connaît la secte des Barbus. Il a 21 ans, écrit dans une lettre 1801-1803 :

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« As-tu entendu quelque chose de cette société de peintres et de poètes que le vulgaire avait désignés sous le nom d'Illuminés des arts, qu'on appelait plus généralement les Observateurs de l'homme et qui s'étaient modestement nommés les méditateurs de l'Antique ?

Tu avais ouï parler souvent de ces jeunes gens qui se piquaient de ressusciter parmi eux les belles formes, les belles mœurs et les beaux vêtements des premiers siècles ; de ces artistes qui portaient l'habit phrygien, qui ne se nourrissaient que de végétaux, qui habitaient en commun, et dont la vie pure et hospitalière était une vivante peinture de l'âge d'or ?

Or je les ai trouvés. Il y a deux mois que je passe mes journées au milieu des méditateurs, que je vis avec eux, que je mange leur lait et leur miel, que je m'asseois sur leurs nattes, et que je retrempe mon être à leur école. »

 ...


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