Le don

Hervé Lénervé

Pourquoi moi ? Pourquoi ai-je été touché par la grâce. Le don m’a été donné, mais par qui, moi qui ne crois pas à la virtuosité sans travail.

Je comprends mieux à présent pourquoi les grands auteurs prenaient des substances illicites. Moi-même, qui n'étais qu'un piètre poète, écoutez, ce que j'ai écrit sous emprise chimique artificielle.

« Ô mon Amour, filant sa quenouille,

Te regarder, me glace les couilles.

Je te vois telle tu es

Je te prends telle tu es.

Thérèse, je te retourne

Je te baise, je t'enfourne. »

Pas mal, n'est-il pas ?

« Aie ! Tu me coinces le bras

Sous ton gros ventre gras.

Ô mon amour, filant ma nouille »

Bon, ce n'est pas encore entièrement fini, mais le début est très prometteur. Allez, c'est décidé, je jette mes pinceaux et me jette à corps perdu de vue dans la Grande Poésie. Quand on a le don, il faut l'exploiter.

Je me jette à vos genoux, ma muse aux genoux si doux. Cagneux, si l'on veut. Disent les médisants, mendiants, grands méchants comme le loup et les petits cochons. Laisse dire les cons et laisse mes mains peloter tes nichons. Merde je n'arrive plus à écrire sans versifier, le don, vous dis-je, je l'ai, à mon âme, chevillé.

 N'oubliez pas de lire mon recueil de poèmes mon mécène a décidé de le publier. Et cela n'a rien à voir avec le fait que je couche. Le talent aiguille, le don, vous dis-je, je l'ai !

Merci Clio, ma muse, pas ma Renault.

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