Le hérisson

Clara Ottaviano

Écrit juste après la rencontre de l'un de ces compagnons nocturnes

Je t'ai vu tard hier soir, sur le coin d'un trottoir,

Craignant, sans te voir bouger, que tu ne sois mort, écrasé.

Par un sursaut d'espoir et de curiosité, je me suis retournée, telle Orphée, pour apercevoir

ton museau remuer doucement et tes poils hérissés se rétracter un peu pendant que je te caressais.

Je pensai alors à tes yeux brillants et aveugles, qui décorent simplement ton visage pointu,

comprenant que c'est précisément parce que tu n'as pas conscience de l'obscurité que tu ne crains pas la nuit.

Privé de la vue, tu déambules seul dans les rues et les campagnes où, nomade, tu vis,

et c'est en ça qu'émane de ton corps discret et singulier, ton innocence troublante, ta vertu.



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