Le vent emportera le souvenir

plumedesang

Poème sur les idées noires qui peuvent nous traverser lors d'un deuil et sur le caractère inéluctable de la mort.

Allongée là, elle dort.

Son visage serein, le teint pale, les yeux clos.

Une beauté trop tôt emportée par les flots,

De l'implacable et glaciale Mort.


De mes yeux noyés dans les larmes

J'observe, le corps reposant dans son cercueil.

Ma bien aimée a déposé les armes.

Ainsi commence mon deuil.


Rassemblés dans ce cimetière,

Tout de noir vêtus,

Au ciel nous adressons nos prières,

Pour que le Paradis, ma douce, connut.


Frissonnant sous la grisaille hivernale,

J'observe le corps au teint opale,

Et pleure des larmes amères,

Cette fois-ci, c'est la dernière.


Plus jamais je n'entendrai son rire cristallin,

Plus jamais je ne verrai ce visage exquis.

Elle est maintenant entre les mains du Divin,

J'espère de tout cœur qu'il sera conquis,


Par sa douceur, sa candeur,

Et les portes de son royaume,

Lui ouvrir de bon cœur,

Car après tout, je ne suis qu'un homme.


Et je ne puis m'empêcher de penser,

En observant le cercueil d'ébène,

Et la neige recouvrant le paysage de sa blancheur immaculée,

Sentant le vent, souffler avec force haine,


Que nous-autres ici bas,

Nous succomberont aussi au trépas.

Et que la neige recouvrira,

La preuve que l'on exista,


Et que le mistral,

De son souffle glacial,

Emportera avec lui, telles les feuilles mordorées,

Le souvenir de tous ceux qui, sur terre, ont existé.

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