Le vieux Clément

Alain Cattiaux


Il traînait quand la ville a plus d' passant
À la recherche d'une âme qu'aurait du temps
Pour négocier sa flamme et tout c' qu'y' a d' dans
Ça lui coûtait des milles c'est indécent
Mais le pire c'était qu'il était gourmand
Et dans ses états dames itinérants
À tout' celles qui réclament du sentiment
Il savait s' rendr' utile le vieux Clément

Il donnait si bien le bonheur
Dedans le corps
Des autres coeurs
Il aimait si fort les rondeurs
Qu'elles l‘ont éteint
Pour son malheur

S'il est toujours critique sans êtr' méchant
D' trouver une âme sans cible à prix coûtant
Pour ses bègues impudiques l'était pas tant
Sur le prix d' la génétique si regardant
Retrouver ses repères bon an mal an
Au p' tit côté pratique donnant donnant
Jamais rien ne se perd quand tout se vend
C'était sa politique au vieux Clément

Il aurait pu sans se lasser
Donner aux fleurs
L'envie d' rêver
Il avait tant l' désir d'aimer
Que ce soupire
fut le dernier

Ça ne court pas les crues évidemment
Les noyés du carreau qui broient du blanc
Il trouva son bonheur au p' tit printemps
Allongé sous le dos du firmament
On l'a retrouvé nu comme l'enfant
Quand la nuit au goulot montre les dents
À celles qu'ont sur le cœur un toit ouvrant
Pour un dernier cadeau au vieux Clément

Sous les souliers le macadam
Chante toujours
Pour vous mesdames
Il aimait tant le corps des femmes
Qu'il en est mort
Voilà son drame


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