Le web 2.0 peut-il bousculer les présidentielles 2017 ?

pierre-m

"Faites bouger les lignes" avec le magazine Opinion Internationale

Lors des dernières élections régionales en France, seul 1/3 de la population est allé voter pour élire des candidats désignés par des partis politiques qui représentent eux, moins de 1% de la population.

Dit comme ça, l'image de grande démocratie en prend un coup. Ça fait même froid dans le dos, mais non, le calcul est correct. Selon L'INSEE, la France compte 64,2 millions d'habitants dont 44,6 millions d'électeurs inscrits, avec 50% d'abstention lors des dernières élections, seuls 22,3 millions de français (34%) se sont déplacés pour aller voter. De l'autre côté, tous les partis politiques français comptent ensemble entre 365 et 500,000 adhérents selon les déclarations, soit moins de 1% de la population. Et au sein de chaque parti ce sont, au mieux les adhérents, au pire la direction, qui désignent les candidats.

Plus de neuf Français sur dix ne se reconnaissent plus dans nos gouvernants.

C'est ce que révélait en juin un sondage Cevipof, l'Observatoire de la vie politique. Une tendance confirmée lors des dernières élections régionales. Et alors ? Au printemps 2017, pour les prochaines élections présidentielles et législatives, pour qui allons-nous voter ? Qui choisira les candidats ? La plus part des « petits » partis politiques ont déjà un candidat naturel pré-désigné, et s'agissant des trois grands partis capables d'atteindre le second tour de la présidentielle, il n'y aura pas de primaires au FN (sic!), a priori pas de primaires au Parti Socialiste non plus, et chez Les Républicains, les primaires annoncées pour novembre 2016 ne devraient pas réunir plus de quatre ou cinq ténors du parti. Nous sommes loin du renouveau tant attendu.

Est-ce que le Web 2.0 peut bousculer les partis politiques ?

C'est ce que se proposent de faire Thibauld Favre (entrepreneur) et David Guez (Avocat) avec leur nouvelle plateforme participative : Laprimaire.org, lancée en octobre 2015 et dont l'application mobile sort début 2016. Selon la présentation en ligne sur leur site : «  LaPrimaire.org est une primaire ouverte, organisée pour permettre aux français de choisir librement, de manière transparente et démocratique, les candidats qu'ils souhaitent voir se présenter à l'élection présidentielle de 2017. Un processus de sélection des candidats a été spécifiquement mis au point pour permettre une primaire démocratique à laquelle toute personne peut se présenter et au sein de laquelle toutes les idées peuvent s'exprimer. »

L'objectif des deux fondateurs de LaPrimaire.org est de rassembler plus de 400,000 "internautes-électeurs".

Cela permettrait, selon eux, de faire émerger un candidat plus légitime que ceux issus des grandes formations politiques et au moins d'insuffler un nouvel élan démocratique et redynamiser le débat politique en laissant s'exprimer librement les idées et les propositions venues d'en bas.

Question neutralité, toutes les précautions semblent avoir été prises. Le projet est organisé de manière bénévole par des citoyens indépendants des partis politiques et l'opération est financée grâce à une campagne de financement participatif. Enfin, pour éviter toute manipulation politique, les deux fondateurs assurent que la primaire n'aura pas lieu si moins de 100,000 citoyens sont inscrits au moment du vote.

Laprimaire.org se propose enfin d'accompagner et assister le candidat vainqueur de la primaire ouverte pour sa campagne présidentielle, notamment afin de recueillir les 500 parrainages nécessaires à la validation de sa candidature, de créer son parti politique (association Loi 1901) et d'organiser sa campagne de financement.

Au final, on se dit que même si un candidat citoyen n'a aucune chance d'être élu, sa candidature pourrait bien attirer de (très) nombreux électeurs et bousculer l'ordre établi. Cela peut aussi se révéler un jeu risqué quand on connaît les enjeux en présence et que l'on se souvient par exemple des pressions qui avaient pesées sur Coluche en 1981. La politique est un cirque dans lequel les clowns ne sont pas les bienvenus.

  • Salut Olivier, j'ai découvert ce site seulement semaine dernière et m'y suis inscrit d'ailleur. Il y a tout un tas de nouvelles ´Civic Tech´ qui son en train d'eclore actuellement comme Vox.org aussi avec google qui joue les incubateurs....
    La démocratie liquide? Kêsako? Tu ne veux pas participer au concours ´Opinion internationale sur ce sujet ? Ça ouvrirait le débat

    · Il y a plus d'un an ·
    Photo14 1

    pierre-m

    • Je comptais bien participer au concours mais j'ai pris un peu de retard.

      Du coup, pour l'instant, j'ai profité de ton texte pour ouvrir le débat ;-)

      C'est un sujet qui me tracasse depuis un moment, au point d'en écrire une petite nouvelle.
      Mais je suis content de voir cette effervescence numérique qui cherche une alternative pacifique.

      N.B.:
      La démocratie liquide, c'est bien expliqué ici :
      http://framablog.org/2015/12/09/democratie-liquide/
      J'ai aussi découvert ça : http://www.larepubliquedescitoyens.org/index.php/le-manifeste/.

      · Il y a plus d'un an ·
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      Olivier Bay

  • Je ne savais pas que ce site existait, mais je me doutais que ce genre d'initiative aller arriver à l'ère du numérique.

    J'évoquais ce type de démarche dans une nouvelle d'anticipation "Les élections dangereuses" et dans un coup de gueule contre les dinosaures politiques "Sondes en stock".

    Il émerge aussi de nouvelles formes de gouvernance, comme la démocratie liquide. Mais il reste à savoir si cela pourra être viable à grande échelle.

    En tout cas, cela nous montre qu'il faut persister dans ce sens pour faire bouger les lignes, les élus et les électeurs.

    Et peut-être que cela empêchera à nos institutions, de tomber entre de mauvaises mains.

    L'avenir nous le dira...

    · Il y a plus d'un an ·
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    Olivier Bay

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