Les Mélancômes

scoobyalien

Chapitre 4-1

Voici, un nouveau chapitre dans le but de présenter de nouveaux personnages et une nouvelle dynamique. S'il y avait des questions en ce qui concerne le manoir et son propriétaire, elles sont sur le point de trouver quelques réponses.

Mais je me dois de vous prévenir que cela ne va pas être forcément très agréable... Il se peut que le maître des lieux soit pire que l'agresseur d'Ella.

// ATTENTION// Même si je ne concidère pas mon écriture trop 'hardcore', il s'agit tout de même d'un chapitre réservé à un public averti ! Sexe et torture en prévision. (oui, je sais tout un programme !)

°°°

La dernière journée avait été étouffante. L'alternance entre les nuages d'un gris presque noir et le soleil avait laissé présager que l'orage qui se faisait attendre allait être à la hauteur de toutes les craintes.

Il flottait une odeur de fin d'Été agréable, nostalgique. Mais elle avait quelque chose d'un peu sadique aussi ! Le froid et l'obscurité allaient revenir et laisser l'amertume du regret des beaux jours et de bien d'autres choses envahir la ville. La saison chaude avait été calme. Peut-être trop!

Les fantômes reviendraient pour de bon, chassant tout espoir de renouveau.

Les monstres aussi revenaient de vacances. Mais ainsi va la vie à Rose Berry !

Nul doute que cette nuit était particulièrement bien choisie pour cela. La mise en scène était parfaite. L'épaisse purée de pois était apparue quand la température avait soudainement chuté. Le sol encore brûlant de la journée en contact avec la fraîcheur de la nuit avait commencé à produire d'énormes nappes de brouillard qui stagnaient entre les arbres de la forêt rendant l'endroit encore plus effrayant qu'en temps normal !

Le vent ne s'était pas encore levé pour chasser la brume, mais il y avait fort à parier que quand l'orage serait décidé, les rafales l'accompagneraient dignement. Pour l'instant, les nuages menaçants du ciel étaient encore assez loin. Et le roulement du tonnerre à plusieurs dizaines de kilomètres était annonciateur d'une débâcle terrible.

C'était un peu ce qui s'était passé dans sa chambre. Une débâcle terrible, quoique maîtrisée. Avec son pesant de gémissements, d'habits qui avaient volé dans tous les sens, de fluide corporel ici et là.

La pièce était grande. Elle contenait un secrétaire désordonné, un grand lit à baldaquin habillé d'un énorme miroir en son sommet, des bougies disposées ici et là, déjà bien consumées, et une salle de bain attenante, qu'il avait hâte de pouvoir utilisé. Il n'y avait pas moins de deux énormes armoires ouvragées consciencieusement et pompeusement et des coins des recoins partout. Cette chambre était monstrueusement grande et bordélique et sale et... ça y était, il n'était plus à ce qu'il faisait !

Monsieur Louis, propriétaire de l'impasse de la vieille bicoque, laissa son esprit vagabondé vers les aléas du temps laissant son ouvrage en suspens. Et comme il avait oublié de s'activer depuis plusieurs minutes maintenant, une plainte féminine s'éleva dans la pièce, comme un rappel à l'ordre.

Sa femme était dans l'ombre, à l'autre bout de la pièce, entre les deux armoires. Ses pieds nus battaient la mesure d'une musique qu'elle seule pouvait entendre, qu'elle seule pouvait apprécier. Celle de la perversité de son Maître qui s'échappait de l'homme par ondes de plus en plus puissantes emplissant la pièce d'une aura lourde pénétrante et sale. Elle était spectatrice, muse du tableau qui se dessinait devant elle, cela la transportait au bord d'une terrible jouissance.

Elle lui était complètement dévouée. Elle était la femme A003, un matricule pour identité.

Elle n'avait qu'un vague souvenir de son ancienne vie. Mais cela lui importait peu. Elle était forte, puissante. Rien ne manquait, elle était complète avec cet homme, surtout quand elle pouvait le regarder exprimer toute l'étendue de son art.

Il avait retiré ses vêtements négligemment, ils étaient éparpillés aux quatre coins de la vaste chambre.

Les pièces de son costume, hors de prix, baignaient dans une marre de sang.

La A003 avait enlevé sa robe également, espérant que sa nudité pourrait être un catalyseur pour son maître. Mais il avait fini par être beaucoup moins attentif à son « tableau ». Son tableau vivant. Enfin, surtout agonisant !

— « Je m'ennuie, marmonna t'il et une moue boudeuse se dessina sur son visage rougi par l'effort.

Sur la chaise en face de lui, son œuvre animée, un homme nu lui aussi, lâcha un léger soupir de soulagement. Il ne ressemblait plus qu'à une plaie sanguinolente. Sur son torse, on pouvait encore lire un début de matricule B34... Le reste avait été arraché de son corps, le bout de peau traînait négligemment un peu plus loin. « 4 »... Il était donc le B344... Enfin jusqu'à ce que l'on en finisse avec lui ! Dans une autre vie, il avait eu un prénom, un avenir et des fantasmes inavouables qu'il avait assouvis. Il n'aimait pas les hommes, il n'aimait pas les femmes. Il les aimait jeunes, garçons ou filles. Mais les gamins ne savent pas garder leur langue. Bien sûr, il s'était fait prendre et il avait fini par être conduit dans cette maison de fous, sans autre forme de procès. Et pire que tout, ses actes l'avaient relégué à cette fonction de distraction pour le vieux despote qui vivait entre ces murs.

A003 s'arrêta de bouger et resta interdite sentant la déception poindre !

— « Que dois-je faire de plus, mon monsieur Louis ? lança t'elle ne pouvant s'empêcher d'exprimer son amertume face au manque d'intérêt qu'exprimait son amant.

Le tyran laissa son ouvrage en suspens, et ramassa sa veste. Il passa une main sanglante dans ses cheveux. Le liquide épais vint gominer ses cheveux en arrière lugubrement, mais il n'y prêta aucune importance.

Il sortit son étui et son porte-cigarette, il s'en alluma une, puis il envoya valser le tissu négligemment. Il atterrit au pied parfaitement manucuré de la femme dans la pénombre. Elle le ramassa précautionneusement comme s'il s'agissait d'une relique inestimable.

Le maître se dirigea d'un pas nonchalant vers le lit, ne faisant fi de sa nudité et encore moins des traînés de sang qui zébrait sa chair. Il y avait une odeur métallique qui hantait la pièce, écœurante mais au combien enivrante pour lui.

Une autre soirée s'était finalement présentée. Et le maître des lieux avait cru mourir d'ennui !

Ça l'agaçait ! Il tournait en rond. Il avait envie de grand spectacle, de choses qui sortaient de l'ordinaire. Cela faisait longtemps trop longtemps. Mais rien cette nuit-là ne semblait être à la hauteur de ses espérances. Et pourtant, ses garçons se donnaient de la peine. Mais Monsieur Louis n'y était pas réceptif.

Ses garçons... Ses mauvais garçons, une vraie horde de barbares, de goujats sans cœur.

Oui sans cœur!

Au sens figuré, comme propre. Le moyen idéal de se faire des domestiques entièrement dévoués. Leur prendre leur cœur en otage, beaucoup plus efficaces que d'enfermer et de torturer une tierce personne auxquels ils auraient pu tenir. Si tenté était-il de penser qu'il tenait à quelqu'un !

Puis une petite dose de psychologie: les dénuer de toute humanité. Leur créer un matricule grâce à leur activité au sein de la colonie dans la maison. Par exemple, ses femmes, au nombre de trois, étaient les A, ses précieuses...

Puis ils y avaient quelques hommes qui avaient un emploi purement charnel. Les B. Pas très recherchée, mais leur identité importait peu. Elles lui permettaient juste de les différencier quand cela devenait essentiel !

Les autres étaient une suite de lettres et de chiffres correspondant à leur ordre d'arrivée entre les murs et leur fonction : ménage, ouvrier, plombier...

Cette organisation permettait à monsieur Louis, d'établir un ordre, un contrôle sur tout son environnement et jamais sa toute-puissance n'était remise en question ! On se soumettait sous peine de voir son cœur dépérir !

Ainsi la moindre des petites volontés du Maître était mise à exécution.

On avait organisé une chasse à l'homme pour lui.

On lui avait amené de nouveaux cobayes d'expérimentation.

Il avait fait un tour de manège.

On avait joué une mélodie endiablée.

Il s'était fait faire une nouvelle coupe.

On lui avait préparé un repas digne de ce nom !

Et bien d'autre chose qui ne se dise pas !

Mais il ne voulait pas achever le gibier.

Il n'avait pas envie de créer de nouvelles choses

Le carrousel accentua sa nausée.

Il n'avait pas faim.

Et un mal de tête carabiné vrillait son corps.

Et... oui, bon les plaisirs charnels remontaient un peu les choses.

Mais non, il voyait le début d'un long tunnel sombre de déprime se profiler devant lui. À force de trop vouloir se prendre pour Dieu ou pour un dieu et de mettre tout en œuvre pour exécuter ou plus précisément pour que l'on exécuta le moindre de ses desseins, il devenait de plus en plus difficile à satisfaire.

Pourquoi désirer quand le moindre de ses souhaits était exaucé?

Le despote avait besoin d'événements qui sortaient de l'ordinaire quelque chose qui échappait à tout contrôle. Mais qu'il aurait pu manipuler quand même un minimum.

Sa bande de mauvais garçons ne pouvait pas penser un seul instant que les choses lui échappaient. Non ! Si un seul d'entre eux venait à avoir un doute sur son autorité, cela gangrènerait l'ordre et la terreur qu'il avait instaurée.

Oui ! Le tyran avait besoin de quelque chose de nouveau. Vraiment ! Mais, pour être tout à fait honnêtes, le train-train quotidien et le fait de voir les mêmes têtes tous les jours commençaient à le rendre légèrement dément. Enfin encore plus qu'il ne l'était déjà.

Que dire de ses femmes... Elles ne le distrayaient plus. Il les connaissait par cœur, quand les caresser, où les mordre où les griffer ou bien quand passer ses longs doigts rachitiques autour de leur cou pour les faire suffoquer. Leur laisser une marque de son énième passage les rendait extrêmement docile presque ronronnante.

Et au contraire, les ignorer, ne pas les détailler sous le moindre détail les rendait folles de rage. C'était la même chose pour deux d'entre elles, la troisième quant à elle... C'était différent, pour bien des raisons qui le rendaient fou malgré tout ! Cette dernière n'avait jamais cédé comme les autres, alors qu'elle aurait dû l'admirer, le vénérer ! Mais elle n'avait jamais plié, et il ne pouvait se résoudre à devenir plus abominable encore. Son affection pour elle le rendait faible et l'élevait, elle plus que n'importe qui. Il n'avait pas pu la dépersonnaliser, comme il avait fait avec tous ses sujets leur donnant un matricule. Il lui avait laissé son prénom, son identité. Oui, Justine était spéciale, privilégiée. Elle faisait partie d'un pacte qu'il avait passé, qui la comprenait elle et un autre garçon. Lui, Joshua, était un peu plus docile, il demandait juste un peu d'attention et Monsieur Louis avait réussi à lui donner la fonction qui allait parfaitement dans ce sens. Mais Justine, elle continuait de se moquer de lui de façon de plus en plus virulente. Et le fait qu'il ne puisse en faire ce qu'il voulait, le rendait dingue. Il était pieds et mains liés par le marché qu'il avait passé et ça venait altérer son pouvoir. Il se devait de les maintenir en vie tous les deux, de ne pas trop les abîmer en échange de livraison de main d'œuvre mensuelle de premier choix.

Cette pensée le rendit un peu plus sombre encore. Il n'avait pas trois femmes, il n'en avait que deux et demie !


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La suite du chapitre jeudi...

A bientôt.

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