Lettres d'un autre monde

menestrel75

Correspondance romantique, sensuelle, érotique, entre deux amants inconnus
Très chère Dame de mes pensées,
Sachez que nous ne nous connaissons pas encore et que, malgré ce mystère qui nous sépare,
je sais tout de vous et je convoite chaque instant de votre journée en secret depuis la nuit des temps. Je vous observe maintenant depuis un moment qui me semble interminable et je dois vous dire qu'il ne tardait à mes lèvres de vous dire tout ce que je peux ressentir à votre égard.

Ariane sentait son cœur battre de plus en plus, l'inconnu, le mystère et cet être.
Qui pouvait-il être ? Elle scruta encore du regard l'environnement dans lequel elle se trouvait espérant trouver une silhouette qui l'observait. Rien. Elle retourna à sa lecture :

Il m'arrive souvent de laisser votre corps caresser mon regard tendre,
de laisser votre beauté scintillante s'enivrer de mes rêves.
Vous m'inspirez des fantasmes d'amour que même les plus grands poètes n'ont su décrire de leurs plus belles métaphores.
Des images féériques qui me bercent pendant mon sommeil et qui font de vous, une princesse, une reine, un empire tout entier de passion et de convoitise.
J'ai désir et folie de caresser ce qui m'est interdit, d'embrasser ce qui m'est inconnu,
de goûter ce qui m'est si mystérieux.
Ne me laissez qu'une opportunité : de savourer le satin de votre peau, la grâce de vos seins,
la perfection de vos lèvres n'enflammerait d'avantage que mon désir.

Ariane tremblait de plus en plus, elle se sentait à la fois si excitée et si mal à l'aise.
Ce mystérieux admirateur qui la désirait tant et avait écrit de tels mots pour elle.
Ce qu'elle tenait dans ses mains lui semblait illégal, interdit et pourtant si séduisant.
Elle n'avait jamais connu une telle chaleur, une si agréable sensation de désir et de passion.

"Répondez-moi, ange de mon cœur. Je désire pour le moment conserver l'anonymat car j'ai peur de votre réaction.
Daignerez-vous me répondre ?
Si vous agréez ma demande, déposez une lettre de la part de « Gente Dame » à la bibliothèque de l'école avant demain 5 heures.
Je me chargerai du reste.
Il me tarde déjà de vous lire."

Ariane relit la lettre plusieurs fois. Ces mots écrits avec tant de finesse caressaient son épiderme dans les moindres recoins. Des frissons parcouraient tout son corps.
Elle ne savait que penser, lui répondre, que faire... Elle rangea la lettre précieusement dans son sac et se dirigea vers sa classe. Elle se sourit furtivement en se rappelant la parure gris perle qu'elle avait choisie, ce matin, la même qu'elle lui avait promis de porter dans une de ses lettres.


Ariane n'avait pas cessé de penser à cette lettre de toute la journée.
Le soir même, elle l'avait relu encore et encore. Une lettre tellement banale et pourtant si mystérieuse. Elle caressait le papier et cherchait hypocritement à comprendre qui pouvait bien en être l'auteur, car elle savait, elle sentait depuis des jours et des nuits qui il était.
La question qui l'obsédait le plus... si elle allait lui répondre.

Assise à sa table de travail dans sa chambre, Ariane finissait ses corrections, s'en voulant de n'être pas très attentive à son travail de professeur.
Une faible lumière éclairait son bureau en désordre. Elle prit une petite pause et observa la lettre, qu'elle avait mise au coin de son bureau, pendant de longues minutes en jouant avec son crayon. Elle finit par ouvrir le tiroir de celui-ci, déplaça quelques paperasseries et en sortit une feuille de papier à lettre. Elle se dit en elle-même:

« -Il faut au moins que ce soit à la hauteur de ce qu'il m'a envoyé. »

Elle sortit une belle plume chinoise qu'elle gardait pour quelque occasion particulière d'écriture et se mit au travail. Elle réfléchit un instant, regarda feuille qu'elle avait devant elle avant d'entamer les premiers mots de celle-ci.

« Très cher inconnu...

Votre lettre a laissé en moi, un parfum de bonheur aussi exquis qu'un coucher de soleil et vos mots ont sonné à mon oreille comme le plus doux des velours. J'ai grandement peur cependant de devoir vous dire que mon cœur est déjà promis à un être que j'aime déjà et qu'il serait très dangereux de poursuivre cette correspondance.

Sachez cependant que jamais nulle lecture ne me fut si agréable.
Vous êtes un être plein de mystère et bien qu'il soit terriblement tentant de répondre à vos attentes, cela me semble impossible et je le déplore et je vous avoue même en pleurer. »

Ariane relisait sa lettre et se sentait désespérée de devoir lui faire comprendre que son rêve ne se réaliserait jamais. D'un autre côté, elle était si séduite, si profondément ; par cette attention qu'il lui était également difficile de s'y refuser. Pire que difficile : impossible.

Suite à venir, sans doute!

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