Lettres d'un autre monde 2

menestrel75

Le lendemain, Ariane, la lettre à la main, se dirigea vers le secrétariat.
Sur le dessus de la lettre, écrit en encre d'or était inscrit. « Gente Dame ».
- Je vous demande pardon Madame !
La secrétaire finit de pianoter sur son clavier et se tourna vers Ariane en replaçant ses grosses lunettes.

- Vous désirez Madame ?
- Oui, je voudrais remettre cette lettre.
Quelqu'un est supposé la prendre un peu plus tard. Il vous la demandera à ce nom.

Ariane désigna du doigt la fine écriture dorée. La secrétaire prit l'enveloppe, la remercia et se replongea dans son travail. Ariane retourna sur son chemin, mais par réflexe, elle jeta un coup d'œil à l'environnement en espérant voir si quelqu'un l'observait ou si encore, quelqu'un se dirigeait vers le secrétariat. Malheureusement, ce ne fut pas le cas.

Ariane n'eut pas à attendre très longtemps.
A la première pause, elle découvrit une seconde enveloppe dans sa case.
Ariane regarda autour d'elle et cacha l'enveloppe au fond de la poche de son manteau et se dépêcha à partir. Elle s'en voulait de ressentir une telle émotion qui chavirait son esprit et tourneboulait ses sens au point de ne pouvoir maîtriser l'humidité de son sexe.

Elle respirait nerveusement. Comment avait-il fait aussi vite ?
Qu'est -ce qu'il avait écrit.
Pourquoi il s'obstine ? Mais si heureuse qu'il la poursuive…
Elle tentait de se changer les idées en pensant à toutes les copies qu'elle devait corriger mais elle n'y pouvait rien. Cette lettre l'obsédait.

Arrivée chez elle, elle monta directement à sa chambre, ferma la porte, se jeta sur son lit en sortant la lettre de sa poche.

Devait-elle l'ouvrir ou non?

Après plusieurs minutes à se répéter cette question dans sa tête tout en soulignant de ses doigts la fine écriture dorée de la lettre, elle sentait le sang frapper à ses tempes, sa respiration gonflée sa poitrine…
Ariane s'efforçait de deviner, non, elle s'imaginait ce qu'elle aurait voulu qu'il lui écrive…
 
« Je voudrais savoir que mes mots vous « romantisent »
Je voudrais sentir mes envies vous affoler
Je voudrais, belle Ariane, allumer le brasier de vos émois
Je voudrais sentir votre souffle me frôler
Je voudrais sentir mes caresses vous égarer
Je voudrais sentir que vous avez envie
Quand mes paroles caressent votre âme… »
 
N'était-elle pas sur une pente dangereuse ?
Elle se sentait dériver.
Devait-elle l'ouvrir ou non, se répète-t-elle.
Elle en éprouve une folle envie, délicieuse, trompeuse, divinement malicieuse.
Elle ressent un trouble étrange dans cette attente qui l'entraîne vers un imaginaire insoupçonné.
Elle regarde l'enveloppe. Elle veut s'en éloigner.
Pas trop loin. Elle se surprend à aimer cette attente qu'elle s'impose, comme si c'était lui qui l'obligeait à languir. Combien de fois lui avait-il dit et répété qu'il en rêvait.
Elle se redressa, abandonnant la lettre sur le lit froissé.
Ariane enleva son jean, elle était souvent en jean à l'école.
Elle jeta son pull sur le lit, s'envoya un regard dans le miroir qui lui renvoyait l'image de son corps à demi-nu.
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