L'hybride

onizuka

Tout se crée dans un monde hybride

Cela produit meme de droles d'espèces

Prenez ce poète aux premières rides

Qui sent bien que le temps presse

 

Né d'une bouche le long des phallopes

S'encastrant sur une trompe barrissante

Ravie que l'humus humide l'enveloppe

Trempé, le bitume de la vie est glissant

 

Te déséquilibre quand tu veux te lever

Alors tes mains te servent de pattes

La plus belle manière de rêver

Est alors de dépasser les primates

 

Certains grandissent sans encombres

Avec différentes sortes de carapaces

Parfois le regard bien plus sombre

Enfantines ombres de Caracas

 

D'autres subissent des métamorphoses

A force de se noyer et de vouloir voler

Pris de mirages, à voir des mers fausses

Des greffons d'organes viennent se déployer

 

Quand certains aux ailes géantes d'Albatros

Sur le pont sont  raillés et emprisonnés

D'autres se débattent, seuls, atroces

Leurs changements les font frissonner

 

Suivant au vent différentes tempêtes

Ce poète ne cesse de se faire Virevolter

De déserts à diverses trempettes

Voici venue l'heure de se révolter

 

Mais des marais, des bancs de sable

Des courants, marées et des tourbillons

Troublants, démembré, détestables

Les mues incessantes infectent le trublion

 

Et le voila tout hybride avec au pied gauche une palme

Une jambe droite d'éléphant sur une patte de flamand

Une ébauche d'aile gauche toute cassée et calme

Articulée sur un tronc longiligne hérité des serpents

 

La carapace brisée sur le sol

Repose en fragments disparates

Il se penche sur l'un d'eux qu'il isole

Flagellant avant qu'il ne disparaisse

 

Sans savoir comment se déplacer

Brinquebalant sa drole de carcasse

Il se rémémorre ce passé

Ou il savait rester à sa place

 

Sa main droite grave quelques lignes éparses

De l'écriture tremblante des damnés

"Il parait qu' il est encore des espèces

  Qui s'interdisent de muer"

 

Onizuka

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