L'Idéaliste

James Px.

Son dernier message
Ne me contactera plus

L'heuristique ne s'accélère pas
C'est seulement ta mémoire
Qui s'égrène dans les ventricules du fauve
Ce qui restait gravé dans ton disque dur
Est maintenant effacé en quelques jours
Ce que tu oubliais après de longues nuits solitaires
Des années de bonheur et de souffrance
Est maintenant balayé en quelques heures
Dans le bocal sans fond d'un vortex
Où ton amnésie danse  
Avec les filaments des méduses
Et pourtant tu vis sans cesse
Sous l'emprise tyrannique de ton passé
Au large de la passion où cohabite
Tes sens les plus extrêmes

Shut up please
Parle-moi de poésie
Hier j'ai oublié que j'étais si vieux
En essayant de compter mes cheveux
Entre les noirs et les blancs
Me voilà face à un bel échec
Et mes pieds se sont mis à courir
Comme s'ils voulaient de me dire
Eh James bouge ton cul
Tu pourrais mieux écrire
What are you waiting for
Que la lune se fasse plus ronde
Ok j'y vais
Comme l'heure de pointe
À travers le métro bondé
Pour arriver en premier
On se dira au revoir
Comme ces vieillards sur ce banc confiné
Cela sans rien dire
Ils commencent à parler du temps
En regardant obstinément le sol
Pour que personne ne remarque
Leur visage masqué
Par une veine d'angoisse bleue
N'abandonne pas la moisson
Jette-moi ton masque à la figure
Je crèverai plus vite

Je me suis réveillé lentement
Avec le corps attaché à ta silhouette
Et à la fenêtre entrouverte
De mes yeux une chatte noire est sortie
Condensé à la voix
Dans la balance de mon smartphone
Je ne pèse plus personne
Ni même ton cœur à l'aurore
Ton visage au crépuscule
Tout est redescendu au sous-sol
Tes SMS sans noms ni destinations
Tes traces d'ongles à mes chairs
Mon sang d'encre les a effacées
Tes cheveux sous mes caresses
Se sont envolés rejoindre l'impersonnel
Tes messages se sont perdus
Dans ton sourire meurtri
Qui a été toutes ses nuits passées
Loin de moi

Et où a fini le chagrin inutile
Qui a gardé tant de solitude
Au département des furies en sommeil
Au vers qui vous évoque
Vous chine
Au bac de recyclage
Dans la jungle d'un virus
Qui rend dingue
Même le singe le plus agile
Et la mémoire m'a rappelé ces nuances
Aime-t-on aimer ce que l'on désire
Désire-t-on aimer ce que l'on aime
Aime-t-on aimer ce que l'on aime
Désire-t-on aimer ce que l'on désire
Aime-t-on désirer ce que l'on désire
Désire-t-on désirer ce que l'on aime
Aime-t-on désirer ce que l'on aime
Désire-t-on désirer ce que l'on désire

Quelle chose divine si vraie
Je me suis réveillé en t'aimant
Encore

Report this text