Longtemps sans le dire.

slive

Je me rappelle que le plus difficile était le prélude. L’angoisse d’aveux, nous ne savions pas exactement de quoi nous parlions, nous éprouvions surtout le besoin de le dire.

            Je me rappelle que le plus difficile était le prélude. L'angoisse d'aveux, nous ne savions pas exactement de quoi nous parlions, nous éprouvions surtout le besoin de le dire. « Je souhaite être avec toi, aussi longtemps que tu me le permettras et, surement, plus encore ». Nous n'avions que treize ans et, pourtant, quatorze-ans plus tard ce sont toujours les mots les plus important qu'il m'ait été donné de partagé avec quelqu'un d'autre.  Je rêvais de pas grand-chose, je rêvais d'évidence, de manque d'interdit. De liberté. De naturel et non d'introspection, d'argent, de futur. Mon futur été le même qui m'était écrit depuis le départ, il fallait juste la rajouter dans l'équation. Il n'y avait que nous et ce que la télé nous avait appris. Pour ce qui été du reste, nous l'apprendrions ensemble, si étant il y a réellement des choses à apprendre.

Mais ce n'a pas été le cas, au dernier flocon de neige de deux miles douze nous nous sommes séparé, l'ophtalmo ce jour-là trouva mes yeux bien rougie, mon médecin me trouva blafard et ma mère me perdit. Il n'y aura pas de rémission après ce jour-là, qu'une attente. Une attente de mieux, de douceur, de délicatesse. Un parfum ou même une trace quelque part. Mais il n'y avait plus rien de tout ça, il ne restait que moi – et un sentiment d'incertitude. Je passais plus de temps à agir sans penser, que je ne m'étais pas rendu compte que tous mes faits et gestes m'avait appartenu car elle avait été là. Si elle ne l'était plus, il ne me restait plus rien à faire. Présentement, il me parait toujours aussi simple, évident, d'avoir dessiner mon suicide de bien des manières, sans jamais avoir pu passer le pas. Non pas par l'acheter mais surtout par peur de perdre le sens de tout ça – qui aurai-je été de lui incombé une responsabilité qui m'était propre.

Personne ne me parle de son premier amour, si ce n'est ceux et celle qui viennent de le quitter. Ce n'est pas admis, me dit-on. « Oh tu sais, c'était y a longtemps » « Elle s'appelait […] je crois ! ». J'ai connu quelques femmes depuis et pourtant si on me parle d'amour il me semble improbable de ne pas parler d'elle. Je n'écris plus, mais même lorsqu'il m'arrive, comme à présent, de vouloir me libérer de ma plume, je ne me vois que parler d'elle. C'est surtout un souvenir sans interdit, de pensées sur-pensées. Je me rappel d'un moment de ma vie ou il n'existait que nous et ce que la littérature et nos comédie romantique nous apprenait de la vie.

Aujourd'hui la trentaine toc à ma porte, elle semble vouloir passer de long moment avec moi. Me demande si tout ça me convient, si ça y est, j'ai enfin toucher le bonheur ? Je lui réponds

« Non monsieur ! On ne peut pas mourir deux fois. Encore moins deux fois du bonheur. »

Il me répond qu'il ne faut pas se fier aux apparence, que l'expérience lui n'est pas de cet avis, que blablabla. Il ne m'entendra toujours pas. Je suis mort à vingt ans. Je ne pourrais jamais l'entendre.

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