Nénuphar et les Simplunes - III

A Mind On The Brink Of Collapse

Haleine-de-Brie emmène Nénuphar, à la rencontre de l'Emeute.

Pour consoler, Haleine-de-Brie porta Nénuphar sur son dos, au long de l'escalier en tube évidé, gravé dans la roche oblique, traçant d'un trait un chemin vers le ciel, jusqu'au sommet du lac Galant. Dans un demi-sommeil sous canotier, Nénuphar s'étonna d'autres grimpeurs éreintés par la marche, face à l'Haleine-de-Brie montrant l'allure sans sourciller, dépassant jusqu'aux porteurs de bambous, pourtant habitués des montagnes et de leurs temples caverneux. Nous allons voir l'Elraut ! se réjouit-il, de son langage naturellement cadet. L'Elraut était un des navires de la Flotte Céleste, aux voiles émeraudes, qu'on appelait aussi l'Emeute en langue vernaculaire. Il s'amarrait à même l'aurore polaire; parfois l'hiver durant, pour les plus longs ravitaillements. Cette année, le retour de Moonrart s'était accompagné par une recrudescence d'orages, allongeant la saison; poussant plus loin des latitudes habituelles; intéressant une foule d'amoureux.

Assise sur la nappe et ses galettes, Nénuphar se posa à côté d'Haleine-de-Brie s'assoupissant; voyant d'abord seulement la chaîne de l'ancre jetée vers l'horizon du Til-Tikal, puis doucement la silhouette du Vaisseau refléter à même le lac Galant. Il pesait lourd dans l'Empyrée, embué par le nuage, aussi par la rambleur glacée de la Cité, à l'est en contrebas de la colline.

Lors de picnics prétextants à des ébats futurs, certains tiraient des feux, en l'honneur de vieux parabellum de Dargouley. Le feu grégeois carnavalesque reflétait ses eaux de bengale sur la surface, face auquel les couples s'y tenaient l'un contre l'autre, se déclaraient la flamme, ou ravivaient la mèche, en admirant l'etheréen navire amenant une marchandise cachée, si ce n'est la croyance en des échanges entre des forces de l'univers apaisées.

Nénuphar cligna des yeux puis réagit au déjà-vu. Cette scène n'était pas la première. Ouvrant le cahier de sa mère, elle trouva vite le dessin en noir et blanc du nuage de l'aurore, l'ancre du Ciel comme descendue de la rambleur, ainsi qu'un visage sombre du côté des Rocheuses. Maman a dessiné ceci déjà. Haleine-de-Brie est au courant pour les dessins.

A cette idée, un ramdam la fit sursauter - elle seule car ni porteur ni les badauds n'y portèrent une oreille. Elle plissa plus fort. Au milieu du lac Galant poussa arbre, de ce Saule entrant les chambres, écrasant les pièces dès les garants sortis. Le nom de l'arbre était écrit dans le cahier : Guaron.

Grand et désarticulé, comme germant de sa peur et pour la surveiller, le Guaron torsada avant de pétrifier en une spirale à escalier. Était-ce le rêve ou l'hallucination ? Une chose était sûre. Le Guaron la suivait hors du Catermichel.

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