Nova Terra

tabellion

Premier jet d'un Roman SF. L'histoire d'une colonie humaine sur une lointaine planète où elle essaiera d'apprendre de ses erreurs passées.

PROLOGUE



Stan tâtait la roche à la recherche d'un appel d'air, mais le seul souffle qu'il entendait était le sien, lent, profond, celui d'un homme qui faisait preuve d'une grande concentration. Seul à plus de cinquante mètres sous terre, éclairé par une frontale vieillissante, il cherchait en vain un accès vers les profondeurs. Car c'est encore plus bas qu'il trouverait les premières veines de desmon, ce minerai à la fois glorifié et haï par ses pairs.

Le desmon. Sa découverte avait amené l'Humanité à des sommets d'évolution scientifique jamais atteints, et maintenant à sa destruction. Lui se moquait de savoir si l'exploitation d'une telle ressource était bonne ou mauvaise. Sans desmon à exploiter, les humains prisonniers de cette colonie par leur propre faute ne pourraient la quitter et pour Stan, c'était un motif tout à fait suffisant pour se mettre à sa recherche par tous les moyens.

Or, les moyens, Stan et Nova Terra II-c'est ainsi qu'on appelait toujours la colonie, même en ruine- en manquaient cruellement. L'effroyable accident qui avait dévasté Nova Terra II un an plus tôt avait aussi causé de nombreux désastres écologiques. Le tout avait ramené les survivants de cette catastrophe des siècles en arrière technologiquement parlant et même ceux qui arrivaient à produire de l'énergie ne pouvaient en bénéficier que de façon erratique.

Stan en était convaincu, le desmon était certes l'origine de leur désespoir, mais aussi leur seule chance de retrouver leur vie d'antan.

Mais ce n'était pas cette galerie qui l'y mènerait. Il avait beau regarder la paroi qui s'offrait à lui sous tous les angles, c'était un cul-de-sac. Dans un soupir, il ramassa son sac à dos, sa pioche, et rebroussa chemin vers la chambre principale où il avait installé son campement de fortune.

Il y avait dans cette salle plusieurs petits bassins d'eau et il avait de quoi la purifier pour la rendre potable. De plus, les rations en sa possession lui permettraient de tenir deux bonnes semaines encore. Assis sur un rocher qui lui servait de poste d'observation au centre des lieux, Stan prenait son temps pour réfléchir à la marche à suivre.

Ce n'était pas le manque d'eau ou de nourriture qui l'inquiétait, mais le manque d'outil à sa disposition pour creuser. Il n'avait qu'une simple pioche rafistolée plusieurs fois, pas un seul explosif, rien qui ne puisse l'aider à dégager une voie efficacement. Ça et la lumière. Il essayait dès qu'il le pouvait d'économiser les batteries de sa frontale et sa lampe torche, mais il savait pertinemment qu'elles ne tiendraient plus longtemps. Seul, dans le noir complet, sans un seul repère avec toutes ces galeries qui avaient changé d'aspect depuis les derniers éboulements, il se perdrait, c'était certain. Puis il mourrait.

Sa dernière chance résidait dans la découverte d'un nouveau passage qui irait droit vers les profondeurs. Il en noterait alors la présence sur sa carte, et rebrousserait chemin pour former une équipe digne de ce nom.

Un bruit attira son attention vers les hauteurs de la salle. Comme l'écho d'un roulement lointain suivi d'un souffle. Était-ce une galerie qui venait à nouveau de s'effondrer quelque part ? Il s'arma de sa pioche, sa lampe torche, et se dirigea vers l'origine de ce nouvel espoir. Dans un coin de la chambre, derrière une stalagmite géante, il tomba sur une ouverture qu'il n'avait pas remarqué jusque là. Il était pourtant sûr d'avoir fouillé l'endroit dans ses moindres recoins !

Dans l'entrée du goulot, de la poussière retombait lentement, signe qu'il y avait bien eu du mouvement dans cette direction. Deux hommes pouvaient y passer de front, et elle se prolongeait en un boyau qui semblait descendre lentement, jusqu'à un tournant. Il s'y engagea avec enthousiasme et sentit sous ses pieds une inclinaison en pente douce. C'était bon signe  mais après le virage le passage se faisait rapidement étroit, jusqu'à devoir se plier en deux, puis ramper.

Ce ne fut qu'au moment où ses bras nus touchèrent le sol qu'il comprit qu'il ne se déplaçait pas sur de la roche. Une substance gluante collait à sa peau, et commençait déjà à l'irriter ! Un coup d'œil effaré dans son dos, et il se rendit compte que le couloir se refermait sur lui-même. Il n'était pas entré dans une nouvelle galerie, mais dans la gueule d'une créature souterraine ! Quand il se retrouva plaqué au sol, alors qu'une peur panique s'emparait de lui au fur et à mesure que les parois comprimaient son corps, une pensée fila à travers son esprit. Le souvenir d'une discussion avec son père, qui disait que cette nouvelle Terre les tuerait tous.

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